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Signes ecclésiastiques et symboles

Préambule 

Il est des symboles insoupçonnés, gravés dans la pierre dont la quête nécessite tout simplement de lever la tête et d’être un peu attentif.

Ils sont là, tout près, offerts à tous mais, comme ils restent discrets, ils sont invisibles à ceux qui n’ont qu’une vue d’ensemble sans saisir les détails.

Ces signes, ces symboles sont notre héritage et aussi notre patrimoine constitué au fil des siècles par le labeur, la connaissance de nos ancêtres : c’est là l’essentiel de leur message qu’aujourd’hui nous ne savons plus lire.

C’est pourquoi cet article ne se veut ni technique, ni purement historique, il laisse une grande place à l’imagination et permet aux curieux de dénouer en partie le fil d’Ariane de l’histoire.

 

1 - Les symboles sur les murs de l’église du Plan de la Tour

En examinant attentivement les pierres qui servirent à la construction de l’édifice, on retrouve diverses gravures géométriques qui, probablement, représentent les signatures des tailleurs de pierres.

Un point attire l’attention, leur dispersion laisse penser qu’il s’agit d’un ensemble de blocs de pierres de réemplois, récupérés sur un monument plus ancien abandonné et en ruine.

Louis Desvergnes indique dans son Histoire de Sorgues (page 126) : « C’est l’église paroissiale actuelle, construite avec les matériaux provenant du château pontifical… Pour construire l’église, on permit aux entrepreneurs de démolir les arceaux qui étaient dans la cour du château. »

1.1 - Un symbole particulier


Sur le mur nord de l’église, un symbole très bien conservé se distingue à hauteur d’homme.

Il diffère des autres gravures et mérite toute l’attention d’une recherche sur sa signification.

A première vue, tout un chacun comprend qu’il s’agit d’une croix, un examen rapide indique une croix potencée, dite croix de Jérusalem de l’ordre des HOSPITALIERS.

Ce bloc de pierre inséré dans le mur de l’église paroissiale provient d’une construction bien plus ancienne, se situant dans l’environnement immédiat du chantier.

Louis DESVERGNES, Histoire de Sorgues (page 129) : « L’hôpital avait été construit en 1481 à l’endroit où l’on édifia l’église du Plan de la Tour... »

La 10ème publication des Etudes Sorguaises nous offre une indication plus précise sur la présence d’un hôpital.

« Le Plan de la Tour était occupé par une bâtisse importante en bordure du rempart, désignée sous l’appellation d’HOSPITIUM. »

Un HOSPITIUM était destiné à soigner, à héberger, ce qui était en rapport avec la vocation de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui était de soigner, de protéger les pèlerins qui allaient en terre sainte ou en revenaient.

On peut penser, sans trop d’erreurs que la pierre gravée de la croix potencée provient de l’ancien « HOSPITIUM » à l’emplacement duquel fut construite l’église actuelle.

1.2 - La présence des HOSPITALIERS dans le Comtat et à Avignon

Le cadastre d’Avignon des XIIème et XIIIème siècles indique la présence d’une commanderie de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

En 1274, le Comtat Venaissin fut remis au pape Grégoire X par Philippe III le Hardi. Les HOSPITALIERS assurèrent la gestion du terroir.

1.3 - L’ordre des HOSPITALIERS

En 1099, dès l’année de la reprise de la ville sainte est créé l’ordre de l’hôpital qui va jouer un rôle humanitaire, c'est-à-dire héberger les croisés, secourir les malades et les blessés, en somme les fonctions de la Croix-Rouge moderne.

Après le concile de Troyes, l’ordre s’implante en Espagne.

En 1136, venant d’Espagne, ils s’installent à Saint-Paul-trois-Châteaux, ensuite l’ordre essaime dans tout le midi.

En 1273, ils installent une commanderie et une église en Avignon.

Instructive est la donation du 21 juin 1317 par laquelle le chancelier de l’ordre de l’hôpital, Pierre de UNGULA, cède au souverain pontife tout ce que possédait son ordre dans le Comtat (château, hôpital…).

1.4 - La présence du grand maître de l’ordre des HOSPITALIERS,

Juan Fernandez de HEREDIA, dans le Comtat et à Sorgues De HEREDIA, grand maître de l’ordre des HOSPITALIERS, de 1377 à 1396. Né en 1310 à NUNEBREGA, province de SARAGOSSE (Espagne). Entre 1340 et 1350 il eut quatre enfants, tous légitimés. En 1328, il entra à l’ordre des HOSPITALIERS. En 1356, il obtint par le pape INNOCENT VI le prieuré hospitalier de Saint-Gilles (Gard). Il acheta un HOSPITIUM en Avignon avant le 08 mai 1365. Le 30 juillet 1377, il accéda à la dignité la plus élevée de l’ordre, celle de grand maître. Il passa ensuite à la cour pontificale d’Avignon où il fut l’homme de confiance de Clément VII et Benoît XIII. En 1361, il devint gouverneur d’Avignon et du Comtat. Il décéda en 1396, à l’âge de 86 ans.(Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastique, archives départementales de Vaucluse US 2/4/23)

1.5 - Juan Fernandez de HEREDIA

Dans la 10ème publication sur le palais papal (Etudes Sorguaises, page 10) :

L’hypothèse que la maison dite des fresques à Sorgues ait appartenu à l’Hospitalier capitaine général d’Avignon et du Comtat, Juan Fernandez de Heredia, est rejetée.

« La maison des fresques, de par ses commodités limitées, était une résidence familiale modeste. Elle n’était comparable ni par sa taille, ni par le style, aux livrées cardinalices. »

De Heredia avait le goût et les moyens de rivaliser avec les cardinaux.

Le grand maître des HOSPITALIERS vivait en temps normal à Avignon. En 1370, il avait un appartement dans le palais des Papes. Il est donc vraisemblable que lorsque le pape était à Sorgues, Juan Fernandez de Heredia logeait au palais papal.

Les quelques pistes proposées par ce modeste écrit n’ont pas satisfait totalement notre curiosité. La petite croix potencée, gravée dans la pierre, n’a pas livré tous ses secrets.

Une grande place est laissée à d’autres découvertes.

Si la présence d’un hôpital au Plan de la Tour est attestée par les historiens, rien ne nous renseigne, en dehors de ce maigre indice que représente la croix potencée, sur son appartenance à l’ordre des Hospitaliers.

D’autres preuves sont à apporter.

Alain Sicard

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