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Les noms donnés à Sorgues, aux rues et aux cités depuis 200 ans

Jusqu'au Premier Empire, lorsqu'est dressé le cadastre, Sorgues n'est encore qu'un village. Il ne compte pas 1 500 habitants (1 441 en 1789, d'après Desvergnes, et 1 478 d'après le décompte de Sorgues au temps de la Révolution.).  
Le 31 août 1820 la population est estimée à 1 619 habitants répartis en 400 hommes mariés, 400 femmes mariées, 30 veufs, 67 veuves, 6 militaires aux armées, 9 domestiques, 484 garçons, 495 filles. Faites l'addition, il n'y a pas concordance des chiffres (AD. 1F1). La population va doubler le demi-siècle suivant, puis l'augmentation va se ralentir, pour s'accélérer dans la période récente : 3 300 habitants en 1854 (mais 4 079 en 1856 et 4 006 en 1882, d'après, AD.1F1), 4 248 en 1901, 4 568 en 1921, 5 039 en 1926, 5 465 en 1936. "Situé à proximité d'Avignon et au carrefour de grandes routes, Sorgues est le siège d'un trafic important qui explique l'accroissement rapide et incessant de sa population," constate Léon Canonge, maire, lors du conseil municipal du 30 décembre 1944.


Le nombre de cartes de ravitaillement distribuées est alors de 6 481 et la population continue à croître et atteint 7 879 en 1954, 9 560 en 1961, 10 754 en 1962, 15 000 en 1965, 17 060 en 1982, 17 236 en 1990. Le nombre de maisons s'accroît aussi et passe de 986 en 1921 à 1 417 en 1936.
Entre 1953 et 1957 sont accordés 337 permis de construire. En 1962 la cité Marcel Cachin fournit 152 logements H.L.M, et en 1971 seront construits 443 logements sociaux.
Tous ces chiffres traduisent l'essor de la commune et, parallèlement, de toute l'agglomération. En 1931, sur les 1 102 maisons recensées, 883 sont sises au chef-lieu où l'on trouve 4 370 habitants sur les 5 291 de la commune (notons qu'il y a alors 4 170 français dont 3 415 au chef-lieu et 1 121 étrangers dont 955 au chef-lieu, soit près du quart de sa population). Cet essor va amener à plusieurs reprises à étendre les limites de l'agglomération (délibérations du 22 mars 1960 et du 16 octobre 1967, rectifiées par celle en date du 8 avril 1968). Il impose aussi une série de mesures pour faciliter le travail de l'administration ou celui des PTT. Ainsi, le 30 septembre 1981, décision est prise de passer à la numérotation numérique «compte tenu de l'extension de la ville et de l'éparpillement de l'habitat». De toute façon, l'essor urbain est récent. D'où la prolifération de quartiers nouveaux à côté du noyau ancien.
Dans la Revue d'Informations Municipales de juin 1962, nous trouvons cette note sur le Sorgues primitif «dont les limites se confondent avec ce que l'on appelle actuellement le vieux Sorgues. Bornée à l'est par les remparts (actuellement rue des Remparts), à l'ouest par d'autres remparts (bordant l'actuelle route nationale), l'agglomération avait l'aspect d'un fuseau orienté Nord-Sud. Une rue principale occupe toute la longueur de la ville, dénommée "Grand-rue" puis rue Ducrès, quelques rares rues secondaires : Pélisserie, St Sauveur, Cavalerie, (où les cavaliers du Roi de passage prenaient leurs quartiers)».

 

La gran carrier() (coll. R. Chabert)


Lou Plané (coll. R. Chabert) 2

De plus, comme le constate le Conseil Municipal dans sa revue d'informations municipales (datant sans doute de 1965) : « En 1953, Sorgues, "gros village", n'avait ni école maternelle, ni colonie de vacances, ni collège, ni H.L.M.» Ainsi les rues se sont multipliées en raison de l'augmentation de la population et de l'extension de la ville. Il en a été de même pour les institutions sociales, écoles, foyers de personnes âgées, logements collectifs créés par les municipalités ouvrières. Par exemple, le 26 octobre 1930, on comptait 325 élèves garçons et il fallait construire une 8° et une 9° classe, mais lors de l'année scolaire 1956/1957 on comptait 14 classes de filles avec 540 élèves pour les écoles primaires, 15 de garçons avec 600 élèves, et 5 de maternelle avec 243 enfants. Le 18 décembre 1967, le maire expose..." dans le quartier dit de "Chaffunes" (...) où 256 logements ont été édifiés (...) et où d'autres vont être construits (...) il est prévu la construction d'un groupe scolaire» (20 classes primaires, 6 maternelles). De 1 383 élèves en 1958, on passe à 2 006 en 1961, à 2 386 en 1965, dont 560 au C.E.S. Voltaire, et en tout 74 classes.
En 1970, un nouveau collège voit le jour, le C.E.S. Diderot (18/9/70). Le 18 décembre 1967, le maire expose à l'assemblée que «l'expérience semble avoir démontré que la mixité dans les écoles était efficace pour l'éducation des enfants. Il y aurait lieu d'étendre cette pratique à toutes les écoles primaires de Sorgues». Distinguer désormais l'école de garçons du centre et l'école de filles exige de leur donner des noms. L'une prend le nom de Jean Jaurès, l'autre de Sévigné, (délibération du 12 juillet 1968).
La question des dénominations, qui est évidemment liée au développement de la ville, doit également être envisagée sous l'angle des données politiques. A plusieurs reprises, on va le voir, des rues ont changé de nom essentiellement en fonction des changements à l'échelle nationale qui se répercutent à l'échelle locale. Il nous faut aussi tenir compte de l'orientation des maires qui se sont succédé.
Après des maires républicains, radicaux, Aimé Pètre, socialiste, est maire de mai 1935 à décembre 1940. D'octobre 1947 à avril 1953, la ville a un maire radical, Alfred Ravier. A partir de 1953 et jusqu'en 1989, elle est administrée par des maires communistes ou proches de cette tendance : Albert Meisterhams, Alphonse Gavaudan, Marius Chastel, Fernand Marin. Ce dernier n'est pas seulement maire de Sorgues d'octobre 1965 à mars 1989, mais aussi député de 1956 à 1958, puis de 1967 à 1968 et enfin de 1978 à 1981. Il est aussi dirigeant fédéral du Parti Communiste Français. La cité ouvrière de Sorgues peut ainsi apparaître comme un exemple et une vitrine pour l'ensemble du département. En 1989, Alain Milon, R.P.R., devient maire. Il faut donc distinguer plusieurs périodes.


1 - LE BOURG PROVENÇAL  


Consultons d'abord l'ancien cadastre qui date de Napoléon 1er, avec quelques adjonctions par la suite. La route impériale de Paris à Antibes longe le village. Presque parallèle, et traversant toute l'agglomération, une "Rue grande", traduction dans le français des géomètres et ingénieurs du populaire "La Grand Carriero" employé par les Sorguais.
Dans le centre, autour de l'église, des rues consacrées aux saints : Marc, Roch, Félix, Pierre. Nous rencontrons aussi des rues désignées par l'activité qui s'y exerce, par un monument ou un signe de reconnaissance : les rues "Pélisserie", "du Château", "des Remparts", "du Portail", "des Écoles", "des Halles", "de l'Orme", "de la Sorgue", le "Cours de la sorgue", les "Chemin du Moulin", "des Aires" (les aires étant les endroits où l'on foule le blé pour obtenir le grain : le 8 février 1855, un arrêté municipal défend encore d'abîmer les aires). Nous trouvons une rue du "Caire" (en provençal caïre signifie coin, lieu retiré, pierre angulaire ; voir le dictionnaire de Frédéric Mistral ou le dictionnaire du Dr. Honorat), nous verrons qu'il y a d'autres termes qui, dans la toponymie actuelle, subsistent du provençal. Il y a aussi une rue des Soupirs, une rue Cavalerie, et une rue Petite Cavalerie, une rue du Château d'If - mais pourquoi avant Alexandre Dumas et son Comte de Monte-Cristo - une rue du Ronquet (c'était un moulin à farine que possédait l'arrière grand-père de Raymond Chabert), une rue Durand- Durand étant, nous dit Raymond Chabert, un épicier qui, en 1866, avait fait percer une rue, d'après un acte du 13 mai 1868. Voici une rue de Gentilly : Gentiliacus, devenu Gentilis puis Gentilli, puis Gentilly. De 1356 à la Révolution, les Célestins établiront un couvent dans ce domaine.
Dans la campagne, des chemins des Crémades, des Lautières, de la Montagne, de Vaucroze, de Gigognan, de la Jouve, de Monéry, noms de propriétaires (la famille Monéry est attestée en 1613 d'après Desvergnes), et aussi chemin Traversier, Plan du Milieu, chemin de la Traille et, comme il s'agit là du bac qui permet de passer le Rhône, en partent des chemins de la traille à Carpentras, à Bédan•des, à Sorgues.
Dans la campagne, le château de Brantes construit en 1629, ceux de la Serre, d'Oiselay, de Saint-Hubert, de Fontgaillarde, construits aux XVII° et XVIII siècles. Déjà le cadastre de 1858 nous présente des modifications : une gare a été construite et un chemin y conduit, baptisé d'abord "chemin de la Gare" et devenu par la suite Avenue de Cessac.
A quelles dates certaines de ces rues ont-elles changé de dénomination ? Quand le chemin des Aires est-il devenu rue du Ronquet ? la rue de Gentilly rue des Célestins ? La Traverse de l'église rue Saint Sixte, la rue des Soupirs rue de la Levée ? La rue Saint Félix rue de Sévigné ? La rue de la Sorgue rue du Pontillac (ce qui signifie le petit pont en provençal) ? Pour quelles raisons ces changements de dénomination ? Pour certains, nous discernerons aisément les causes, la nécessité d'honorer des hommes ou de célébrer un nouveau régime politique, les deux facteurs étant parfois liés. Or, pendant toute une période, l'agglomération ne s'accroît guère, la seule solution est donc de débaptiser rues ou places pour leur donner un autre nom. Les événements politiques nationaux vont ainsi se refléter dans la cité, en fonction évidemment de la couleur politique de la municipalité.


2 - AFFIRMATION D'UNE CULTURE RÉPUBLICAINE PUIS OUVRIERE


Ainsi, le 28 juin 1880, après le triomphe des républicains, la place du Portail est rebaptisée place de la République. Sans doute, le Cours de la Sorgue devient le Cours de la République à la même époque.
Nous n'avons pas de documents sur la fin du XIX° siècle. Sans doute devait-il régner un certain désordre car, le 21 novembre 1897, le conseil municipal décidait de créer une commission chargée de faire poser des plaques avec le nom des rues et de s'occuper du numérotage des maisons. Mais les noms des rues ne sont pas laissés à la liberté du Conseil Municipal. Dans la période récente, l'attribution d'un nom est réglementée par le décret du 3 janvier 1924, et c'est en fonction de celui-ci que le préfet prend un arrêté. La rue des Halles, qui date du 12 décembre 1852, est devenue, par décision du conseil municipal du 29 mars 1906, rue Frédéric GONNET qui fut officier de santé à Sorgues. Paul FLORET était né à Sorgues le 26 mars 1847. Son père, maire de Sorgues de 1855 à 1868, sous le Second Empire, avait mis ses propriétés au nom de Thiers afin de permettre à celui-ci d'être candidat. En remerciement, Thiers, devenu chef du pouvoir exécutif, place Paul Floret en 1871 près du Préfet Levert et, le 4 mai 1871, le nomme sous-préfet d'Arles. Sa carrière se poursuit par Aix, Bastia, Vienne. Le 24 mai 1877, Paul Floret est révoqué par le Duc de Broglie, mais comme la tentative de réaction de Mac Mahon échoue et que celui-ci, désavoué par le corps électoral, démissionne de la Présidence de la République, Paul Floret est réintégré le 30 décembre 1877. En 1880, il devient successivement préfet de l'Eure-et-Loir, de la Saône-et-Loire, de la Manche, des Bouches-du-Rhône. Son nom est donné à une portion du chemin des Granges (1) (voir en fin du texte). Le Général LACUEE de CESSAC (1752-1841) a été député du Lot-et-Garonne à la Législative, membre du conseil des Anciens sous le Directoire, membre de l'Institut. Ministre nommé Comte, il a été élu à l'Académie Française et nommé Pair de France. Il avait acheté à Sorgues une propriété et le Château de Brantes.


Jean DUCRÈS, instituteur, né en 1791, décédé en 1885, avait fondé, le 3 avril 1832, la Société Littéraire. Je n'ai pu retrouver les dates auxquelles les rues Floret, Cessac, Ducrès ainsi que la rue Sévigné ont été baptisées. Elles figurent déjà au recensement de 1921.
Achille MAUREAU est né à Sorgues le 22 septembre 1860. Négociant en Avignon, trésorier de la Chambre de Commerce, radical-socialiste, il est élu Conseiller Général de Bédarrides de 1901 à 1921. De 1905 à 1920, il est Sénateur de Vaucluse et, de 1912 à 1921, Président du Conseil Général. Sans doute son nom a été donné par la municipalité Denis Soulier, après sa mort. En tout cas, cette rue figure au recensement de 1931.
Le 20 mai 1928, au conseil municipal, M. Michel, maire, propose en ces termes de donner à une voie nouvelle le nom d'Auguste BEDOIN : «Bedoin a rempli pendant plus de 20 ans les fonctions de maire ou d'adjoint. Parmi les modifications que sa longue administration a values à la commune, je- cite pour mémoire les plus importantes : l'éclairage électrique, l'adduction d'eau potable, l'agrandissement des écoles communales, la réfection des digues de protection de l'Ouvèze. Son père ainsi que son frère avaient également fait partie des précédentes municipalités. C'est donc toute une famille qui a apporté à notre Commune des preuves de dévouement à la chose publique et au pays natal». La proposition est adoptée et approuvée le 26 mai 1928 par le préfet.
Le 20 juin 1935, Aimé Pètre, qui vient d'être élu maire le 19 mai, socialiste, propose que la place de l'hôtel de ville soit désormais dénommée place Jean JAURÈS, le célèbre tribun socialiste assassiné le 31 juillet 1914. Le Conseil Municipal se rallie à l'unanimité à cette proposition et la délibération est approuvée par le préfet le 17 juillet. Le 11 juillet, la rue de la Peyrarde devient la rue Marcel SEMBAT. Né le 19 octobre 1862 et mort le 5 septembre 1922, c'était un dirigeant socialiste. Après avoir fait parti du Comité Révolutionnaire Central d'Edouard Vaillant, il a rejoint le Parti Socialiste Révolutionnaire puis, en 1905, la S.F.I.O.. Il a été député de la Seine entre 1893 et 1922. Il est intervenu pour défendre les syndicats, promouvoir les Beaux-Arts (sa femme était peintre et il a écrit une brochure sur Henri Matisse), réformer la justice. En politique étrangère, il a dénoncé les dépenses militaires, l'expédition de Chine sans que le Parlement ait été consulté, et a pris la défense des Algériens contre les colons. En 1913, il a écrit une brochure : "Faites un roi, sinon faites la  paix", qui a eu un grand retentissement. Le 2 mars 1936, sur proposition de Célestin Veyrun, conseiller municipal communiste, né le 24 mars 1875, dirigeant cheminot lors de la grande grève de 1920 et révoqué à la suite, la place Saint-Pierre prend le nom de Place Henri Barbusse, l'auteur du célèbre livre"Le Feu", publié en 1916, Prix Goncourt 1917, et qui montre la guerre telle qu'elle est. Par la suite, Barbusse va lutter pour la paix et adhérer au Parti Communiste. Artisan de rassemblements antifascistes, il représente l'intellectuel engagé, tout en étant un admirateur de Staline. Il est mort le 30 août 1935 à Moscou et le conseil est unanime pour donner son nom à la place.
Le 19 décembre, l'avenue Gentilly devient Avenue Roger SALENGRO, député-maire de Lille, ministre de l'Intérieur du Front Populaire, socialiste qui, à la suite d'une campagne de diffamation de l'extrême droite, vient de se suicider le 18 novembre 1936. Le préfet approuve le 8 janvier 1937.
Le 28 février 1939, sur proposition de Max Julien (secrétaire adjoint C.G.T. de la Poudrerie et conseiller municipal communiste), l'Avenue du Griffon prend le nom de Paul VAILLANT-COUTURIER, écrivain, fondateur de l'A.R.A.C. (Association Républicaine des Anciens Combattants), puis de l'A.E.A.R. (Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires), député et journaliste communiste, né le 8 janvier 1892 et mort le 10 octobre 1937. Décision prise à l'unanimité du conseil. Approbation du préfet le 10 mars 1939. La rue est inaugurée le 16 juillet suivant, en présence de Gustave Marion, président de l'A.R.A.C. et conseiller municipal communiste.


3 - LE RETOUR DES NOMS LES PLUS FAMILIERS  


On s'achemine vers la guerre. En septembre 1939, le Parti Communiste est dissous. Le gouvernement décide de proscrire tout ce qui peut rappeler la Troisième Internationale Communiste. «Je procède à une instruction dans le département en vue de faire disparaître l'appellation des rues portant le nom des chefs communistes ou rappelant le parti dissous » écrit le préfet dans un rapport de janvier 1940, et il envoie une circulaire demandant qu'«aucune appellation de voies, places ou édifices publics n'évoque plus ni les hommes, ni les faits, ni les idées de la Ille Internationale». Dans une délibération prise le 3 avril 1940, voilà donc Henri Barbusse remplacé par Paul PONS, ancien champion du monde de lutte, né à Sorgues, et Paul VAILLANT-COUTURIER cède la place à LEENHART, maire de la ville du 23 janvier 1881 au 10 décembre 1882.
En 1940, la France subit une défaite. Le régime de Pétain révoque la municipalité et, le 11 décembre 1940, la remplace par une délégation spéciale présidée par M. Loby. Le 25 décembre, les plaques de la rue Roger Salengro disparaissent ! La délégation spéciale, le 1er février 1941, décide de redonner aux rues leur ancien nom, prétextant que «ces voies ne sont connues du public que par leur appellation d'origine qu'il y a intérêt à rétablir». Toute référence à des hommes politiques républicains ou socialistes disparaît. Signe des temps, la Route Nationale 7 devient l'Avenue du Maréchal PETAIN.
Le 15 mars, le maire communique une lettre du préfet, en date du 24 février, félicitant "la Délégation spéciale d'avoir attribué le nom d'Avenue du Maréchal Pétain à la principale artère de la ville, jusqu'ici non dénommée". Le changement d'appellation d'autres rues et places répond aux prescriptions ministérielles rappelées dans la circulaire du 2 novembre 1940, il semble qu'il n'en est pas de même pour la place Paul Pons et l'avenue Leenhardt.

Aussi le conseil municipal «attendu que sans méconnaître les mérites de Paul Pons, natif de Sorgues, qui n'est connu que comme lutteur de music-hall, la place Paul Pons, dont on a changé le nom, n'est connue que sous sa dénomination primitive et bien ancienne (16° siècle) de Place Saint Pierre... que sans méconnaître les qualités de Monsieur Leenhardt... l'avenue Leenhardt, dont on a changé deux fois le nom, n'est connue que sous sa dénomination primitive d'Avenue du Griffon», décide de revenir aux noms anciens.


4 - DES CÉLÉBRITÉS NATIONALES AUX NOMS LOCAUX  


Les voies ne conserveront pas longtemps ces noms. La libération arrive, et Léon Canonge, le nouveau maire nommé le 8 septembre 1944, expose au conseil, «qu'en raison des circonstances actuelles, il serait nécessaire que certaines voies... eussent une autre dénomination que celles qu'elles portent actuellement»
Le 12 novembre 1944, le conseil municipal, considérant que la mesure proposée présente un caractère de nécessité, donne les dénominations suivantes : Place de la Mairie devient Place Jean Jaurès ; Avenue Gentilly, Avenue Roger Salengro ; Avenue Maréchal Pétain, Avenue Charles de Gaulle (de la Poudrerie au Café du Commerce) et Avenue Gabriel Péri (du café du commerce au pont de l'Ouvèze) ; rue des Remparts, rue Henri Barbusse ; Avenue du Cimetière, Avenue Paul Vaillant-Couturier ; rue des Ecoles, rue de la Libération ; Rue de La Peyrarde, rue Marcel Sembat; place Saint Pierre, Place Faïta ; Cours de la République, Rue Victor Hugo ; Rue Ducrès, Rue Guy Mocquet et, du café du Commerce au café de l'Industrie, Rue Pasteur.
On en revient donc aux noms de l'immédiat avant-guerre auxquels s'ajoutent évidemment les héros de la Résistance : le Général de Gaulle qui, à partir du 18 juin 1940, l'a dirigée depuis Londres, Gabriel Péri, député communiste, fusillé par les Allemands le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, Guy Mocquet, fils d'un député communiste, fusillé à 17 ans, à Chateaubriant, le 20 octobre 1941, Vincent Faïta, militant communiste, guillotiné à Nîmes le 22 avril 1943.
Décision prise dans une délibération du 12 novembre 1944, mais le préfet, le 23 novembre 1945, transmet les réserves de la commission départementale des sites. Celle-ci juge inopportun de débaptiser le Cours de la République. C'est donc la route d'Entraigues qui deviendra Avenue Victor Hugo. D'autre part, le Général de Gaulle ne tient pas à ce que son nom soit donné à des voies. Enfin, c'est la Place Saint-Pierre qui redevient Paul Pons et, en conséquence, le nom de Faïta est donné à la Place de la Gare. Le 30 janvier 1946, le conseil municipal prend acte de toutes ces nouvelles dénominations. Mais est-ce désordre ou manque d'argent pour faire apposer les plaques, ces noms ne se sont pas imposés, et un décret du 14 octobre 1955 obligeant les communes de plus de 10.000 habitants à établir la liste alphabétique de leurs rues, on ne retrouve, le 8 juin 1963, dans cette liste, ni Barbusse, ni Faïta, ni Hugo, ni Mocquet, ni Péri, ni Pons, ni Salengro, ni Vaillant-Couturier, ni même Jean Jaurès.
Le 5 juillet 1946, une pétition des habitants de la cité HLM amène le maire Léon Canonge à lui attribuer le nom de Cité Denis SOULIER, maire de 1919 à 1935, qui en fut le fondateur. Le 13 septembre 1957, le maire, M. Chastel, fait baptiser trois cités HLM des noms de Paul PONS, Irène JOLIOT-CURIE (Prix Nobel de physique) et Paul LANGEVIN, physicien (1872-1946) qui a cependant participé à la vie politique, a pris parti en 1898 pour le Capitaine Dreyfus injustement condamné, est devenu pacifiste après la guerre, s'est engagé dans le mouvement d'Amsterdam-Pleyel contre la guerre et le fascisme en 1932 - 1933, a pris part au Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes en 1934, a soutenu le Front Populaire en 1936 ; en 1939 il a été incarcéré comme sympathisant communiste. Il a adhéré au Parti Communiste en 1944 pour remplacer son gendre fusillé par les nazis. Président de la Ligue des Droits de l'Homme, il a dirigé la commission de réforme de l'enseignement avec Wallon et, en 1946, il a été nommé au Commissariat à l'Energie Atomique. A sa mort, il a été transféré, suprême hommage, au Panthéon.
En Mars 1952 le Rugby-Club-Sorguais inaugure le Stade Maurice CHEVALIER, ancien minotier, qui avait fait partie du Club (Provençal du 10.03.1952). Le 28 juillet 1976, le Conseil Municipal décide l'acquisition de ce stade et en conserve le nom.
Le 31 mars 1962, à la suite d'une pétition, le maire, le Dr.Gavaudan, fait donner au Chemin de la Ferraille le nom de Rue Saint HUBERT. En février 1964, la Rue du Château d'If est renommée Rue des Palmiers. Une nouvelle Avenue va porter le nom de Georges BRAQUE (2) qui a résidé à Sorgues entre 1912 et 1916 (une délibération du 27 septembre 1989 lui accorde une rue!). Enfin la Place Saint Pierre est rebaptisée Place Julian GRIMAU «en souvenir du grand Républicain Espagnol torturé et fusillé par Franco» (compte-rendu dans la Marseillaise du 20 février 1964). Le Parc Gérard PHILIPE a été baptisé dans la même période puisqu'on le mentionne en 1965. En 1969, l'école dite Rassis est baptisée Gérard Philipe (Dauphiné du 28 octobre 1969). En avril 1966, sont inaugurés le stade Raymond PLAN (1915-1964), le clos Charles APPLANAT, boulodrome qui prend le nom du président de la Boule Sorguaise (journaux du 25.04.1966) et le chalet : Julien MILAN.
La Marseillaise mentionne le Stade NOZERAND et le Terrain BONNAUD, le 13 septembre 1969. Fernand Marin avait en effet déclaré à Francis Bonnaud que le boulodrome serait baptisé de son nom s'il faisait don du terrain à la commune.
En 1970, décision est prise de créer un Centre Social et de lui donner le nom de Docteur GAVAUDAN, maire d'avril 1959 à septembre 1965, (Provençal du 19.10.1970), centre inauguré en 1981 (Provençal du 26. 05.1981). Il comprend une crèche pour 40 enfants et une garderie pour 20. En mai 1972, c'est l'inauguration du stade Jean REYNAUD (Méridional du 13.05.1972). En 1974 est inauguré le gymnase Pierre de COUBERTIN rénovateur des Jeux Olympiques (Provençal du 16.12.1974).
Le 22 février 1972, le nom de Gaston Auguste MICHEL (1859-1943), ancien maire du 17 mai 1925 au 19 mai 1929, est donné à une rue. Le 26 juillet 1973, une grande avenue, partie jusque là de la Route de Vedène, se voit attribuer le nom de Pablo PICASSO (3)(1881-1973). «Ce peintre de talent, déclare le maire, a vécu quelque temps à Sorgues, dans la villa Les Clochettes, sise ruelle des Écoles, où Georges Braque est venu le rejoindre et où ils ont ensemble inventé le cubisme synthétique et fait des collages (1912-1914). Sa composition Les Demoiselles d'Avignon (1907) Musée d'Art Moderne de New-York est considérée comme la pierre angulaire du cubisme..». La délibération est approuvée par le préfet le 7 septembre.
Emporté par son élan, le conseil municipal consacre la gloire d'autres peintres illustres au nouveau Quartier de Chaffunes : Henri MATISSE, Fernand LEGER, Marc CHAGALL. En septembre 1973, un coup d'état militaire renverse le gouvernement légal du Chili. L'émotion est grande en France où le Chili de l'Unité Populaire pouvait apparaître comme la possibilité d'un passage pacifique au socialisme grâce à l'action électorale. Le 18 février 1974, le maire propose que le nom de Salvador ALLENDE soit donné à une voie. Il rappelle que «cet homme d'état, Président de la République du Chili a été exécuté par une junte militaire qui a pris le pouvoir». Il salue «la mémoire de Salvador Allende, mort au combat pour la justice et la liberté des hommes. En reconnaissance de son action au service de l'humanité», il souhaite «qu'une rue ou un boulevard de Sorgues porte son nom». Puis une impassse prend le nom de Jean Moulin. Cependant les noms donnés n'ont pas tous des résonances politiques. Voici que naît le 27 juin 1974 une cité dénommée les Romarins. Le 19 octobre 1974, le Dauphiné rapporte que le lotissement des Herbages 2 s'appellera désormais Le Mistral, celui des Chênes Verts, les Garrigues.
Les notables locaux ne sont pas oubliés. Le 14 octobre 1975, le maire propose qu'une voie prenne le nom de Roger RICCA, « maire adjoint de 1965 à 1975, en reconnaissance des services rendus à la ville ». Vote acquis à l'unanimité. Le 1°décembre, pour les mêmes raisons, ce sera le tour de Joseph CHABERT, maire-adjoint dans les municipalités Gavaudan et Marin, et qui est mort le 19 mai précédent. (Il portait mêmes nom et prénom qu'un ancien maire mort en 1878). C'était un ancien employé de la S.N.C.F, syndicaliste, mutualiste, trésorier de la pharmacie mutualiste de Bouches-du-Rhône, en outre sportif, titulaire des médailles d'argent du travail, de l'Education Physique et de la Mutualité Sociale. Il avait été élu à une élection complémentaire le 25 avril 1954 (Dauphiné Libéré du 08.07.1954).
En revanche, la rue ALTHEN a été déclassée, le 28 avril 1972, en devenant propriété privée, et le nom de cet Arménien qui introduisit la culture de la garance dans notre région disparaît. Le 28 juillet 1976, l'Impasse du RONQUET devient Rue de la Fontaine.
Le 22 juin 1979, « afin de commémorer la fin des hostilités de la guerre d'Algérie et ce en mémoire des disparus et des combattants sorguais», une portion de la rue de l'Hôtel de Ville prend le nom de Rue du 19 Mars 1962. Il peut paraître étonnant qu'il ait fallu attendre 17 ans pour cela alors que trois Sorguais sont tombés en Algérie . ( Bachelard . Milan . Oligeri ). C'est que Sorgues a reçu, à partir des années soixante, de nombreux rapatriés à qui le préfet a attribué des logements H.L.M. La municipalité ne tenait pas à soulever une vague de protestations parmi eux, et c'est lorsque l'apaisement a eu lieu et sur la demande de la F.N.A.C.A. (Fédération Nationale des Anciens Combattants d'Algérie) que ce nom a été donné à une voie.
Le 19 décembre 1980, pour de nouvelles voies dans le quartier des Chaffunes,on en revient à des noms d'artistes : Jean COCTEAU, écrivain ; Louis DAQUIN, cinéaste, à qui l'on doit en particulier Le Point du jour, Les frères Bouquinquant, Bel Ami ; Jean LURCAT ,l'un des rénovateurs de la tapisserie française (01.07.1892 - 06.01.1966). L'Escolo Félibrenco demande que la Rue DUCRES porte en sous-titre "anciennement la Gran Carriero" (4) et qu'une placette ex-rue Saint Sauveur soit renommée Lou Planet : satisfaction lui est donnée le 17 décembre 1981.
Le 23 juin 1983, dans le quartier des Herbages, une voie nouvelle reçoit le nom d'Avenue du Général de Gaulle, à l'unanimité, et le préfet donne son accord le 21 juillet. Le 7 décembre 1983, une voie est baptisée Louis METRAT en souvenir d'un Bourguignon amoureux du Rugby-Club Sorguais.
Pour le 12° anniversaire du jumelage avec la ville de Wettenberg, son nom est donné à la Place de la Gare le 27 mars 1984 (mais on a oublié qu'on l'avait dénommée Faïta quarante ans avant),et une placette, créée au centre, reçoit le nom de Jean Moulin, l'un des organisateurs de la Résistance. Le préfet ratifie le 3 avril.
Le 23 mars 1987, sur demande des riverains, une voie nouvelle devient Rue des Cèdres. Le 25 juin 1987, dans le lotissement des Bécassières, une rue prend le nom de Georges BIZET et, le 3 novembre, à la demande des vignerons des Côtes du Rhône, un chemin est dénommé Baron LEROY de BOISEAUMARIE. Le 27 juin 1988, sur proposition du syndicat de la zone industrielle, des noms de savants sont donnés aux rues de cette zone, mêlant dans un hommage à la science savants français, allemands, polonais, italiens et américains : Denis PAPIN, inventeur de la machine à vapeur, Léonard de VINCI, peintre mais aussi ingénieur, GUTENBERG, inventeur de l'imprimerie, Bernard PALISSY, céramiste, Nicolas COPERNIC qui révolutionna la conception du monde en démontrant que la terre tourne autour du soleil, Blaise PASCAL, mathématicien, LAVOISIER créateur de la chimie, Thomas EDISON, inventeur du télégraphe, Pierre et Marie CURIE qui ont découvert la radioactivité, GAY-LUSSAC, illustre chimiste, Louis et Auguste LUMIERE qui sont à l'origine du cinéma.
Le Général Paul ARNAULT, né en 1911, qui a combattu à Narvik et a rallié le Général de Gaulle dès le 19 juin 1940 puis a combattu à Bir-Hakeim, en Erythrée, Tunisie, Italie, Birmanie et au Vietnam, Compagnon de la Libération, commandant le 13° Régiment de la Légion, mort le 09.11.1988, avait une propriété qui devient le Lotissement Camerone. Ce nom exalte le courage des légionnaires et l'anniversaire de ce fait d'armes est fêté chaque année : lors de la désastreuse expédition du Mexique, 64 légionnaires résistèrent pendant 9 heures, le 30 avril 1863, à deux mille Mexicains luttant pour leur indépendance.
La nouvelle municipalité d'Alain MILON décide de donner, le 4 septembre 1990, sur une suggestion des habitants, le nom de ce Général à une rue car il a été non seulement résistant mais Président de l'Association Paroissiale de Sorgues, membre du Lion's Club, de l'Académie de Vaucluse, des Pénitents Gris. L'inauguration a lieu en présence de nombreux officiers, de résistants, de Gaullistes (voir Marseillaise du 4.9.1990).
Le 30 mai 1990, toute une série de voies reçoivent leur dénomination. C'est d'abord le bas de la Place de la Mairie qui se voit attribuer le nom de Charles de GAULLE. Quelques jours plus tard, en effet, doit être commémoré le cinquantième anniversaire de l'appel de 18 juin 1940.
Des voies nouvelles sont dénommées Impasses de VAUCROZE, de l'ESTEREL, des Maraîchers, du Four à Chaux, du Jardin, du Château, de Garance, de Guerre (elle conduit au Domaine de Guerre), Alphonse DAUDET, Chemin FLORI.
Dans le lotissement ERO, artisanal et industriel,des rues des Arts, des Métiers, des Cadreurs, des Tanneurs, de la Verrerie, de la Fonderie. Une rue Jules LADOUMEGUE conduit vers le stade. Jules Ladoumègue (1906 - 1973) avait été second aux Jeux Olympiques d'Amsterdam en 1928 lors de la course du 1000 mètres. Entre 1930 et 1931, il avait remporté 6 records du monde, tous les records du 1000 au 2000 m, courant le 1000 en 2 minutes 23 secondes 6/10, le 1600 en 3 minutes 49 secondes 2/10, le mile en 4 minutes 3 secondes 2/10, grâce à une foulée longue et souple. Mais, accusé de professionnalisme, il avait été disqualifié en 1932. Décerner son nom à une rue paraît réparer une injustice. (voir Encyclopédie des Sports.Larousse 1961 en 10 volumes).
Le 24 juin 1990, Alain Milon, maire, inaugure la Place Charles de Gaulle (bas de la place de la mairie) et la Place Louis de BRANTES.. celui-ci avait cédé des maisons à la municipalité le 7 mai 1962. Comme il était l'oncle de M. Giscard d'Estaing, on invite l'ancien Président de la République, revenu spécialement d'Irlande pour l'occasion. Ce même jour a lieu l'inauguration de l'école Frédéri MISTRAL, hommage rendu au grand poète provençal et satisfaction donnée par la graphie aux Provençaux. 

Notons que pour continuer dans la confusion, la Place Louis de Brantes, inhabitée, n'est reliée ni avec le chemin, ni avec l'allée, ni avec le château de Brantes, et que la Place Charles de Gaulle est à plusieurs centaines de mètres du Boulevard du même nom.
La question des noms se pose un peu différemment pour les écoles. On trouve l'école Jean Jaurès, sans doute à côté de la place du même nom. Le collège VOLTAIRE est inauguré en septembre 1963 en présence du sénateur Jean Geoffroy et de Georges Marrane, sénateur communiste de la Seine. Le Docteur Gavaudan, maire de Sorgues explique ainsi le nom donné : « Ce nom est celui d'un écrivain polyvalent qui a fait preuve de son talent dans la philosophie,le roman, le théâtre, la sociologie. N'a-t-il pas toujours combattu le sectarisme, les préjugés ?.... » (Provençal et Dauphiné du 23.09.1963).
En janvier 1971, quand le deuxième collège, le C.E.S. Diderot, sera inauguré, le préfet déclarera: « Vous avez choisi des noms de philosophes qui sont d'ailleurs prestigieux » (Marseillaise du 11.01.1971).
Le 28 janvier 1967, l'école maternelle a été dénommée Gérard Philipe, grand acteur populaire, homme de coeur, engagé, juvénile, qui a joué un rôle important dans le Festival d'Avignon, ville toute proche. En 1971, c'est tout un groupe scolaire qui portera son nom.
En décembre 1978, dans le quartier des Chaffunes, est donné à l'école le nom d'Elsa TRIOLET, écrivain et Prix Goncourt 1945.
Le 28 juin 1983, l'école de musique reçoit le nom de Marius IMBERT, « s'étant consacré dès sa jeunesse avec un dévouement exemplaire à la cause de la musique».
Le 27 septembre 1983, la décision est prise de donner un local à une bibliothèque municipale qui va recevoir le nom de Jean TORTEL(5), poète qui a résidé plusieurs années à Sorgues dans son enfance.
Le Centre de Retraite a été appelé Aimé Pètre, maire de notre ville du 19 mai 1935 au 11 novembre 1940, Conseiller général du canton de Bédarrides, Conseiller municipal à Sorgues de 1947 à 1953.
Quant à l'école confessionnelle, elle porte le nom de Marie RIVIER, fondatrice de la Congrégation de la Présentation de Marie, de Bourg Saint-Andéol, aujourd'hui passée sous la direction de civils, son Directeur actuel est Monsieur Bernard Bonnefoy.
Ce long exposé chronologique permet de constater l'existence actuelle de plusieurs strates dans la nomenclature des rues de Sorgues. Des noms anciens ont subsisté, noms de saints, de lieux-dits, d'anciennes familles, de monuments d'autrefois (remparts, château, orme, griffon, coquille, Louis XV, traille) avec parmi eux quelques survivances de langue provençale (Le Caire, Pontillac, les Avaux), et d'autres remis récemment à l'honneur : la Gran Carriero, lou Planet.
Quelques rues ont hérité du nom d'anciens propriétaires : Louis De Brantes, familles Générat-Arnault. Les dates sont rares : 11 Novembre 1918, 8 Mai 1945, 19 Mars 1962, la fin des trois guerres qui ont marqué l'histoire récente de la France et ont signifié la fin du cauchemar pour de nombreuses familles. Ces rues, notons-le, se situent dans le centre ville.

Les célébrités ont été fort honorées, qu'elles soient nées à Sorgues ou y aient séjourné : Paul Pons, Cessac, Paul Floret, Pablo Picasso, Ducrès, Georges Braque, Pierre Reverdy, Jean Tortel, Général Arnault et Louis Métrat. Se rattachaient à ce groupe les hommes politiques locaux, maires tels que : Auguste Bédoin, Denis Soulier, Alfred Ravier, Marius Chastel, Générat, Gaston Auguste Michel, mais il n'y en a que 6 sur les 38 maires qui ont dirigé la ville. Adjoints: Roger Ricca, Joseph Chabert, Conseillers généraux : Achille Maureau, Aimé Pètre.
Parfois l'honneur est allé à des hommes politiques nationaux, et même, dans de rares cas, à des étrangers : Marcel Sembat, Jean Jaurès datent de la municipalité socialiste, Marcel Cachin, Ambroise Croizat remontent aux municipalités communistes. Seul étranger subsistant, Salvador Allende, le Président Chilien, mort en septembre 1973 en résistant au coup d'état militaire.

André SIMON
Professeur honoraire Docteur ès lettres

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Sources

- Délibérations du Conseil Municipal de Sorgues. - Archives Départementales du Vaucluse 3W16 - 1M692, IM891, 3W10, 6M230, 1F1.- Revues d'Informations Municipales.


- Revues Etudes Sorguaises n°2 et n°3.- Bailly: Dictionnaire des Communes du Vaucluse. - Desvergnes: Histoire de Sorgues.- Sorgues au temps de la Révolution. Etudes Sorguaises.

Je suis redevable d'une partie de la documentation à Pascal DUJARDIN. Je remercie aussi M.Diebold, responsable de la voirie pour avoir facilité mes recherches, ainsi que les employés de la Mairie, et Monsieur R. CHABERT qui connaît admirablement le passé de Sorgues.


Nota : (1) . voir Etudes Sorguaises n°6: pages 14 et suivantes. (2.3). voir Etudes Sorguaises n°2: pages 7 et suivantes. (4) désigne en Provençal : la Rue Principale. (5) . voir Etudes Sorguaises n°2: page 33.

Extrait de la 7ème édition des Etudes Sorguaises
"Des figures et une histoire derrière le nom de nos rues" 1994

 

 

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