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L'église romane de Saint-Sixte

Aujourd'hui englobée dans la banlieue industrielle d'Avignon, Sorgues est une ville du Vaucluse au patrimoine méconnu. Point stratégique et lieu de passage, Sorgues devient au XIIIe s. Une cité importante du Comtat Venaissin pontifical avec l'établissement des ateliers monétaires de la papauté puis, au début du XIVe s., avec la construction du palais de Jean XXII. De nos jours, le coeur ancien de Sorgues, circonscrit par le tracé des remparts médiévaux, est totalement excentré au nord d'une agglomération groupée autour du centre administratif et commercial (figure 1).


 

Depuis quelques années, la municipalité de Sorgues adopte une politique active de réhabilitation du centre ancien. Un projet de mise en valeur de l’îlot de l’ancienne église paroissiale était en 1997 à l’étude pour désenclaver les vestiges de l’édifice roman et aérer un tissu urbain très dense dans cette partie du centre historique de la ville. Cette église, sous le vocable de Saint-Sixte, est masquée par des habitations et par les bâtiments du presbytère. On peut cependant apercevoir la façade dans la rue Saint-Sauveur et une partie du chevet dans la rue Pélisserie. L’acquisition par la commune de la majorité des parcelles jouxtant cette église a conduit les services techniques de la Ville à envisager la destruction des bâtiments postérieurs à l’édifice roman. Ainsi, à la demande de la municipalité de Sorgues, soucieuse de réussir une réhabilitation exemplaire du quartier et sur les conseils de l’architecte des Bâtiments de France, le Service d’Archéologie du Conseil Général de Vaucluse est intervenu sur le site au mois d’avril 1997 pour une étude archéologique du bâti.

Cette action consistait essentiellement à mesurer l’importance architecturale des maisons vouées à la démolition (parcelles 109-110-111) et à étudier l’état de conservation de l’église médiévale. Pour atteindre ces objectifs, quelques dégagements d’enduits ont été effectués, en particulier sur le mur gouttereau nord de l’église. Par ailleurs, un relevé topographique de l’ensemble du site, un relevé des façades de la rue Saint-Sauveur et une coupe longitudinale de l’église ont été dressés pour faciliter l’analyse des vestiges. En complément, une couverture photographique du site est venue s’ajouter au dossier graphique de l’édifice. Enfin, quelques recherches aux archives ont été réalisées mais le temps attribué à cette étude préliminaire ne permettait pas un dépouillement méthodique des fonds d’archives. Les principaux documents ont été cependant répertoriés et la consultation s’est orientée principalement vers la vente des biens nationaux. En outre, ces recherches ont bénéficié de la publication du cartulaire de l’évêché d’Avignon1.

L’intérêt scientifique de l’étude préliminaire réside dans le caractère inédit de cette ancienne église paroissiale de Sorgues. En effet, ce bâtiment, aujourd’hui défiguré, n’est pas cité dans les ouvrages de références sur l’architecture romane provençale2. Pourtant, les vestiges qui en subsistent sont suffisamment nombreux pour permettre une analyse architecturale et stylistique. Le plan à nef unique divisée en trois travées précédant un chevet pentagonal et la décoration architectonique évoquent des édifices romans tels la cathédrale de Cavaillon, l’église Notre-Dame du Thor ou l’église Saint-Symphorien de Caumont. La présence d’une tribune et d’un arc doubleau supplémentaire dans la première travée ainsi que l’absence de contreforts extérieurs sont des particularités qui distinguent cette église qui, jusqu’à présent, n’a fait l’objet d’aucune étude. Une ou plusieurs chapelles latérales ont été adjointes postérieurement à la nef et plusieurs indices témoignent d’une reprise de la voûte de l’abside. Malheureusement la construction des maisons voisines a fait disparaître les traces de ces remaniements.

1 - Le contexte historique

1.1 - Sorgues au Moyen-Âge

Cette localité apparaît dans les textes en 1031 sous le nom de « Villam Sorgam »3. C’est dans la seconde moitié du XIe s. que l’agglomération prend le nom de Pons Sorgie, un vocable qui témoigne de la présence d’un pont permettant de franchir l’Ouvèze4.

L’importance stratégique de ce point de passage a, de toute évidence, intéressé les évêques et les chanoines d’Avignon5. A la fin du XIe s., on constate un important transfert de biens entre les évêques, les prévôts et les chanoines6.

Le comte de Toulouse fit édifier un château pour défendre le pont sur l’Ouvèze, probablement à l’endroit où s’élèvent les ruines du château pontifical. Le partage de la Provence entre les comtes de Toulouse et de Provence laissa quelques communes dans l’indivision, dont Sorgues. La ville devint certainement une position avancée au nord du système défensif des Avignonnais. Aussi lorsque Louis VIII fit détruire les remparts d’Avignon, les fortifications de Sorgues subirent le même sort7. En 1274, le château comtal passa sous l’autorité pontificale en même temps que le Comtat.

Au XIIIe s., Pont-de-Sorgues est donc une localité qui possède un pont, un château comtal, des remparts et plusieurs églises. Aucun vestige des remparts de cette époque n’est connu. Cependant on peut suggérer un tracé à travers le parcellaire actuel : la rue Cavalerie et son prolongement septentrional pourraient border à l’ouest une agglomération traversée par deux axes Nord-Sud (rues Ducrès et Saint-Sauveur) et limitée à l’est par la rue Pélisserie. Cette restitution des remparts au XIIe s. situe la ville de Sorgues à environ 150 m au Sud du pont et du château comtal (figure 1).

C’est en 1317 que commencèrent les travaux de construction du palais de Jean XXII, près du pont sur l’Ouvèze, à l’emplacement probable du château comtal (figure 1). Ce vaste palais qui a intégralement subsisté jusqu’au XVIIe s. était de plan quadrangulaire et composé de quatre corps de logis reliés entre eux par de hautes tours carrées. L’ensemble était crénelé et conférait un caractère défensif à un bâtiment à vocation résidentielle. Les dépenses réalisées par Jean XXII pour la décoration de ce palais furent très importantes. Des quantités impressionnantes de carreaux de pavement furent utilisées pour les sols et plus de trente-huit noms de peintres ont été relevés dans les archives pour la décoration intérieure8. Une enceinte entourait ce château et son parc d’agrément. Le palais de Sorgues a été une résidence privilégiée des souverains pontifes et de nombreuses personnalités y ont séjourné. En mai 1365, le pape Urbain V et l’empereur Charles IV de Luxembourg s’y rencontrèrent et, à cette occasion, une fête grandiose y fut célébrée9.

La présence de la cour pontificale a eu des répercussions sur l’évolution urbaine de Pont-de-Sorgues. La ville se développe vers le nord et déborde des limites anciennes. Une nouvelle enceinte est vraisemblablement édifiée dans le courant du XIVe s. : on peut en observer le tracé sur le plan cadastral. La ville s’élargit sur ses limites est et ouest (avenue d’Orange et rue des Remparts) et des zones sont urbanisées au nord, jusqu’au château pontifical. Ainsi on remarque un îlot circonscrit entre l’avenue d’Orange, la rue Ducrès et la rue du Château où les parcelles contrastent par leur régularité avec le centre ancien. Il peut s’agir d’un bourg pontifical similaire à ceux que l’on rencontre dans Avignon10.

A l’est de cet îlot se situe un ensenble de constructions médiévales extrêmement important et bien conservé, connu sous le nom de « maison de la reine Jeanne » (figure 1). Pour une partie, ces bâtiments s’apparentent à l’architecture des palais cardinalices du XIVe s., mais des extensions et des modifications semblent avoir été réalisées à la fin du XIVe s. et au début du XVe s.. Il peut s’agir de l’ancien hôtel des monnaies de Sorgues où les papes frappèrent leur monnaie jusqu’en 1354, date à laquelle cette activité fut transférée dans le centre d’Avignon. Les bâtiments laissés vacants par l’atelier monétaire auraient alors été cédés à Juan Fernandez de Hérédia, nommé en 1358 capitaine général du Comtat Venaissin et en 1377, grand maître de l’ordre des Hospitaliers. Ce personnage de premier plan a certainement effectué de nombreux travaux dans cet édifice11. Pour compléter la liste des fondations du bas Moyen-Age, il faut citer le couvent des Célestins de Gentilly qui accueillait des religieux à partir de 1356 et qui fut fondé à l’extérieur de la ville par le cardinal Ceccano.

1.2 - L’église paroissiale.

Le vocable actuel de la chapelle Saint-Sixte est totalement dénué de fondement. En effet, aucun texte ne mentionne cette église sous ce vocable. Il est probable que ce nom a été affecté aux ruines de l’ancienne église paroissiale au cours du XIXe s. On trouve une rue Saint-Sixte à soixante mètres au nord du site et la coutume plaçait une fête paroissiale sous ce patronage. Ce vocable provient peut-être d’une chapellenie placée dans l’ancienne église ou de l’ancienne chapelle des Pénitents Blancs située contre le flanc nord de l’église.

Au XIe s., il existait plusieurs églises sur le territoire de Sorgues. En février 1063, Bérenger, avec l’assentiment de son épouse Gisberge et de ses fils, Rostaing, évêque d’Avignon, Bérenger, Raymond, Guillaume, Léger, Rostaing et Bertrand, fait don à l’abbaye de Cluny de l’église de la Sainte-Trinité, située dans le territoire d’Avignon, à Pont de Sorgues ainsi que de nombreuses dîmes et pièces de terre qu’il possède dans ce lieu12. Cette église cédée par l’aristocratie locale aux moines de Cluny, qui l’ont très certainement reconstruite et transformée en prieuré, est également connue sous le nom de Notre-Dame de Beauvoir. Elle est partiellement visible de la route d’Orange, enclavée dans une construction plus récente.

Un autre lieu de culte apparaît dans les textes à la fin du XIe s. et au début du XIIe s. Il s’agit de l’église Sainte-Marie qui est mentionnée dans une charte épiscopale émise entre 1096 et 1110. A la demande de Rostaing, prévôt du chapitre et des chanoines de la cathédrale Notre-Dame des Doms, l’évêque d’Avignon, Albert, leur cède les églises de plusieurs localités et notamment la moitié des églises de Pont-de-Sorgues13. Cette église Sainte-Marie apparaît également dans un acte daté entre 1104 et 1176 qui fait l’état des biens que possède Guillaume de Venasque à Pont-de-Sorgues et des redevances qu’il paye aux chanoines14. L’église Sainte-Marie fait l’objet d’une donation entre 1117 et 1119, à Béranger, évêque de Fréjus, pour sa vie durant et moyennant un cens annuel de cinq sous15. L’église paroissiale de Pont-de-Sorgues fut peut-être placée sous ce vocable de Sainte-Marie au XIIe s. ; celui-ci aurait disparu au profit du vocable de Saint-Sauveur.

La copie datée de 1491, d’un accord passé en juin 1279 sur les dîmes de Sorgues,mentionne l’église Saint-Sauveur dont le prieur est un moine clunisien. Par conséquent, ce nouveau vocable de la paroisse, date de la fin du XIIIe s. si la copie de l’acte reprend le nom de l’église sans le modifier. Dans le cas contraire, le rédacteur de cette copie a pu réactualiser le vocable à la fin du XVe s. On peut de toute évidence certifier que le vocable de Saint-Sauveur est utilisé du bas Moyen-Age jusqu’à la construction de la nouvelle église au Plan de la Tour, dans la seconde moitié du XVIIIes.16 En résumé, l’église étudiée porte le vocable de Saint-Sauveur entre le XIIIe et le XVIIIe s. Les textes apportent les indices chronologiques et le toponyme qui subsiste dans le nom de la rue bordant l’îlot à l’ouest permet la localisation de l’église Saint-Sauveur à l’emplacement de l’église Saint-Sixte. Ce vocable actuel qui est aussi celui de la fête communale, peu fréquent dans cette région, a été attribué au XIXe s. à une période durant laquelle l’église n’est plus utilisée pour le culte mais est devenue presbytère. Pour la période antérieure à la fin du XIIIe s., on peut avancer avec prudence que le vocable de Sainte-Marie était celui de l’église Saint-Sauveur. Pour l’instant, on ne connaît, sur le territoire communal, aucun lieu de culte placé sous ce vocable.

L’autre intérêt de cette copie d’un texte de 1279, réside dans l’origine des desservants de la paroisse. Il est question d’un moine clunisien appartenant certainement au prieuré situé hors les murs. La paroisse et ses bénéfices devaient donc revenir à cette abbaye. A l’époque moderne, cette dépendance semble se perpétuer car, aux XVIIe et XVIIIe s.s, les curés de Pont-de-Sorgues sont presque tous des religieux de l’ordre de Cluny17.

La présence des clunisiens semble être assez constante puisqu’en 1274, lorsque le pape prend possession du Comtat Venaissin, Pont-de-Sorgues est restituée à Cluny aux dépends de l’évêché d’Avignon18. Avec la construction du palais pontifical dans la décennie 1320, les Clunisiens sont écartés de la ville. Le pape nouvellement installé veut également exercer pleinement son pouvoir religieux. En août 1322, une lettre pontificale confirme la donation par les clunisiens, de l’église de Pont-de-Sorgues au Saint-Siège. Enfin, en janvier 1324, Jean XXII achète la ville à ces mêmes religieux et Sorgues devient ainsi une place forte du Comtat Venaissin pontifical placé sous l’autorité directe du pape19. Il n’est pas à exclure que Cluny ait obtenu quelques contreparties, comme semble l’indiquer plus tard l’appartenance à cet ordre des curés de la paroisse ou la propriété d’une maison près de l’église par le prieuré clunisien de Saint-Martial d’Avignon.

Le fonctionnement de l’église paroissiale aux XIVe et XVe s. nous est totalement inconnu. L’étude d’architecture montre qu’aucune transformation importante n’a été réalisée dans l’édifice à cette période. En outre, les dimensions modestes de l’édifice laissent un doute sur sa capacité d’accueil des paroissiens, certainement très nombreux à Pont-de-Sorgues dans la première moitié du XIVe s. Plusieurs chapellenies ont été fondées dans l’église paroissiale mais aucun texte ne vient nous en donner les noms avant le XVIe s. La plus importante semble être celle dédiée à Saint-Martin. On trouve également une chapellenie Sainte-Croix en 155920. Ces lieux de dévotion pouvaient être aménagés dans des chapelles latérales ou contre les murs latéraux de l’église sous la forme de simples autels.

L’église Saint-Sauveur a certainement subi des dégradations au cours des guerres de religion. En août 1562, les troupes protestantes s’emparèrent du château et de la ville qui fut saccagée21.


Les dommages causés par les guerres et les dégradations imputables à la vétusté de l’édifice dont la voûte menaçait de s’écrouler en 1688, ont contribué à sa ruine22. Cette situation préoccupante a dû s’aggraver au cours des décennies suivantes puisque l’église est abandonnée en 1766 et la paroisse est provisoirement transférée dans la chapelle des Pénitents Blancs. Entre 1770 et 1774, une nouvelle église, dite du Plan de la Tour, est édifiée par Ravan, maître-maçon à Avignon, à l’emplacement de l’ancien hôpital23 (figure 2). Cette église est construite avec des matériaux de récupération provenant du château pontifical, à l’exception de la façade classique, du clocher et des embrasures de fenêtres.

En août 1796, la vente de plusieurs parcelles laisse supposer l’état du quartier de l’ancienne église paroissiale. Une partie de l’église est alors vendue comme bien national : il s’agit de la première travée de la nef qui accueille une écurie au rez-de-chaussée et une chambre à l’étage (tribune)24. Au Sud de cette parcelle se situe le presbytère qui jouxte au sud une maison appartenant aux Bénédictins de Saint-Martial d’Avignon, vendue quatre jours plus tôt25. Il est fait mention d’un jardin situé à l’est de cette maison et de la cure. Au nord de l’église se trouve une maison d’habitation (maison du cn. André) qui a probablement été construite sur l’emplacement de chapelles latérales. Enfin, la vente des biens nationaux fait référence à la chapelle des Pénitents Blancs qui se situait au nord de la maison précédente. Cette chapelle, dont on ne connaît que l’emplacement, possédait un accès à l’est, dans la rue Pélisserie. Certains auteurs décrivent une porte avec des colonnes qui existait encore au début du XXe s.26

Le quartier a considérablement évolué au XIXe s. (destruction de la chapelle des Pénitents, de l’ancienne cure et de la maison des Bénédictins), mais l’ancienne église paroissiale resta figée en raison de son utilisation privée et de son absorption dans les parcelles du presbytère. De ce fait, les nombreux vestiges méritent une attention toute particulière.

2 - Description du site

2.1. L’église Saint-Sixte.

L’église, dite chapelle Saint-Sixte, est aujourd’hui enclavée entre des maisons privatives et le presbytère (figure 3). La première travée (parcelle 1479) est conservée intégralement sur deux niveaux occupés par un garage et une remise.


La deuxième travée de la nef a fait place à une maison à trois niveaux qui communique avec le presbytère (parcelle 1480 A). La troisième travée et l’abside sont dépourvues de voûtes et font office de cour intérieure du presbytère (parcelle 1480 B). Malgré ce morcellement et les différentes destructions, il est assez aisé d’étudier l’architecture de l’édifice.


La façade de l’ancienne église est bien conservée en dépit des modifications postérieures à la période romane et des joints remaniés de façon excessive au ciment Portland (figure 4). La façade est élevée en pierres de taille (environ 0,50 x 0,30 m), un calcaire coquiller de couleur jaune paille qui est comparable avec les matériaux provenant des carrières Saint-Georges à Courthézon. Aujourd’hui partiellement dissimulé par des maisons récentes et rehaussé avec des parpaings dans sa partie supérieure, le mur occidental de l’église ne dépassait pas 10 m de hauteur pour 9,50 m de largeur.

Une porte, modifiée pour permettre le passage d’un véhicule, rythme cette façade. Cette porte était à l’origine large de 2 m pour une hauteur avoisinant 3,50 m sous le tympan. L’ébrasement possède un ressaut unique qui est conservé au-dessus d’un linteau moderne en béton. Les piédroits sont couronnés de chapiteaux à la mouluration très simple qui supportent un tympan appareillé de claveaux à crossette. Une voussure moulurée couvre un arc clavé au-dessus du tympan. Le bon état de conservation des voussures et des chapiteaux, réalisés dans un calcaire blanc, laisse penser que la partie supérieure de ce portail a peut-être été reprise à l’époque moderne dans un style roman, au-dessus d’un tympan probablement d’origine. La partie supérieure de la façade est percée d’une fenêtre appareillée qui peut être datée approximativement du XVIIIe s et qui était destinée à éclairer la tribune. Cette ouverture a probablement succédé à une baie romane plus petite dont la trace a disparu (figure 5).


Derrière la façade occidentale, la première travée de la nef de l’église est divisée en deux niveaux par une tribune (figures 6 et 7). Au premier niveau, de chaque côté de l’espace, se trouvent de puissantes arcatures aveugles qui soutiennent la voûte en plein cintre de la tribune. Ces arcatures en arc segmentaire sont profondes (1 mètre) et très larges (3,50 m). Au nord de cette pièce on peut observer le mur de séparation entre la première et la deuxième travée. Ce mur tardif en moellons laisse apparaître, dans sa partie sommitale, la trace d’un arc doubleau qui marquait certainement la limite de la voûte de la tribune. Les murs gouttereaux sont très épais dans cette travée. Ainsi, les bâtisseurs ont conçu dans l’épaisseur du mur, un escalier d’accès à l’étage sur le côté sud (largeur de 0,70 m). L’étage de la tribune est essentiel pour la bonne compréhension de l’édifice car le voûtement roman de la nef ne subsiste qu’à cet endroit (figure 8). Il s’agit d’une voûte en berceau construite en pierres de taille et soutenue par trois arcs doubleaux. Le premier de ces arcs est plaqué contre le parement intérieur du mur de façade et le troisième est partiellement caché par un mur de refend qui sépare la première de la deuxième travée. La présence, dans cette première travée, d’un arc intermédiaire est tout à fait originale. Ce second doubleau est beaucoup plus large et se situe au centre de la travée, scindant la voûte et les murs latéraux en deux demi-travées. Quelle est la fonction de cet arc supplémentaire ?

Figure 9 : Vue de Sorgues au XVIIe s. où l’on observe le château pontifical, le pont médiéval et la flèche du clocher de l’église Saint-Sauveur. Dessin de l’album du marquis de Laincel. (Bibliothèque Municipale d’Avignon. Est. f° 36 n° 17b).

On peut avancer une hypothèse selon laquelle un clocher s’élevait au-dessus de cette travée. En effet, il existe sur le côté sud de cet espace un escalier similaire à celui que l’on peut observer au rez-de-chaussée. Cet escalier aurait permis l’accès à un clocher dont le poids pouvait être en partie contrebuté par cet arc. En outre, une vue de la ville de Sorgues au XVIIe s., provenant de l’album du marquis de Laincel et conservé à la bibliothèque municipale d’Avignon, représente un clocher qui pourrait se situer à l’emplacement de l’église paroissiale (figure 9). Ainsi, l’église Saint-Sauveur de Pont-de-Sorgues possédait un clocher tour à l’ouest de la nef, une position assez rare en Provence mais visible à Avignon, en particulier à la cathédrale Notre-Dame des Doms d’Avignon27 ou à l’église Notre-Dame la Principale28.

La décoration architectonique de cette travée est très sobre : les arcs doubleaux retombent sur des chapiteaux moulurés qui évoquent ceux de la chapelle Saint-Symphorien de Caumont. Une arcature aveugle à double rouleaux est percée dans le mur nord de cet espace. Cet ouvrage devait permettre de répartir les poussées de la voûte sur les points forts de la construction, situés sur les côtés. Sur la face opposée, au sud, le mur est traité simplement pour assurer un espace suffisant à l’aménagement de l’escalier.

Il est utile de signaler que l’arcature nord est en retrait de plus de 0,10 m par rapport aux autres arcatures relevées dans les deuxième et troisième travées de la nef. Ce décalage peut confirmer la datation romane de la tribune.

La deuxième travée de la nef est aujourd’hui divisée en trois niveaux qui communiquent avec le presbytère construit au XIXe s.. Une façade, probablement édifiée après l’abandon de l’église au XVIIe s., sépare cette travée de la partie orientale de l’édifice, transformée en cour.

Le rez-de-chaussée est occupé par une remise séparée d’un atelier par un mur de refend orienté est-ouest. Le mur ouest est une obturation de la tribune dont la retombée de l’arc est perceptible sous l’enduit de chaux. L’intérêt de ces murs de division se porte sur leurs extrémités qui viennent s’accoler aux anciens pilastres à ressaut de la nef romane. Sur le côté sud de cette travée, le mur médiéval a été abattu lors de la construction du presbytère. En revanche, ses pilastres sont visibles sur le flanc nord de la travée. Il subsiste la retombée d’une arcature aveugle à double rouleaux, large de 3,50 m. L’arc doubleau oriental a disparu, bûché pour augmenter l’espace de la pièce.

Entre ces deux pilastres se trouvent deux niches modernes en plein cintre qui conservent un décor de coquillage en stuc. Entre les niches, plusieurs trous de fixation témoignent de la présence d’un autel ou de boiseries. Au XVIIe ou au XVIIIe s., cette arcature pouvait appartenir à une chapellenie.

Le premier étage de cette travée est totalement dépourvu de vestiges romans. Il est impossible, par exemple, de distinguer l’arcature en plein cintre qui est certainement masquée par une obturation et par les aménagements d’une pièce faisant fonction de bureau pour le desservant de la paroisse.

Le deuxième étage est devenu le grenier de la cure. Les seuls vestiges romans identifiables se situent sur le mur ouest. La voûte de la nef a disparu mais l’arc doubleau séparant la première et la deuxième travée est encore visible, noyé dans la maçonnerie d’obturation. Sur ce même mur, au-dessus du doubleau, le faîtage et les pans de la toiture romane sont également encore perceptibles. Il est possible de restituer avec certitude la hauteur maximale de l’édifice (10 m) par rapport au niveau actuel de la rue Saint-Sauveur.

La troisième travée de la nef, dépourvue de voûtement, est aujourd’hui transformée en cour intérieure de la cure. Au sud de cet espace, aucun vestige roman n’est visible sur le mur latéral qui a été entièrement repris lors de la construction de l’aile sud du presbytère. A l’inverse, le mur nord de la travée est très bien conservé puisqu’il offre aux regards l’intégralité d’une arcature aveugle en plein cintre. Au-dessus de l’extrados du deuxième rouleau de l’arc, une légère toiture vient protéger des infiltrations d’eau l’arase de la partie supérieure de la travée. Cette baie aveugle possède la même largeur que celle rencontrée dans la travée précédente et la hauteur peut approximativement être identifiée (6 m) par rapport à un niveau de sol qui semble avoir été remblayé.

Une arcade en tiers-point est nettement visible au centre de ce mur nord, entre la retombée des pilastres. Cette baie gothique, large de 3,10 m et haute de 3,60 m, offre une mouluration très sobre, uniquement chanfreinée. Aujourd’hui obstruée par une maçonnerie de pierres de taille, cette arcade permettait de toute évidence l’accès à une chapelle latérale construite au bas Moyen-Age,au nord de l’église.

Le départ du dernier arc doubleau de la nef est encore visible grâce à la présence d’un chapiteau mouluré sur le côté sud, au-dessus du troisième ressaut des pilastres séparant l’abside du vaisseau central. Ce chapiteau est surélevé de 0,10 mètre par rapport à ceux de la première travée auxquels il peut être comparé.

Il est à noter que le dernier pilastre à ressaut du côté nord de la travée avait été taillé pour recevoir des éléments de décoration en pierre de Pernes (statues, plaque funéraire ?). Quelques blocs difficilement identifiables de ce matériau utilisé au bas Moyen-Age pour la décoration et la statuaire sont encore placés dans l’excavation prévue à cet effet.

L’abside possède un plan légèrement outrepassé qui s’inscrit dans un massif pentagonal construit en pierres de taille. Une fenêtre dans l’axe de la nef devait illuminer cette dernière partie de l’église ; aujourd’hui obstruée, cette baie a perdu la partie inférieure de son embrasure lors du percement d’une porte d’accès à la rue Pélisserie. Cette porte, large d’environ 1,10 m est couverte d’un arc segmentaire qui lui assure une datation moderne (après l’abandon de l’église). L’abside est tapissée de sept arcatures en plein cintre moulurées qui se rejoignent sur une pierre taillée en mitre, posée sur un sommier encastré dans la maçonnerie. Ces sommiers semblent avoir été bûchés; les chapiteaux et les colonnes qui les soutenaient ont disparu (figure 10). Sur le sol, on remarque encore les vestiges arasés d’une banquette sur laquelle reposaient les colonnes.

L’intégralité du décor des supports de ces arcatures est conservé au contact de la retombée de l’arc triomphal. Sur le flanc nord, on observe un pilastre cannelé sur lequel repose encore un chapiteau d’inspiration corinthienne, malheureusement très endommagé. Sur le côté sud, le chapiteau semble d’origine mais le pilastre a probablement été retaillé pour imiter l’aspect d’une colonne torse cannelée.

Un arc triomphal séparait la nef de l’abside : il en subsiste quelques claveaux de chaque côté de l’édifice. Cet arc reposait sur un bandeau qui soulignait le départ de la voûte. Ce bandeau très érodé était probablement décoré de feuillages car quelques pierres conservent ce motif sous le départ de l’arc triomphal. Il est important de s’interroger sur la datation de cet arc et sur celle du couvrement de l’abside. En effet, le profil de l’arc est assez surprenant puisqu’il débute par une section rectangulaire à laquelle succède une gorge et un large tore à listel. Le profil de cette arcade, dont le départ pourrait esquisser un arc brisé, se rapproche des formes gothiques. Les vestiges de la voûte n’évoquent pas la forme d’un cul-de-four en hémicycle : il subsiste sur le côté sud quelques assises alternées de pierres de taille jaune et blanche, dont le rayon de courbure s’éloigne d’un plan cintré. Dans ce cas, on peut supposer qu’une voûte d’ogive à cinq quartiers est venue remplacer une voûte en cul-de-four romane, détruite au bas Moyen-Age. Par ailleurs, certains indices laissent à penser que plusieurs arcatures aveugles du chevet ont été modifiées : des pierres de taille de couleur blanche dans les écoinçons viennent probablement sceller une réfection tardive qui reprend la modénature romane.

En dépit du mauvais état de conservation de cette abside qui rend difficile toute interprétation sur son couvrement, on ne peut toutefois exclure la présence d’un arc triomphal brisé marquant le départ d’un cul de four roman ; dans ce cas, on peut restituer une voûte en cul de four sous-tendu de nervures comme à Notre-Dame du Thor29.

Malgré ces réfections qui soulèvent quelques interrogations sur l’aspect originel de l’abside, l’ensemble de la construction ne manque pas de caractère et mérite une mise en valeur exemplaire.


Le chevet pentagonal de l’église est partiellement caché par une maison construite au nord du massif dans la rue Pélisserie (figure 11). Le décor architectonique sur les trois pans est encore visible. De petites arcatures moulurées retombant alternativement sur des consoles décorées et des pilastres cannelés à chapiteaux de feuillage, rythment l’ordonnance extérieure de cette abside (figure 12). Les pierres blanches des arcatures contrastent avec la couleur jaune des chapiteaux, des pilastres et de l’ensemble du chevet en pierres de taille. Les pilastres reposent sur un léger ressaut présent sur tout le contour du chevet. La modénature de ce chevet est en tout point comparable avec celui de Notre-Dame du Thor.

La fenêtre d’axe percée dans le pan central du chevet est couronnée par une voussure moulurée en plein cintre. Malheureusement celle-ci est aujourd’hui obstruée (figure 13).

Les murs gouttereaux ont été partiellement étudiés. Le mur sud a pratiquement disparu sous les badigeons et les démolitions inhérentes à la construction du presbytère. En revanche, le mur nord a fait l’objet de sondages ponctuels à l’intérieur des maisons accolées qui sont vouées au démantèlement.

L’existence de contreforts semble improbable car dans les endroits sondés, susceptibles d’en accueillir, le parement du mur ne présentait aucune trace d’arrachement. La dimension des murs (0,90 m entre deux arcatures aveugles) et l’importance des pilastres permettent de contrebuter une voûte en berceau peu élevée (9,40 m) et de largeur modeste (6,40 m).

Aucune fenêtre latérale n’a pu être observée. Il n’en existait pas dans la première travée – à l’exception peut-être d’un occulus percé dans la façade - ni dans l’embrasure de l’arcature aveugle de la dernière travée. Par conséquent, des fenêtres latérales romanes étaient peut-être aménagées dans le départ de la voûte en berceau de la nef, dans la deuxième et la troisième travée ou dans l’arcature aveugle de la deuxième travée.

Une autre observation relative au mode de construction a pu être effectuée dans les sondages. Ainsi qu’il a été mentionné précédemment, la façade a été élevée avec des blocs de pierre de taille de couleur jaune. Ces mêmes blocs ont été utilisés pour la construction de murs latéraux qui ont conservé des joints beurrés et repris au fer, ceci afin de marquer -avec une certaine irrégularité- les différentes assises. En outre, le module des blocs est différent entre les parties basses et supérieures de l’élévation. Des blocs comparables à ceux de la façade (0,30 x 0,50 m) ont été employés au début de la construction du mur puis ont été remplacés par des assises plus petites (0,15 m).

2.2. Les maisons contiguës

Six parcelles construites sont accolées au sud et au nord de l’église (figure 3). Les bâtiments situés du côté sud ont fait l’objet d’une étude détaillée et de relevés graphiques (parcelles 109 A, B et C et 110). Les constructions situées à l’opposé et qui ne sont pas menacées par le projet de démolition ont été plus rapidement étudiées (parcelles 1480 C et 111). Une autre parcelle qui n’est pas concernée par le projet et qui est toujours occupée, n’a pu être visitée (parcelle 113).

La maison implantée contre les pans méridionaux du chevet n’a pas été étudiée au cours de notre intervention. Ce bâtiment semble avoir été construit au XIXe s. et ne présente aucun intérêt particulier. Il reste possible que les deux pans cachés par cette construction n’aient pas été bûchés. Le décor de pilastre du chevet est peut-être apparent à l’intérieur de la maison ou bien se trouve noyé dans la maçonnerie.

Le corps de bâtiment principal de la cure (parcelle 1480 C) est accolé au sud des deux dernières travées de la nef de l’ancienne église. Le mur sud de la chapelle a probablement été rasé à cette occasion à moins que des chapelles latérales gothiques aient existé avant l’abandon de l’église. Le bâtiment qui existe actuellement a certainement été construit dans la seconde moitié du XIXe s.. Une façade à trois niveaux percée de fenêtres rectangulaires domine le paisible jardin du presbytère. Des chambres et des bureaux occupent les différents étages qui communiquent entre eux par une vaste cage d’escalier située dans la partie ouest de ce corps de bâtiment. Postérieurement, une adjonction a été apportée à l’ouest de cette partie de la cure. Cette maison à trois niveaux (parcelle 111) utilise la cage d’escalier de la parcelle précédente pour la circulation entre les trois étages. C’est une construction que l’on peut attribuer à la fin du XIXe s. selon le style de la façade, visible dans la rue Saint-Sauveur. Cette adjonction a très certainement remplacé une première maison presbytérale qui est mentionnée dans la vente des biens nationaux. Dès lors, on peut considérer que les travaux effectués au XIXe s. sur cette parcelle ont uniquement concerné la façade et ont permis d’ajouter un étage aux volumes préexistants.

La parcelle située au sud de cette adjonction est une simple remise (parcelle 1480 D). Des traces d’ouvertures anciennes (XVIIIe s.) sont cependant visibles près de cette parcelle sur le mur de clôture du jardin de la cure. Il est possible qu’à cet emplacement se trouvait une maison dont il ne subsiste que la partie basse de la façade donnant sur la rue Saint-Sauveur. Cette maison est connue par la vente des biens nationaux : elle appartenait aux Bénédictins de Saint-Martial d’Avignon.

Les maisons situées au nord de l’ancienne église étaient concernées par le projet de démolition. Une première construction se distingue nettement des façades présentes dans la rue Saint-Sauveur. Il s’agit de la maison accolée au nord de la façade de la chapelle (parcelle 110). A l’exception des ouvertures situées au rez-de-chaussée et agrandies au cours du XXe s.., la façade présente dans les deux derniers étages des baies caractéristiques du XVIIIe s. Sur le côté gauche, deux grandes fenêtres éclairent les pièces principales des premier et deuxième étages. Sur le côté droit, deux petites ouvertures donnaient de la lumière à la cage d’escalier (celle du premier étage est actuellement obstruée). Les marches de l’escalier sont droites et directement encastrées dans le mur gouttereau de l’église. Au premier étage, les degrés conservent leur aspect d’origine : ce sont des blocs de calcaire coquiller moulurés sur la face verticale. Dans la cage d’escalier, les joints romans sont visibles sous l’enduit moderne. Des trous d’encastrement de charpente qui pourraient correspondre à une construction plus ancienne (chapelle latérale ?) sont également apparents. Au rez-de-chaussée, le piédroit nord et le linteau d’une porte ont pu être identifiés sous l’enduit du mur est. Cette porte était probablement utilisée lorsque cette maison appartenait au propriétaire jouissant des parcelles situées à l’est (parcelle 109 B et C). Cette habitation a probablement été construite dans l’alignement d’une chapelle latérale présente à l’est et communiquant avec la dernière travée de la nef de l’église. La vente des biens nationaux nous désigne le nom du propriétaire (cn. André) de toutes ces parcelles placées contre le mur gouttereau nord de l’église.

Une seconde maison a fait l’objet de notre attention (parcelle 109). Elle est placée au nord et à l’est de la précédente. Ce plan assez complexe résulte d’un morcellement de parcelles qui, à l’origine, suivaient l’orientation Est-Ouest, définie par la chapelle. La partie principale de cette maison possède une façade sur la rue Saint-Sauveur, rythmée par des fenêtres rectangulaires alignées entre le premier et le deuxième étage. Une large fenêtre au rez-de-chaussée, percée au XXe s., a transformé cette façade. C’est à cet emplacement que se situait la chapelle des Pénitents Blancs (parcelle 109 A et parcelle 108).

L’espace intérieur de cette partie principale se compose de trois pièces séparées par des cloisons dans les deux premiers niveaux. Une chambre et un grenier occupent le troisième niveau.

La communication entre les étages s’effectue par une cage d’escalier de plan carré (parcelle109 B) aménagée sur le côté sud de cette maison, contre le mur de séparation avec la maison voisine (parcelle 110). L’escalier est à deux volées et tourne à droite. Un palier correspond à chaque étage et se termine par un large palier de forme convexe qui déborde largement sur le jour de la cage. Les marches en pierre grise de Barbentane sont moulurées et soutiennent une rampe d’appui constituée de tiges de fer aux décors moulés.

A partir du deuxième étage, un petit escalier en plâtre et en bois permet l’accès à une petite pièce aménagée au-dessus de la cage du grand escalier. Au-dessus de cette pièce un pigeonnier couronne la construction.

La cage d’escalier a été bâtie avec de nombreux matériaux de récupération, comme l’indique des fragments sculptés de pierres de Pernes et un morceau de carreau de pavement médiéval, tous situés sur le parement extérieur des murs. Ces réemplois proviennent peut-être des chapelles latérales de l’église ou du château pontifical qui fut transformé en carrière de pierres dès la seconde moitié du XVIIIe s. Cette cage d’escalier n’est pas accolée au mur gouttereau de l’église. Entre ces deux structures, un petit espace à ciel ouvert permet d’accéder au mur de la nef : on observe une large entaille dans le parement qui s’interrompt près d’une niche couverte en plein cintre et aménagée dans le mur de l’église. Cette niche, d’époque moderne (XVIIe ou XVIIIe s.), témoigne de la présence en ces lieux d’une chapelle latérale qui pouvait communiquer avec l’église par l’arcature gothique présente dans la dernière travée de la nef. Il est à noter, dans la cage d’escalier, la présence d’une porte obstruée qui a été aperçue au fond de la maison voisine (parcelle 110). Au-dessus du linteau de cette porte se trouve une plaque de dédicace en pierre de Pernes ; cette plaque mentionne la fondation d’une chapelle en 1567 et la fin de sa construction puis sa bénédiction en 160030.

Mise en valeur dans la cage d’escalier, cette inscription est peut-être un réemploi provenant des chapelles latérales ou d’un autre site. Cependant, cette plaque est approximativement centrée par rapport au linteau au-dessus duquel elle se trouve et, par conséquent, pouvait orner la partie supérieure de cette ouverture.

A l’est de la cage d’escalier se situent les dépendances de cette maison qui se composent d’un garage au rez-de-chaussée et d’une remise à l’étage. Cet espace est ouvert sur la rue Pélisserie et communique avec la maison par une grande porte aménagée dans la cage d’escalier. Ce garage possède la même largeur que la maison située dans son prolongement occidental. Situé au nord de la dernière travée de la nef, cet espace ne fait malheureusement pas apparaître l’arcature gothique cachée par des parpaings en ciment. Le piédroit ouest a été dégagé par un décroûtage de l’enduit mais ne correspond pas à son côté opposé, dans la nef. On peut considérer que cette arcature se resserrait vers l’intérieur de la chapelle latérale. Un dégagement total de la baie permettrait de vérifier cette hypothèse.

Aucune trace de voûte médiévale n’a été repérée dans cette parcelle et la façade sur la rue Pélisserie présente une ouverture d’époque moderne. Par conséquent, il ne subsiste que peu de vestiges d’une chapelle latérale gothique.

La datation de cette maison est assurée par sa façade rue Saint-Sauveur. Il s’agit d’une construction de la seconde moitié du XIXe s. implantée sur des parcelles anciennes sur lesquelles des vestiges de bâtiments antérieurs (mur de l’église, façade du garage) ont été utilisés.

3 - L'interprétation sur l’évolution du bâti

A partir de l’analyse succincte des bâtiments d’une part et après consultation des sources d’autre part, il est possible de retracer l’évolution du site dans ses grands traits.

L’ancienne église paroissiale de Sorgues était peut-être placée sous le vocable de Sainte-Marie au XIIe s. puis sous celui de Saint-Sauveur à partir du XIIIe ou du XVe s. L’édifice a certainement été construit dans la seconde moitié du XIIe s. Cette datation est retenue grâce à des comparaisons faites avec des édifices tels les églises Saint-Symphorien de Caumont31 (figure 14) et Notre-Dame du Thor (figure 15) situées dans le département de Vaucluse. Le plan de l’édifice est assez simple : une nef unique divisée en trois travées se terminant par une abside en hémicycle qui s’inscrit dans un massif pentagonal. La nef dépourvue de contreforts et couverte d’une voûte en berceau reçoit une tribune dans la première travée.

Un cimetière paroissial se trouvait peut-être au sud de cette église. La présence de sépultures expliquerait que cet espace n’ait pas été urbanisé jusqu’à nos jours32. Des traces d’encastrement de charpentes dans la maison au nord de l’église (parcelle 110) semblent très anciennes : des habitations jouxtaient-elles l’église dès le XIIe s ?

Au bas Moyen-Age l’église est probablement agrandie par l’adjonction de chapelles latérales. L’arcature gothique, visible dans le mur nord de la dernière travée, témoigne de l’existence d’une de ces chapelles (chapelle Saint-Martin ?). Pour cette période, on peut avec précaution restituer un prolongement occidental de cette chapelle latérale nord.

Les dimensions modestes de cette église paroissiale aux XIVe et XVe s. peuvent surprendre car, dans le même temps, la ville accueille un palais pontifical, un hôtel des monnaies et probablement quelques maisons de cardinaux. Dans ces conditions, la population de Pont-de-Sorgues a dû s’accroître de manière importante pendant cette période. En outre, le tracé des remparts du bas Moyen-Age témoigne d’un développement urbain important. Ne faut-il pas suggérer alors une autre église paroissiale à cette époque ? Aucun texte n’apporte de réponse et une réoccupation de l’ancienne église romane semble improbable après son abandon au profit d’un nouveau lieu de culte au XIVe s.

Pour une extension de l’église, il n’est pas exclu que des chapelles latérales aient été adjointes à l’église romane sur son côté sud, aux dépens du cimetière paroissial. Malheureusement, la présence des bâtiments du presbytère interdit toute vérification de cette hypothèse.

Les fragments de pierre de Pernes, un matériau largement utilisé dans la statuaire aux XIVe et XVe s., placés dans les pilastres à ressauts du choeur, peuvent évoquer une décoration gothique dans cette église romane.

Il est possible que des habitations aient été implantées au nord des chapelles latérales et contre le mur gouttereau au nord-ouest de l’église. Seules des fouilles archéologiques pourraient répondre à ces nombreuses questions.

Lors de la vente des biens nationaux, le quartier est déjà très morcelé. La paroisse avait été transférée en 1766 dans la chapelle des Pénitents Blancs qui se situe au nord de l’église, derrière les chapelles latérales. La deuxième travée de la nef abritait, probablement depuis peu, une habitation possédant une cour à l’emplacement de l’ancienne abside romane. L’accès de cette maison s’effectuait dans la rue Pélisserie par une porte percée dans le mur du chevet. La première travée de la nef, transformée en écurie au rez-de-chaussée et en chambre dans la tribune est alors vendue comme bien national.

Les chapelles latérales sur le côté nord de la nef sont à cette époque déjà détachées de l’église et englobées dans une maison appartenant à un propriétaire privé. Au nord de cette maison se trouve la chapelle des Pénitents Blancs qui a servi de paroisse après l’abandon de l’église romane et ce jusqu’à l’achèvement de la nouvelle église. L’entrée de cette chapelle s’effectuait par la rue Pélisserie.

Au sud-ouest de l’ancienne église se situait la maison presbytérale, résidence alors du curé constitutionnel. Au sud de la cure s’élevait une habitation appartenant aux Bénédictins de Saint-Martial d’Avignon. Enfin, un jardin jouxtant le presbytère se trouvait à l’est de ces deux maisons.

Au milieu du XIXe s., le quartier évolue en fonction du morcellement révolutionnaire et des passations de propriétés. L’ancienne église n’est pas modifiée au cours de cette période. Par conséquent, elle nous est parvenue dans son état de la fin du XVIIIe s. L’ancienne chapelle des Pénitents Blanc est divisée en deux parcelles. La partie orientale est rattachée à une maison située au nord, tandis que la partie occidentale est transformée en maison d’habitation. Les propriétaires de cette dernière parcelle, logée dans l’ancienne chapelle des Pénitents, font également l’acquisition de la partie orientale de la maison accolée au nord de l’église. Dans cet espace, une cage d’escalier est édifiée pour desservir les deux étages de cette nouvelle maison. Le reste de la parcelle est aménagé en remise sur deux niveaux. Une habitation indépendante, placée au nord de la première travée de l’église subsiste après ce morcellement.

Au sud de l’église, une maison est édifiée contre le chevet. La reconstruction de la cure a certainement lieu dans la seconde moitié du XIXe s., lorsqu’un corps de bâtiment est implanté au niveau des deux dernières travées de la nef. A cette occasion, le mur gouttereau est en partie détruit et la maison sur deux étages, construite au XVIIIe s. dans la deuxième travée de la nef, est rattachée à la cure. Enfin, à l’emplacement de l’ancienne maison du curé, au sud-ouest de l’église, une extension du nouveau presbytère est réalisée avec un accès sur la rue Saint-Sauveur.

Ces observations sur l’évolution du bâti entre le XIIe et le XIXe s., peuvent évidemment être revues en fonction de nouvelles découvertes dans les archives et à l’occasion de fouilles archéologiques. On peut affirmer cependant que c’est la présence de plusieurs chapelles latérales au sud et au nord de l’église qui reste la question majeure.


Conclusion

Cette courte étude des élévations menée sur l’église Saint-Sixte de Sorgues a apporté au maître d’ouvrage tous les éléments nécessaires pour la réussite d’une réhabilitation du site. Outre l’intérêt architectural de l’édifice, l’étude a démontré qu’une démolition des maisons contiguës au nord était un non-sens, puisqu’elles s’élevaient sur les bases de chapelles latérales de l’église.

L’intérêt scientifique de cette intervention archéologique est d’ajouter un nouvel édifice, jusqu'à présent inexploré, au corpus des églises romanes provençales. Le plan et la décoration architectonique évoquent les églises Notre-Dame du Thor (figure 15) ou Saint-Symphorien de Caumont (figure 14), ce qui permet de dater cette église aux dimensions plus modestes de la seconde moitié du XIIe s. La comparaison avec le Thor pour le décor du choeur et du chevet s’impose. La datation pourrait donc être placée plus précisément vers la dernière décennie du XIIe s. puisque Notre-Dame du Thor est qualifiée d’église neuve en 120233. L’éventualité d’un clocher-tour à l’ouest de la nef laisse à penser que l’exemple de Notre-Dame des Doms a fait école en dehors d’Avignon, dans une ville qui se trouvait largement sous l’influence de la métropole. Pour ce qui concerne la structure du bâtiment, quelques interrogations demeurent, en particulier sur la forme et l’élévation de ce clocher, sur la voûte de l’abside et sur l’absence de contreforts qui a peut-être été la cause de la ruine prématurée de cette église.


L’église romane Saint-Sixte de Sorgues (Vaucluse).
François Guyonnet, Archéologue
Archéologie du Midi Médiéval (avril 2001)
ARTICLE PUBLIÉ AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE L’AUTEUR



 

1 DUPRAT (E.) : Cartulaire du chapitre de Notre-Dame des Doms, Vol. 1, de 1060 à 1263, Avignon, 1932.

2 Il est cependant inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1949.

3 BAILLY (R.) : Dictionnaire des communes du Vaucluse, Barthélémy, Avignon, 1985, p.412

4 Le nom d’Ouvèze donné au cours d’eau qui longe la ville est récent. La Sorgue est un affluent de l’Ouvèze dans laquelle elle se jette à hauteur de Bédarrides, village situé à cinq kilomètres au nord de Sorgues. Après la Révolution, la rivière située en aval de ce confluent, autrefois appelée Sorgue, prit le nom d’Ouvèze puisque celle-ci possédait le plus long tracé.

5 Ce secteur est une voie de passage depuis l’Antiquité. Signalons la présence de la station gallo-romaine de Cypresseta, mal localisée vers le confluent du Rhône (entre le Pontet et Sorgues) et située sur l’itinéraire de Bordeaux à Jérusalem : BAILLY (R.) : Dictionnaire..., op. cit. p. 369.

6 En février 1099, Rostaing, prévôt de l’Eglise d’Avignon, donne aux chanoines de Notre-Dame des Doms le tiers de ses maisons ayant appartenu à son père au Pont-de-Sorgues ainsi que la leyde de ces maisons, le huitième qu’il a acquis de l’évêque de Fréjus. DUPRAT (E.) : Cartulaire du chapitre…, op. cit., p. 17-18

7 GAGNIERE (S.) : Images du passé vauclusien, Avignon, 1973, p. 250.

8 ALIQUOT (H.) : Montfavet, Le Pontet, Sorgues, Avignon. Les palais gothiques aux XIVe et XVe siècles, Le temps retrouvé, Equinoxe, La Garde, 1993, p.75-77.

9 Sur le château pontifical, on peut se référer à un récent travail universitaire : THEIS (V.) : La construction du palais de Pont-de-Sorgues sous Jean XXII, mémoire de maîtrise dactylographié, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, 1997, 205 p.

10 CARRU (D.). : Avignon, rue du Limas et Avignon, rue Carreterie, fouilles de sauvetage, dans Bilan Scientifique de la Direction Régionale des Antiquités Historiques P.A.C.A., 1989 et 1990. HAYEZ (A.-M.). : Les bourgs avignonnais du XIVe s., Bulletin philologique et historique du C.T.H.S., Paris, 1975, p. 77-102.

11 ALIQUOT (H.) : Les palais gothiques... , op. cit. p. 80-81.

12 DUPRAT (E.) : Cartulaire du chapitre..., op. cit. p.112-114 : « Quocirca ego Barangarius, cum voluntate uxoris meae Gisberge, et Figure 15 : Vue du chevet de l’église Notre-Dame du Thor (F. Guyonnet). filiorum meorum, videlicet Rostagni episcopi et Beringaerii, Raymundi, Willelmi, Leodegarii, Rostagni, Bertranni ac consilio predicti Rostagni, Avennicae civitatis episcopi, eiusque canonicorum, dono Deo omnipotenti et sanctis apostolis eius Petro et Paulo Cluniensis cenobii ecclesiam Sancte Trinitatis, que est sita in territorio Avennicensi, in castro quod nominatur Pons Sorgie, cum medietate dicimarum in carne tocius ville, et cum decima parte illius partis quam habeo in mercato, et decima molendini de Balmela, et molere ibidem monachis absque moltura. ».

13 DUPRAT (E.) : Cartulaire du chapitre..., op. cit. p. 24-25 : « et mediatem ecclesie beate Marie de Ponte, et alteram mediatemquam Cluniacenses monachi per simoniam possident, si quandoque recuperare poteritis, abbatiamque Sancti Tirsi cum decimis, premiciis, alodiis, omnibusque ad eas iure pertinentibus. ».

14 DUPRAT (E.) : Cartulaire du chapitre..., op. cit. p. 73 : « Et in ipso loco, medietatem de alio manso, que fuit de Isnardo, nepote Alcherio, cum mediate ecclesie de Santa Maria et cum medietate de decimo de ipsa ecclesia et in ipso territorio de illo Ponte.. ».

15 DUPRAT (E.) : Cartulaire du chapitre..., op. cit. p. 79-80 : « Donant etiam ecclesiam Sancte Marie de Ponte prefato episcopo, ad fidelitatem et servicium, cum decimis et oblationibus et terris. Episcopus tamen debet persolvere canonicis. v. soliudos annuali censu. Post mortem autem suam, sicut decime, ad prepositum revertantur et ad canonicos. ».

16 Vidimus du 6 octobre 1491 d’un accord passé, le 7 des ides de juin 1279, entre Raynaud de Flageno, moine de Cluny, prieur et recteur de l’église Saint-Sauveur et des autres églises de Pont de Sorgues, Pierre Bartalerii, recteur de Saint-Vincent de Gigognan, et Guillaume de Peleti, comme procureur du monastère de Sainte-Catherine d’Avignon, au sujet du partage des dîmes de Sorgues et de Gigognan. Archives Départementales de Vaucluse, Série G5, f°71. Un autre texte retrouvé par M. G. Barruol, fait mention de l’ecclesia Sancti-Salvatoris Pontissorgie en 1475, au sujet d’une taxe synodale du diocèse d’Avignon : CLOUZOT (E.) : Pouillés des provinces d’Aix, d’Arles et d’Embrun, Paris, 1923, p. 191 A.

17 DESVERGNES (L.) : Histoire de Sorgues. Pont-de-Sorgues, résidence des Papes. Rullière, Libeccio, Avignon, Réed. 1978, p. 117.

18 THEIS (V.) : La construction du palais de Pont-de-Sorgues…, op. cit. p. 104.

19 THEIS (V.) : La construction du palais de Pont-de-Sorgues…, op. cit. p. 111.

20 « Provisions » d’une chapellenie perpétuelle sous le titre de Sainte-Croix, en l’église de Pont-de-Sorgues, Archives Départementales de Vaucluse, série G 320, f°79.

21 Requête du procureur fiscal de la cour archiépiscopale d’Avignon, pour conduire aux prisons dudit lieu François de Sarrepuy, de Châteauneuf-Calcernier, et lui faire son procès comme accusé d’hérésie, de fréquentation des Huguenots et d’avoir favorisé ces derniers dans les incendies des châteaux, palais et habitations de Châteauneuf-Calcernier, de Bédarrides, du Pont de Sorgues et autres lieux du Comtat-Venaissin, ce qui lui est accordé par le vicaire général de l’archevéché, le 5 octobre 1563. Archives Départementales, Série G209, f°157.

22 Un procès-verbal de la visite par Paul de Floren, vicaire perpétuel de l’église de Pont de Sorgues rend compte de la ruine de l’édifice. Archives Départementales de Vaucluse, Série G 18 f°671.

23 BAILLY (R.) : Dictionnaire..., op. cit. p. 413.

24 Le 22 Thermidor an IV (9 août 1796): « Une partie de bâtiment appelé la vieille église servant anciennement de paroisse, située dans l’enceinte de la commune de Sorgues, rue Saint-Sauveur confrontant du levant une partie du susdit bâtiment, du midy le cidevant presbytère, du couchant la rue Saint-Sauveur et du nord la maison du cn. Pierre André, consistant la dite partie de bâtiment en une écurie, un escalier par lequel on monte à une chambre, contenant en totalité 13 cannes, 1 pan carré, plus amplement détaillé dans le rapport (...) dont il sera parlé cy après. Vendue pour 657 Francs. ». Archives Départementales de Vaucluse, Série Q, 1Q56 n° 358.

25 Le 18 Thermidor an IV (5 août 1796): « Une maison et une cour servant cy-devant pour l’exploitation de la dixine (?) provennant des cy-devant Bénédictins de Saint-Martial d’Avignon, constituant à un bâtiment à un étage ayant au rez-de-chaussée une cuisine, une liurie (?) et une cour où sont deux cuviers en pierre au dessous d’un hangard, une chambre et un cabinet au premier étage. Ce dit corps de bâtiment situé dans l’enceinte de la commune de Sorgues, rue Saint-Sauveur, confrontant du levant le jardin du cidevant

presbytère, du midi une ruelle, du couchant la rue Saint-Sauveur et du Nord la maison presbytérale. » Vendue à Michel Maleur, cultivateur pour 1296 Francs. Archives Départementales de Vaucluse, Série Q, 1Q56 n° 325.

26 DESVERGNES (L.) : Histoire de Sorgues..., op. cit. p. 125. BAILLY (R.) : Dictionnaire..., op. cit. p. 413.

27 BARRUOL (G.) : L’église Notre-Dame des Doms d’Avignon au XIIe s., dans Congrès Archéologique de France, Avignon, 1963, p. 44-58.

CARRU (D.) : Notre-Dame des Doms au Moyen-Age, Notice sur la représentation de la cathédrale d’Avignon au XIVe s., dans Annuaire de la Société des Amis du Palais des Papes, t. LXXV, 1998, p. 47-54.

28 SAUZE (E.) : L’église Notre-Dame la Principale, dans Etudes Vauclusiennes, 1996, p. 13-21.

29 LEFEVRE-PONTALIS (E.) : L’église Notre-Dame du Thor, dans Congrès Archéologique de France, Avignon, 1909, t. II, p. 275-298.

30 Cette inscription est entourée de feuillages finement ciselés.M. D. LX. VII FONDEE ET. M. DC EDIFIEE ET. BENISTE

31 SIGROS (H.) : L’église Saint-Symphorien de Caumont, dans Congrès Archéologique de France, Avignon, 1963, p. 460-482. MOURARET (J.) : Chapelle Saint-Symphorien à Caumont-sur-Durance (Vaucluse). Une épitaphe inédite, dans Bulletin Archéologique de Provence, 24, 1995, p. 108-114.

32 Des témoignages oraux, qu’il faut retenir avec prudence, rapportent que des sépultures furent mises au jour lors de travaux de voirie sur le flanc sud du presbytère.

33 ROUQUETTE (J.-M.) : Provence Romane, Tome 1, La nuit des temps, Zodiaque, La Pierre-Qui-Vire, 1974, p. 55.

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