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La maison des fresques et les constructions adjacentes

La maison médiévale du n'27 de la rue de la Tour s'élève à l'angle sud-ouest de l'embranchement de cette rue avec la rue du Château. La présente propriété se compose de quatre structures séparées, deux au nord et deux à l'ouest d'une cour oblongue mesurant, environ, 25 sur 12 mètres. Un mur avec une porte voûtée sépare la cour de la rue de la Tour et la limite sud est formée par le mur de derrière de la maisoil voisine au 25 rue de la Tour qui est nu à l'exception d'une ouverture autour d'une tête de puits.

Les Constructions sont (fig. 4) :

1. La maison avec les fresques qui sert encore de maison d'habitation. Elle fut bâtie orientée au sud et possède une cheminée extérieure à l'arrière (pl. Lb).

2. Contigu à elle à l'ouest, un bâtiment à deux étages, utilisé maintenant comme grange, qui englobe le mur nord d'une ancienne maison d'habitation et qui a aussi une cheminée extérieure (pl. LIa).

3. A l'ouest, en angle droit avec la grange, une pièce à un seul étage servant de cellier quand elle fut inspectée en 1979.

4. Au sud de cette pièce et complétant l'extrémité ouest de la cour, un bâtiment avec un rez-de-chaussée en voûte et les murs sans toits de deux étages supérieurs. A l'origine c'était la partie arrière d'une troisième maison construite bout à bout avec la rue Ducrès, à savoir le n°62, dont on a parlé dans la partie précédente.


BÂTIMENT 1 LA MAISON DES FRESQUES
La maison qui, autrefois, contenait les fresques, mesure, extérieurement, 6,4m. de large ; sa longueur est de 15,4m. au sud et de 16,1m. au nord, la différence résultant de ce que le mur Est a été construit à un angle de 81 degrés avec le mur nord.

L'extérieur : Le mur Est est resté relativement inchangé depuis sa construction (pl. LIb). Il est un appareillage de pierre de taille posé en couches d'environ, en moyenne, 0,3m. (un pied) de hauteur. En bas à 1,06m. de l'angle nord, la partie supérieure d'une porte obturée est visible.

 

Elle a une ogive, plus épaisse au sommet qu'à sa naissance. Son intrados est de 1,16m. au-dessus de l'actuel niveau du trottoir et le niveau du sol contemporain a dû se trouver à un mètre ou davantage plus bas qu'à présent. A un niveau supérieur, il y a une fenêtre bouchée avec deux éclairages rectangulaires. Chaque tête de fenêtre a une ogive à trois lobes taillés en relief dans la pierre qui est plus rose et écailleuse que le reste du mur dans la maison. Les murs de chaque côté de ces fenêtres étaient décorés de fresques, décrites plus loin en détail. A l'extérieur, à environ un demi-mètre de chaque côté des têtes de fenêtres, il y a une entaille verticale de plus d'un mètre de haut et d'environ 150mm. de large, semblable aux entailles en haut de la façade sud décrite ci-dessous. L'appareillage juste en dessous de la toiture a été refait : aussi la forme du toit originel est inconnue. Le mur Est de la cour, d'environ 4 mètres de hauteur, est d'une seule et même construction que le mur de la maison, mais l'assise de sa maçonnerie ne correspond pas avec celle de la porte d'entrée. L'ouvrage en pierre du mur et de l'entrée est taillé et altéré par les intempéries de manière semblable et on ne peut savoir de façon certaine lequel des deux est antérieur à l'autre.

La façade sud principale de la maison est aussi en pierre de taille. Ses portes et ses ouvertures de fenêtre sont le résultat de plusieurs périodes de changement et résultent de la conversion de l'intérieur des deux étages aux trois actuels. Un nouvel étage supérieur fut inséré, coupant les fresques en travers, et le niveau du rez de chaussée fut relevé. Il y a quatre types d'ouverture de fenêtre (pl. LIIa). Les plus anciennes sont les trois fenêtres obturées au niveau de l'actuel deuxième étage. Les blocs rectangulaires formant les têtes des fenêtres sont taillés dans le même type de pierre que les têtes des fenêtres du mur Est, mais sans les arcs décoratifs. Les fenêtres ont les côtés taillés en biseau et, à l'origine, avaient des larmiers au-dessus. Ceux-ci demeurent maintenant, la seule partie subsistante de la fenêtre ouest, bien que leurs contours soient encore visibles, là où ils ont été enlevés des têtes des deux autres fenêtres. La fenêtre Est a été, en partie, supprimée par l'insertion d'une ouverture plus tardive, mais il se peut qu'à l'origine elle ait eu deux jours, comme la fenêtre centrale

La fenêtre ouest n'avait qu'un seul jour. Quand les fresques furent mises à découvert les intérieurs des trois fenêtre furent mises à jour ; ils étaient, aussi, plâtrés et peints et leur rapport à la décoration du reste de la pièce confirme la preuve structurelle que ce sont les fenêtres primitives du quatorzième siècle du bâtiment. Une fenêtre rectangulaire beaucoup plus haute avec un larmier en pierre plus blanc que celui des fenêtres du premier type fut intercalée entre les fenêtres primitives ouest et centrale. Le larmier est plus élaboré que ceux du premier type. Il ressemble à ceux de la maison du 62 rue Ducrès qui sont taillés dans une même sorte de pierre et des livrées à Villeneuve-lès-Avignon, aussi, est il probable qu'il soit de la fin du quatorzième ou du quinzième siècle.

Cette fenêtre fut, plus tard, en partie obturée laissant une plus petite /fenêtre avec une ogive. Une autre fenêtre de ce troisième type coupait à travers les plus à l'Est des fenêtres d'origine. Toutes les portes et fenêtres du rez de chaussée ont aussi des têtes en ogive mais avec des variations qui montrent qu'elles n'ont pas été insérées à la même époque. Il n'existe aucun signe, telle qu'une ogive, pour indiquer une porte antérieure au rez-de-chaussée ; les introductions plus tardives ont pu en avoir effacé une quelconque trace visible, bien que, comme le niveau du rez-de-chaussée a été relevé, le bas d'une porte première qui s'y trouverait pourrait subsister sous le sol.

Le quatrième type de fenêtre est celui de l'actuel dernier étage où les fenêtres avec des cadres carrés à feuillure furent insérées à l'époque où l'on reconstruisait en partie le sommet du mur, indiquant que l'on refaisait le toit de la maison. Malheureusement leur forme très simple n'indique pas la date de ce travail.

Au-dessus des fenêtres primitives se trouvent cinq encoches verticales, semblables à la paire de l'extrémité du mur Est mentionnée ci-dessus. Elles sont taillées dans le mur d'environ 60mm. mais s'inclinent vers l'intérieur plus profondes en bas. Elles ont des cavités carrées plus profondes taillées en haut et en bas dans certaines desquelles on peut voir les bouts des poutres. En haut du mur, aux endroits où il demeure ininterrompu par l'insertion de fenêtres aux cadres carrés, il y a une rangée de coupures rectangulaires, d'environ 150mm de largeur et distantes de 200mm, ressemblant à des crénelures peu hautes (pl. LIIa). On peut expliquer ces particularités par le fait qu'elles étaient destinées à porter le cadre supportant les avant-toits en forte saillie, soit du toit de tout le bâtiment, soit d'un auvent destiné à donner de l'ombre au-dessus des fenêtres (fig.7).

Côté ouest du mur il y a un corbeau à mâchicoulis avec deux fasces et des moulures en quart de rond, immédiatement à gauche de l'entaille verticale la plus à l'ouest. La façon dont cette extrémité a été construite est difficile à interpréter. L'appareillage en pierre de taille s'arrête à 1,7m. de la partie ouest actuelle de la maison dans les deux étages supérieurs et le reste du mur Est en moellons réduit légèrement à l'arrière de la façade au-dessus d'une ouverture de porte, qui est maintenant convertie en fenêtre (pl. LIIIa). En dessous de celle-ci, l'appareillage en pierre de taille de l'étage du bas est rabattu de 100mm. et se poursuit encore sur 800mm. jusqu'à un point, approximativement dans l'alignement du côté ouest du mur final ouest. La fresque qui décorait l'Est du mur final et qui représentait l'écusson dont on parle dans l'Appendice I, ci-dessous, montre que ceci formait le mur primitif ouest de la maison. Comme on le verra plus bas, il s'élevait déjà puisqu'il constituait le côté Est du Bâtiment 2 contre lequel la maison fut construite. Le rapport, à l'origine, des murs sud des deux bâtiments et du mur qui les séparait n'est plus net. Cependant, car le mur sud du Bâtiment 2 semble avoir été reconstruit et la surface du mur a été enduite de ciment. La probable explication du joint droit à l'étage supérieur et de la réduction en dessous, est que là se trouvait une jonction avec une construction s'étendant plus loin au sud, peut-être une porte avec un escalier extérieur et une voûte au niveau du rez de chaussée. Le corbeau, en haut, a pu contribuer à supporter un porche surplombant la porte. La figure 7 montre une reconstruction conjecturale, reconnue comme étant un essai. Alternativement, la réfection du toit du Bâtiment 2 et la reconstruction de son mur sud, discutées plus loin en dessous, ont pu entraîner la reconstruction partielle de l'angle sud-ouest du Bâtiment 1. Des fouilles archéologiques seraient nécessaires pour trouver d'autres preuves, telles que des fondations de mur, pour le plan initial. Le mur nord de la maison fut bâti en moellons à l'exception de la cheminée et des encoignures, qui sont en pierre de taille ; il contraste ainsi avec les murs sud et Est qui sont, entièrement, en pierre de taille. La cheminée desservait deux étages : sa partie supérieure ouest dépasse du mur, soutenue au moyen d'un encorbellement de quatre assises avec une fasce et des moulures en quart-de-rond (pl. Lb). Sa partie Est, desservant le rez-de-chaussée, est construite au-delà des prolongements comme des contreforts sur deux niveaux, lui donnant une largeur hors tout de 2,5m en bas. Aucun foyer n'est visible à l'intérieur. Toutes les fenêtres du mur nord sont carrées avec des encadrements de dalles de pierre et semblent être des ajouts plus tardifs, sauf une petite fenêtre ébrasée visible intérieurement à l'étage du bas, à l'Est. La même chose s'applique au prolongement à deux étages avec un toit d'appentis dont la maçonnerie bute contre celle du mur nord de la maison, et à la porte au niveau du premier étage dans le mur de la maison. Ceci, et une porte dans le mur Est du prolongement, ont dû être accessibles par un escalier en bois extérieur ; des trous, pour le cadre d'une telle structure, sont visibles sous et par côté des portes. Les seuils des portes sont de niveau avec le sommet de l'encorbellement qui soutient la cheminée ouest, indiquant que l'actuel étage intermédiaire de la maison est, approximativement, dans la même position que l'étage supérieur du quatorzième siècle.

L'intérieur : à cause de modifications ultérieures, il y a, maintenant, très peu à voir des arrangements intérieurs originels de la maison, mais on peut faire quelques déductions d'après les fenêtres et autres éléments extérieurs et d'après les positions dans lesquelles on trouva les fresques. A l'origine, il y avait deux étages dont celui du dessus était décoré de fresques. Un troisième étage fut ajouté en haut, endommageant les fresques. Le niveau des fenêtres montre que l'actuel étage intermédiaire est, largement, dans la même position que l'étage supérieur initial, mais le rez-de-chaussée est d'environ un mètre plus haut que son prédécesseur médiéval à en juger par la porte obturée dans le mur est.

Il y avait deux séries de fresques indiquant que l'étage supérieur était divisé en deux chambres, une grande et une petite, la dernière à l'est et dont la taille était d'environ la moitié de la première (fig.5). La séparation des pièces survenait au point où se trouve, actuellement, l'escalier.199 On ne connaît pas, de façon précise, les anciens arrangements pour accéder à l'étage supérieur.
Dans le bref récit récapitulatif suivant des fresques restantes et de leur place dans la maison, les numéros des morceaux sont ceux utilisés dans
la récente publication de Laclotte et Thiébaut.20°

La petite chambre avait des fenêtres à l'Est et au sud. Ses murs étaient peints en haut avec une frise d'armoiries, illisible lorsque les fresques furent mises à nu en 1936. En dessous, il y avait des scènes de roman courtois dans un décor boisé couvrant une hauteur allant jusqu'à 1,90 mètres, la partie supérieure abîmée par l'insertion ultérieure du dernier étage. A l'Est, à gauche (nord) de la fenêtre se tenait une femme regardant un oiseau dans un arbre (34.8) et, à droite, une rencontre de jeunes gens (34.9). A côté de ces derniers, entre l'angle sud-est et la fenêtre sud, il y avait une scène d'étreinte d'amants (34.10).

La grande chambre était éclairée par deux fenêtres, côté sud, et 'emplacement du foyer à l'Est du mur nord est indiqué par la cheminée extérieure. Ses murs étaient peints en haut avec une frise décrivant des scènes de chasse entre des bordures ornementales, le tout d'une hauteur de 1,35m ; en dessous une tenture murale bleue, décorée d'un motif de losanges roses, était représentée en trompe l'oeil comme si elle était suspendue à une barre par des crochets en saillie sous la frise. Une bordure d'images d'oiseaux en haut de la tenture murale fut endommagée par l'insertion de l'étage ultérieur. Un morceau de cette tenture (34.6) a une hauteur de 2,45m, commençant avec la bordure sous le rail de suspension ; la hauteur totale de la fresque peut ainsi être calculée comme ayant été d'au moins 4,1 m, c'est à dire, de la plus grande partie de la hauteur complète (5,4m) des deux étages actuels supérieurs de la maison.

A l'ouest de la grande chambre, au même niveau que la frise, se trouvait un écusson de 1,28m de haut et de 1,17m de large (34.7), étudié en plus de détail dans l'Appendice 1, ci-dessous. La cavité de laquelle il fut extrait était encore visible en 1979, et subsistaient des traces de couleur sur le plâtre restant, mais on ne sait plus de façon certaine comment le reste du mur était décoré.

Deux des panneaux à fresque proviennent du côté sud. L'un (34.1), qui subsiste jusqu'à une longueur de 3,25m et représente des hommes et des chiens courants s'approchant d'une jeune femme, s'emboîte dans l'espace entre les fenêtres du centre et de l'Est placées plus tard au dernier étage. L'autre (34.2) fut placé à droite, subsistant entre les fenêtres plus tardives du centre et de l'ouest, et il faisait partie d'une scène séparée car il a une bordure le long du bord gauche ; il représentait des chasseurs devant un château fort regardant dans la direction opposée à ceux du 34.1. Dans le plâtre, à côté des fenêtres du dernier étage, il reste des traces de bandes roses, variant en épaisseur de 20 à 80mm., à des hauteurs de 1,45m. et 0,3m. au-dessus de l'actuel niveau de l'étage supérieur, positions qui correspondent avec les bordures du haut et du bas de la frise. Les ouvertures premières des fenêtres dans le mur sud étaient en dessous de la frise, entourées par les tentures murales. Leurs jambages, soffites et banquettes de fenêtre étaient peintes en panneaux rectangulaires.201

Au nord, un panneau de fresque de 2,25m. de largeur, représentant des femmes à une fontaine (34.3), a été endommagé par le feu et paraît avoir été au-dessus de l'âtre à l'Est du côte nord. Deux morceaux plus étroits, moins de 1m. de large et de 2,4m. de haut, contenaient partie de la tenture murale ainsi que parties de la frise (34.4 et 5). Tous deux sont décrits comme provenant d'un angle, et, si tel est le cas, l'angle nord-ouest est plus vraisemblable, car il y a des ouvertures de porte et de fenêtre plus tardives dans l'angle sud-ouest, et le mur est ou la séparation sont partis depuis longtemps. Comme noté précédemment en parlant de l'extérieur, il semble que la maison ait eu son toit refait. Le toit actuel a des poutres allant d'Est en ouest, soutenues par des corbeaux dans les murs aux extrémités. Certaines sont peintes géométriquement en noir et blanc et paraissent avoir été réutilisées mais la forme de la construction originelle du toit ne peut pas, de nos jours, être établie.

BÂTIMENT 2 : LA GRANGE MODERNE
La jonction entre la maison, le bâtiment 1, et ce qui est maintenant la grange, le bâtiment 2, est irrégulière. Le mur nord du bâtiment 2 a une encoignure de pierre taillée à l'Est, et l'appareillage de moellons de la maison parvient jusqu'à lui en une jointure rectiligne, sauf au sommet, où le mur de la maison est plus haut et construit avec un coin en pierre de taille au-dessus du mur du bâtiment 2 (pl. LIIIb). Le mur nord du bâtiment 2 est ainsi la construction plus ancienne, et quand le bâtiment 1 fut construit il a utilisé le mur est déjà debout du premier comme son mur ouest. Le mur nord du bâtiment 2 est en moellons à l'exception de la double cheminée en saillie et des premières pierres de ses assises voisines qui sont en pierre de taille. La cheminée a des corbeaux soutenant son coin nord-est. A l'ouest de la cheminée et d'un même style se trouve une fenêtre avec des jambages en biseau et un meneau central, un rebord façonné et un larmier rectangulaire avec, dépassant, des capucines (pl. LIa). Sur plusieurs assises, l'angle de la cheminée et le jambage gauche de la fenêtre ont été taillés dans le même bloc. Il y a trois petites ouvertures carrées fenêtres obturées, deux à l'est de la cheminée et une sous la fenêtre avec le larmier. Leurs niveaux laissent à penser que ce ne sont pas des caractéristiques d'origine. Le structure de la cheminée et la fenêtre avec son larmier indiquent qu'il s'agissait, à l'origine, d'une maison d'habitation semblable à celle de son voisin, le bâtiment 1, et les détails architecturaux suggèrent une date de fin de quatorzième siècle.


Intérieurement, le bâtiment 2 à 4,9/5,9m. de large et 10,3/10,7m. de long ; les coins nord-ouest et sud-est ne sont pas rectangulaires et tandis que le mur nord de la grange et de la maison sont sur un alignement continu, leurs murs sud forment un angle oblique (fig.6). Comme déjà mentionné, le mur sud de la grange est en maçonnerie de moellons et il s'agit, probablement, d'une reconstruction. L'étage inférieur a une porte et une fenêtre au niveau du rez-de-chaussée et trois grandes ouvertures à l'étage supérieur, l'une maintenant obturée, qui probablement servaient à l'origine de fenêtres quand le bâtiment était encore utilisé comme maison. A présent, il n'existe aucune trace d'escalier intérieur.
La reconstruction du mur sud aurait également entraîné la reconstruction du toit qui fut faite à un niveau légèrement plus bas : la ligne du toit antérieur est indiquée par des blocs du mur du pignon ouest de la maison, bâtiment 1. Il est possible que les bois de charpente du toit primitif aient été réutilisés. Le toit est composé de quatre travées, à cadre double, avec les chevrons principaux renforcée près du faîte avec une longrine qui est légèrement recourbée en dessous et réduite pour prendre les principaux secondaires (intérieurs). Les bois de charpente sont peints de chevrons et rinceaux noirs et blancs. La construction et la décoration peuvent être comparées avec celles des édifices de la moitié du quatorzième siècle d'Avignon et de Villeneuve-lès-Avignon, comme peut l'être, également, la peinture à fresque avec des motifs au pochoir de losanges et de quatre-feuilles dont les traces sont, principalement, visibles sur le mur ouest.202
Au rez de chaussée actuel il y a un foyer obstrué mais qui, probablement, desservait l'étage supérieur de la maison initiale. Comme le ressaut de la cheminée s'étend à presque deux mètres plus à l'ouest, il a dû y avoir un autre foyer plus bas, probablement maintenant à au moins deux mètres sous le niveau actuel du sol. L'actuel étage supérieur possède un âtre qui ne correspond pas avec la position du corps de cheminée. Au sud du mur est se trouve une porte bouchée qui menait, autrefois, à la maison voisine.

BÂTIMENT 3
Il semble probable que la pièce au sud-ouest du bâtiment 2, utilisée en 1979 comme cellier, faisait partie de la maison d'habitation. Elle mesure, à l'intérieur, 6,9m sur 4. Dans le coin il y a une porte avec d'une voûte en pointe extérieurement, à tête ronde intérieurement, dont le seuil, maintenant, est à 1,75m au-dessus du niveau de la cour (pl. LIVa). A moins d'être atteinte par un escalier extérieur, elle a dû faire communiquer deux pièces d'un étage supérieur dont l'une aurait pu se situer au sud de l'actuelle grange dans l'angle de ce qui est maintenant la cour. Le mur est en moellonnage brut grossier ce qui aurait convenu pour un mur intérieur s'il était enduit de plâtre. Il y a aussi une porte dans le mur nord menant à une pièce a l'ouest de la grange qui fait maintenant partie de l'une des maisons de la rue Ducrès. L'entrée actuelle au milieu du mur Est n'a pas de particularité manifestement ancienne. Au sud de cela, il y a une fenêtre dans la partie supérieure de ce qui était, autrefois, une autre porte. Les côtés sont faits de blocs en pierre de taille dont certains sont biseautés, d'autres non, laissant supposer qu'ils ont été réutilisés. Il y a également les contours d'une porte, maintenant obturée et plâtrée, à un niveau plus haut dans le mur sud de la pièce, mais il se peut qu'elle ne soit pas d'origine.

BÂTIMENT 4
La porte ci-dessus mentionnée aurait mené dans la pièce au-dessus de la chambre voûtée dans le coin sud-ouest de la propriété qui, autrefois, formait la travée la plus à l'Est de la maison du n°62 de la rue Ducrès. 203 Au niveau du premier étage il y a un encadrement de porte et partie d'un larmier et d'un rebord de fenêtre (pl. LIVb), le reste maintenant caché derrière le mur de la propriété voisine au sud construite depuis la date de la carte de 1858 (fig.1). La chambre voûtée mesure 4,5 sur 5m. et elle est éclairée par une petite fenêtre doublement évasée dans le mur est. Une porte placée à l'oblique au coin nord-est est taillée dans la nervure biseautée de la voûte et n'est pas d'origine.

A.T Lutrell, M.A, D. Phil, F.R. Hist S. et

T.F.C. Blagg, M.A, Ph D., F.S.A.

Article extrait de la 10ème édition des Etudes Sorguaises "Le Palais papal du XIVème siècle à Sorgues" 1997