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Albert Roche, 1er soldat de France

Albert, Séverin Roche est né le 5 mars 1895 à Réauville (Drôme). Il était le cadet d'une famille de trois enfants, ses parents étaient exploitants agricoles dans la commune de Réauville.

Lorsque la guerre éclate, il a 19 ans et s'engage. On l'affecte au 30ème bataillon de chasseurs puis, définitivement, au 27ème bataillon alpin. Il se porte volontaire comme agent de liaison. L'un de ses plus hauts faits d'armes et d'astuce marquera la campagne d'Alsace.


Promu guetteur, Albert Roche voit disparaître ses compagnons dans une tranchée touchée par un obus. Le capitaine est blessé, il le transporte à l'infirmerie en rampant plusieurs heures, une nouvelle fois au péril de sa vie. A bout de force, il s'endort ; c'est une patrouille qui le découvre et qui le réveille : abandon de poste, il doit être fusillé. Au moment où douze de ses compagnons constituent le peloton d'exécution, une estafette s'avance et apporte le témoignage salvateur du capitaine blessé.

Neuf fois blessé, Albert Roche fit partie de la délégation conduite par le général Gouraud qui représenta l'armée à Londres, aux obsèques du maréchal French. Le soir, cinq personnes furent invitées à la table du roi Georges V, parmi elles Albert Roche.

En novembre 1918, la guerre est finie. A Strasbourg, sur la place de l'Hôtel de aille, le général Foch demande le silence et, affectueusement, tient un petit homme revêtu de l'uniforme des Chasseurs Alpins en disant : « Je vous présente Albert Roche, c'est le premier soldat de France ».

En 1920, il fait partie des sept soldats qui, après l'avoir désigné, escortent le Soldat Inconnu jusqu'à l'Arc de Triomphe.

La guerre finie, il revint à Réauuille, épousa Madeleine Jean, eut une petite fille, Jeanine, et exploita la ferme de ses beaux-parents. Puis, la terre ne nourrissant plus son homme, il devint cantonnier à Valréas.

A la seconde guerre mondiale, il revint à Sorgues sous les drapeaux à la Poudrerie Nationale. Il habitait un des logements réservés aux ingénieurs avec sa femme et sa fille Jeanine qui est allé quelques années à l'école des filles (actuellement Ecole Sévigné). Sa femme Madeleine, après son décès, travaillera à la Poudrerie au magasin d'habillement pendant quelques années.

Le 14 avril 1939, l'autocar venant d'Avignon s'arrête devant la Poudrerie Nationale de Sorgues. Albert Roche se dirige vers le directeur de cette époque, Mr Paul Muret, pour le saluer lorsqu'une voiture le percute en doublant le car et le projette contre un arbre. Transporté l'hôpital d'Avignon, il y décède le lendemain.

Une chapelle ardente fut dressée à la Poudrerie Nationale où les plus hautes personnalités vinrent s'incliner devant sa dépouille. Il fut enterré au cimetière de Sorgues. En 1967, sa fille Jeanine et sa famille qui habitent Avignon le firent transférer au cimetière Saint-Véran.

Albert Roche était titulaire de nombreuses décorations et citations.

- Médaille militaire à l'âge de 22 ans.

- Chevalier de la légion d'honneur à 23 ans, dont voici le texte :

« Chasseur dont la bravoure est légendaire au bataillon ; fait preuve, dans les circonstances les plus difficiles, d'un mépris absolu du danger ; conserve un calme absolu aux moments les plus critiques, donne à ses camarades l'exemple de l'entrain, exalte leur courage, est pour ses chefs un auxiliaire précieux. Pendant les opérations du 31 août 1918 a réussi comme agent de liaison à transmettre à toutes les sections de sa compagnie les ordres du commandant, n'hésitant devant aucun danger, triomphant des difficultés de toutes sortes, montrant un rare esprit de décision, une conscience au-dessus de toute éloge. Médaillé militaire pour faits de guerre (7 citations) »

- Officier de la légion d'honneur, décret du 30 juin 1937. Il a 42 ans.

Texte du SERVICE HISTORIQUE DE LA DÉFENSE

Extrait de la 16ème édition des Etudes Sorguaises "Souvenirs des poilus sorguais" 2005