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Chroniques des saisons de disette à Sorgues, 1940-1945

CHRONIQUES DES SAISONS DE DISETTE SORGUES, 1940-1945
par Raymond CHABERT


Lors de son entrée en guerre, la France n'adopta pas le système de rationnement parce que les textes existaient depuis le 11 juillet 1938 : le gouvernement Daladier les avait votés. Ce n'est qu'en mars 1940, après un hiver rigoureux, que ces dispositions légales furent mises en pratique.

Le 11 juillet 1940, Philippe Pétain, par cette formule régalienne « Nous, Maréchal de France, Chef de l'État français.. », le mot République disparu, devenait maître de la nation. Elle se trouvait devant une situation économique catastrophique du fait des pillages des vainqueurs et de la division du territoire national en différentes zones.

 

Le 13 août 1940, Pétain annonçait que l'une de ses tâches prioritaires serait « ... que tous, pauvres et riches, aient leur juste part des ressources de la nation... » ; le ravitaillement présentait une dimension politique, c'était un des axes de la Révolution nationale. Également, ces restrictions étaient dans l'esprit des nouveaux maîtres une sorte de rachat nécessaire à la société pour faire pardonner ses errements passés. Le 8 juillet, Laval, anticipant, éclairait brutalement cette idée directrice : « Puisque la démocratie parlementaire a voulu engager le combat contre le nazisme et le fascisme et qu'elle a perdu ce combat, elle doit disparaître. Un régime nouveau, audacieux, autoritaire, social, national doit lui être substitué ». (1)

L'une des mesures urgentes du récent pouvoir fut la mise en place d'une démarche d'approvisionnement permettant de pourvoir les marchés. Elles étaient accompagnées d'un système destiné à la répartition rationnelle et égalitaire de l'ensemble des denrées alimentaires disponibles. Dans son action, « le gouvernement bénéficiait du complet appui des autorités occupantes, lesquelles avaient consenti à assouplir certaines clauses de la Convention d'armistice... » (2) . D'ailleurs, le 20 septembre, une communication officielle de Vichy montrait l'harmonie régnant avec les nazis : il y était formellement précisé que « les troupes d'occupations allemandes se sont engagées à ne prélever en zone occupée que leurs besoins en céréales pour la fabrication du pain et une partie de la viande nécessaire, alors que leur ravitaillement en corps gras, sucre et pommes de terre sera assuré exclusivement à partir de la date de mise en vigueur du rationnement par des envois d'Allemagne. Il y a lieu d'ajouter d'autre part que les prisonniers de guerre français qui se trouvent actuellement en Allemagne sont nourris au moyen d'approvisionnements provenant de la récolte et des stocks allemands ... » (3)

Installation de la délégation spéciale à Sorgues

Le 11 décembre 1940, le conseil municipal régulièrement élu fut suspendu par décret de Pétain. À la suite, un autre organisme s'installa : la délégation spéciale composée de cinq membres, dont trois étaient d'un conservatisme primaire et d'un antisémitisme virulent, Marius Loby, président, Joseph Gleize, adjoint, adhérent de l'amicale de France, officine antimaçonnique et antisémite, groupuscule où l'injure « youtres » (4) était le terme favori pour désigner des juifs, et le docteur Bonnefoy entré dans la Waffen SS (5), les deux suivants préposés à la fonction eurent vite compris où se trouvait leur honneur.

Hommage à Pétain

Au cours de la réunion de la délégation spéciale du 15 mars 1941, le président invita ses collègues à écouter une allocution dont il était l'auteur. « ... Vous m' approuverez certainement d'apporter dans l'administration de la commune la justice la plus stricte envers tous, sans me laisser influencer dans mes décisions par des préjugés, des sentiments de rancune ou d'inimitié personnelle qui, toujours, m'ont été complètement étrangers, de négliger tous vils racontars presque toujours stupides, mais quelquefois venimeux, qui se murmurent de bouche à oreille et qui sont indignes d'une population intelligente et policée.. » Il continuait : « ... Nous devons donner à tous nos concitoyens l'exemple du devoir, l'exemple même du sacrifice. Comment pourrions-nous hésiter à nous engager dans cette voie du devoir et du sacrifice, quand elle nous est montrée par un noble vieillard, le plus illustre des enfants de la France, le saint de la Patrie, monsieur le Maréchal Pétain, à qui je vous propose d'adresser l'hommage de nos sentiments respectueux, en l'assurant de notre plus complet dévouement... ».
En vertu de la loi nouvellement décrétée du 17 juillet 1940 sur l'exclusion des juifs de la fonction publique, complétée par celle du 30 août qui permettait la mise à la porte des fonctionnaires sans aucune justification, le 15 mars 1941, quatre employés municipaux furent renvoyés. Il s'agissait d'Ulysse Huchet, fossoyeur, de Baptistin Mouriès, concierge à l'abattoir, d'Eugène Raffin, crieur public et afficheur, et de Claude Pons cantonnier. Ils furent suivis, le 28 mars, par Léon Michel, préposé au pesage public. (6) C'était une élimination brutale d'individus politiquement indésirable, Baptistin Mouriès reprit son activité de gardien au premier jour de la Libération.

La vie quotidienne

La vie quotidienne était rendue très difficile : de l'abondance alimentaire, la population passa en trois mois à une situation de disette, voire de quasi-famine (7). Le souci d'une grande partie des Sorguais devint « quelque chose à manger ». La municipalité créa des soupes populaires, elle versait 400 rations journalières. (8)» Pour augmenter la détresse de beaucoup, l'hiver de 1940-41 qui sévissait fut un des plus dramatiques de ce siècle. Il resta dans les mémoires : les fortes gelées, accompagnées de chutes de neige, s'étendirent du 24 décembre aux premiers jours de janvier 1941. La température s'abaissa à moins huit degrés, et cela recommença au mois de février. À compter du 18 septembre 1940, les cartes d'alimentation furent distribuées à la population. Les nourritures disparaissaient des étalages, il n'était plus question que de rutabagas et de topinambours. Ces légumes faisaient leur apparition sur les marchés. Il faut savoir qu'ils étaient détestés par l'armée allemande qui les avait largement consommés pendant la Première Guerre mondiale par suite du blocus. Donc ils n'étaient pas réquisitionnés au profit des pommes de terre. Les gens perdaient leur bonne grâce et commençaient à surnommer les soldats d'occupation des « doryphores » (9). Le 11 avril 1941, le journal collaborationniste « Aujourd'hui » dirigé par « l'hitlérophile » Georges Suarez (10) chassa de son poste de rédacteur en chef Robert Percier pour avoir laissé passer par distraction un article préconisant « l'extermination des doryphores » (11).

Le couvre-feu

À vingt et une heures, il était interdit de sortir. C'était le couvre-feu. Sorgues était plongé dans le noir. Les fenêtres sans aucun volet devaient être occultées par une peinture bleue ; pour les autres, les contrevents étaient obligatoirement clos. Les déplacements d'un village à l'autre ne pouvaient se faire dépourvus de papier d'identité. Le risque d'être arrêté, sans ménagement par les GMR (12) ou une brigade d'Allemands, était grand, et d'être accompagné sous la menace d'une arme au poste de police voisin. Après novembre mil neuf cent quarante-deux, avec l'entrée des Allemands en zone dite libre, on vit circuler dans Sorgues une police supplémentaire en la personne du commandant Simon, officier allemand en garnison au Pontet. Il circulait sur un Bide-car, le fusil mitrailleur en bandoulière, chargé par l'autorité occupante de la bonne tenue des militaires, sans oublier qu'il surveillait les Français. (13)

La catégorie de chacun

Le 23 septembre 1940, le principe du rationnement généralisé entra en vigueur avec l'institution des cartes d'alimentation dans toute la France. La population, à l'exception des militaires, fut, à l'origine, partagée en sept catégories, dont chacune correspondait à une carte spécifique. Ainsi

- Catégorie E, enfants des deux sexes âgés de moins de trois ans,

- Catégorie J1 : enfants des deux sexes âgés de 3 à 6 ans révolus,

- Catégorie J2 : enfants des deux sexes âgés de 6 à 12 ans,

- Catégorie A : consommateurs de 12 à 70 ans ne se livrant pas à des travaux pénibles

- Catégorie T : consommateurs de 14 à 70 ans se livrant à des travaux pénibles nécessitant une grande dépense de force musculaire. Un arrêté du 11 décembre 1940 fixa les travaux, professions, emplois et situations spéciales dont les consommateurs pouvaient se prévaloir pour être classés en catégorie T. • Catégorie C : consommateurs de 12 ans et aussi sans limites d'âge, se livrant personnellement aux travaux agricoles

- Catégorie V : consommateurs de plus de 70 ans dont les occupations ne peuvent autoriser un classement en catégorie C.

Selon les catégories ci-dessus, les rations journalières oscillaient entre 100 et 350 grammes par jour pour le pain, de 180 grammes par semaine pour la viande, de 500 grammes de sucre par mois. Le lait était réservé aux catégories E, J, et V. Le vin était réservé à la catégorie T, etc. Plus tard, plusieurs changements interviendront dont la catégorie J3, pour les jeunes de 13 à 21 ans et les femmes enceintes. (14) Les J3 avaient droit à des choses délectables, et extraordinaires comme, par exemple, des tablettes de chocolat au sucre de saccharine (15).

Le 5 mars 1941, avec la délivrance des cartes d'alimentation, la commune créa un service administratif complémentaire pour permettre de fonctionner. Cela entraîna l'emploi d'auxiliaires, à titre temporaire, de Marie-Thérèse Fouquet, des frères Pesavento Gabriel et Roger, expulsés alsaciens, et de Madeleine Frasson.

Notre pain quotidien (16)

Nos concitoyens, dont une grande partie était composée d'ouvriers extérieurs aux travaux agricoles, se plaignaient amèrement de ne pouvoir se procurer les fruits et légumes indispensables à la consommation quotidienne de leur ménage. Par eux, l'épithète « introuvable » était fréquemment employée. Leur mécontentement sembla être entendu : le 18 juillet 1941, la « délégation spéciale », pour faire face, tenta de créer, place de la République, un marché simple et journalier qui se tiendrait de 7 heures à 9 heures, sauf le dimanche. Il serait exclusivement destiné à l'approvisionnement des Sorguais. Ces dispositions étaient conformes à un arrêté préfectoral qui interdisait d'effectuer directement des achats et des transactions de légumes à la propriété. De plus, il existait un lieu de vente dominical. (17)

Le 22 avril 1942 vit la création d'une commission municipale de contrôle et de répartition des denrées alimentaires, sous la houlette de Joseph Gleize, président de la Légion des Combattants. (18)

Chaque mois, les consommateurs défilaient à la mairie pour retirer leurs feuilles de tickets de rationnement, pour le pain, la viande, le sucre, le lait, le fromage, les matières grasses diverses (beurre, huile, margarine, saindoux).Le café, le chocolat furent strictement rationnés ; plus tard, ce fut au tour des pommes de terre, suivies par le lait, le vin et les légumes secs.

Au mois de mai 1941, les rations pour adultes étaient les suivantes :
- Pain : 240 grammes par jour ;

- Viande : 250 grammes par semaine ;

- Fromage : 75 grammes par semaine ;

- Sucre : 500 grammes par mois ;

- Le consommateur adulte recevait aussi : 200 grammes de riz et 250 grammes de pâtes alimentaires par mois et un litre de vin. En outre, il touchait deux paquets de cigarettes, ou un paquet de tabac tous les dix jours.


Dès le départ, la répartition faite aux consommateurs fut faussée, car toutes les décisions en matière de rationnement s'accomplissaient sous le contrôle de l'occupant (19). Sur le marché en gros des légumes d'Avignon, les Allemands retenaient tout ce qui leur convenait avant que les expéditeurs et les revendeurs de la région fussent autorisés à effectuer leurs achats (20).

Le docteur Reinhardt (21), responsable de la section agricole de l'administration allemande, prit garde à ce que les rations françaises soient abaissées en dessous du seuil de celles pratiquées en Allemagne. Dans ces conditions, le niveau des portions officielles fut dès leur instauration anormalement bas. Beaucoup de gens maigrirent de cinq, dix, vingt (22) et même trente-deux kilos (23).

Pour certaines denrées, on était à peu près certain d'obtenir les rations qui correspondaient aux tickets : c'était, par exemple, le cas du pain, du sucre ou du raisiné. Le café, sa distribution était incertaine : la majorité de nos concitoyens le réalisait avec de l'orge grillée ou des pois chiches torréfiés, parfois avec même des glands. Certains avaient la bonne fortune d'y ajouter une pincée de vraie chicorée, avec un morceau de sucre pour les enfants et un comprimé de saccharine pour les parents. Malheureusement, cette substance était souvent absente. (24) Le sucre était du sucre de raisin, c'était du moût concentré ou raisiné.

Les boucheries étaient ouvertes le samedi et le dimanche, le lundi et le mardi les charcuteries. Les bouchers — charcutiers ne devaient vendre que les denrées autorisées ces jours-là, mais souvent l'approvisionnement se trouvait simplifié, car il n'y avait aucun arrivage au jour dit. Les infractions relevées par la gendarmerie ou la police municipale des manquements à la réglementation étaient sévèrement punies, le contrevenant était considéré comme un délinquant. (25) Pour obtenir la ration légalement prévue, la ménagère devait patienter dans une longue file d'attente devant l'étal du commerçant (26). Il arrivait que deux, trois semaines s'écoulent sans qu'on procède à une distribution.

Le client ne pouvait pas s'adresser à plusieurs commerçants dans l'espoir que l'un d'eux serait mieux pourvu que les autres. Chaque consommateur était obligatoirement tenu de s'inscrire chez un épicier, un laitier, un boucher, un boulanger, seul habilité à lui délivrer ses rations. Il dépendait donc de trois ou quatre marchands, de leur possibilité de s'approvisionner et quelquefois de leur bonne volonté. Monsieur Guichard, boucher charcutier, rue de la République, collait les tickets de rationnement sur une feuille de papier, avec une substance composée de farine et d'eau ; à l'exemple de tous les commerçants et artisans, il adressait ces pages au service départemental du Ravitaillement.

Dans la famille Dieterich, les trois enfants partaient à l'école le ventre vide, la maman n'avait que des carottes. Ils mettaient une carotte dans leur cartable. Beaucoup d'enfants souffraient de carence alimentaire due (27) à l'insuffisance d'éléments indispensables à l'organisme. Monsieur Dieterich, père, avait fabriqué, à l'usine Alfa du Pontet, une remorque avec des roues de bicyclette dont il avait remplacé les pneus par des tuyaux d'arrosage. Ainsi équipé, poussé par la faim, en pédalant à travers la campagne sur des voiries relativement en bon état, il visitait ses connaissances paysannes. Très souvent, il revenait bredouille. 28 Pour ceux qui ne possédaient pas de bicyclette, la recherche de légumes ou de viande au milieu du terroir était plus difficile, d'autant qu'il était impossible d'en acheter une dans le commerce (29). La ration de pain étant trop insuffisante, un négoce d'un nouveau genre s'organisa celui des fausses cartes de pain et celui des volées. Dans cette activité clandestine, les volées valaient plus cher. Elles se payaient 32 francs, puis 100, 200 et enfin 375 francs les cartes T travailleurs de force, et 300 la carte ordinaire. (30)

À des périodes plus ou moins longues, devant l'épicerie Boyer, place de la mairie, des Sorguais se massaient autour de la porte d'entrée attendant sagement leur tour. Ils achetaient des brisures de biscuits. Le commerçant s'était procuré ce précieux dessert à la Biscuiterie Rhodannienne, avenue du griffon (31). Nos compatriotes, armés de patience, prirent l'habitude, pour se nourrir, se distraire, payer leurs impôts ou fumer, de prendre rang derrière un dos et au côté d'inconnus dont les coudes constituaient le principal moyen d'expression. (32) L'être humain s'accommode des situations les plus difficiles.

Très vite, pour Vichy, cette incapacité à assurer un système efficace sur le plan du ravitaillement constitua un échec criant. La question de l'approvisionnement apparut comme une des sources du détachement de l'opinion. Les gens se lamentaient, ils trouvaient la vie amère pour tout le monde. Les visages exprimaient le désespoir ; (33) dès le mois de juillet 1941, la lune de miel était finie et le prestige du maréchal ne suffisait plus à faire passer les rutabagas. (34) Les animaux de compagnie eurent également à souffrir de la faim, d'autant qu'ils n'avaient pas de carte d'alimentation. La pitance était alors prise sur le repas des maîtres. Beaucoup durent se défaire de leurs animaux familiers. (35)



Se chauffer

Le charbon domestique n'était délivré que parcimonieusement par le marchand de combustible, d'après la valeur attribuée par le préfet, suivant les disponibilités du moment, aux tickets numérotés de la « Carte charbon ». Les citoyens étaient obligés d'acheter, s'ils en avaient les moyens, du bois vert qui était vendu au prix exorbitant de 150, 180, 200 francs le quintal. Il provenait le plus souvent d'arbres abattus depuis peu.

Le marché noir

Un marché parallèle, c'est-à-dire un négoce clandestin « le marché noir », se créa dans le courant de l'hiver 1940-1941 et devint fort prospère. Ainsi entre autres fournisseurs, l'hôtel-restaurant-bar « Le Central » procurait de tout, en consentant de payer le prix fort ; du beurre à 800 francs le kilo, de l'huile à 1.200 francs le litre, du savon à 300 francs le kilo, du sucre à 280 francs le kilo, de la viande à 250 à 300 francs le kilo, etc... (36)

Seuls les gens fortunés pouvaient acheter régulièrement et ils ne manquaient de rien. Les autres devaient se contenter de leurs chiches rations. D'autant que la « Charte du Travail », promulguée le 4 octobre 1941 par l'État pétainiste, prévoyait un salaire mensuel de 900 francs pour un manoeuvre, et que le patronat refusait d'augmenter les rémunérations, (37) considérant ce plafond comme une loi d'airain.

Incapacité et compromission

Mais le gouvernement de Vichy n'avait pas que des créations, il avait des favoris casés au bon endroit, c'est-à-dire au Ravitaillement général. Ces individus finirent par s'imaginer qu'ils faisaient une grâce en débloquant une partie des produits dont la population manquait cruellement.

Ces protégés s'abritaient derrière les circulaires, fuyaient les responsabilités ou faisaient le jeu des grandes firmes.

Voici quelques exemples d'impéritie ou de prévarication relevés sur le port de Marseille ; des milliers de tonnes de légumes secs s'étaient charançonnés, par la faute de l'intendance qui les avait groupés dans les docks. Des moutons abattus, en provenance des réfrigérateurs d'Algérie, avaient été reconnus impropres à la consommation, officiellement brûlés, incinérés, et effectivement commercialisés au marché noir, etc. Le Ravitaillement général ordonna que le poisson salé soit vendu à son poids d'origine pour permettre aux exportateurs d'écouler de l'eau et du sel au prix de la poiscaille. (38)

Le troc

Il convient de signaler l'extraordinaire développement du troc. Pour obtenir ce que l'on désirait, il fallait parfois offrir autre chose. Heureux, ceux qui pouvaient pratiquer ces échanges !

Résistance & solidarité

Entre le mois de septembre et le mois de décembre mil neuf cent quarante et un, une pluie de lois et décrets se succédèrent, élaborant un système de répartition de produits agricoles. Une organisation pyramidale se mit en place avec, à l'échelle locale, les maires et les présidents de la section paysanne, à l'échelle départementale les directeurs, à l'échelle nationale les services de l'administration situés à Vichy. (39) Le département mit sur pied un plan d'imposition annuel des productions agricoles : en 1943, nos compatriotes terriens devaient fournir 25.890 tonnes de pommes de terre. (40) Mais une forte majorité sous-estimait leurs récoltes afin de les soustraire le plus possible des livraisons. De la sorte, une partie du blé moissonné était apportée en toute discrétion à la minoterie « Chevalier », place de la République à Sorgues. Maurice, le fils aîné de la famille, moulait le blé, il en donnait la moitié aux propriétaires, l'autre moitié était partagée avec des Sorguais de sa connaissance, à charge par eux de payer leurs parts dans les frais de broyage (41) Il faut souligner que les intervenants, s'ils étaient surpris, tombaient sous le coup d'une loi particulièrement dure qui les envoyait en prison.

Produits de remplacement

La composition des repas était livrée à l'imagination des ménagères, tâches qu'elles accomplissaient avec acharnement : elles réalisaient des omelettes avec des oeufs en poudre, les gâteaux avec de la farine de haricot, la confiture avec de la betterave rouge, etc...

Bien des familles résolvaient le manque de savon en fabriquant ce produit avec du suif sur lequel elles faisaient agir une lessive alcaline (soude ou potasse). Encore fallait-il qu'un boucher et un droguiste consentissent à céder, l'un les déchets animaux, l'autre le produit chimique indispensable. Certaines personnes employaient de la saponaire, c'est une plante à pouvoir dégraissant. Une entreprise vendait ce produit en poudre sous le nom commercial de « Saponite ». Les produits de remplacement ne firent pas que des malheureux : les Raffineries Saint-Louis de Marseille gagnèrent des millions sur la fabrication du fameux sucre de raisin (42).

Les fumeurs acharnés recouraient à des succédanés. On les vit fumer du topinambour, du tilleul, de l'armoise, des quatre-herbes, du tabac de mégots (43), de la barbe de maïs, etc. Il était difficile d'appeler cigarettes ces rouleaux de supposées herbes à nicot enveloppés de papier jaune.

On trouvait des chaussures fabriquées avec des morceaux de pneu d'auto. Avec des tickets de rationnement, on pouvait obtenir des chaussures à semelles de bois.

Il devint impossible de découvrir des étoffes avec les points détachés de la « Carte Textiles ». Les tailleurs ou les couturières décousaient les manteaux, vestes, pantalons, etc., ensuite ils retournaient les étoffes et ils rebâtissaient le vêtement. Le plus souvent, les tissus achetés avec le « bon d'achat » officiel étaient en textile artificiel (fibranne). 

Jardinage & petits élevages


Dans la grande épreuve que les Français subissaient, ceux qui avaient la chance de posséder un jardin d'agrément le transformèrent en potager. Avec acharnement, ils se mirent, à retourner la glèbe, à chercher des semences et de l'engrais, dans l'espoir de récolter.

Cet effort obstiné, monsieur Dieterich, père, lui qui n'était pas préparé à ces tâches, le mena à bon terme. Il avait acheté un hectare de terre, à la pointe sud de l'île d'Oiselay. Pour parer à la disette, il planta des pommes de terre. Un soir, visitant son bien, il comprit que le lendemain matin il serait temps de récolter. Mais la faim faisant sortir le loup du bois, dans la nuit, des maraudeurs le précédèrent, la récolte fut nulle.

Pour faire face à l'insuffisance de viande, nos concitoyens se consacrèrent à l'élevage. On vit surgir un peu partout, même dans des caves obscures, des lapinières ou des poulaillers, surtout chez ceux qui ne pouvaient pas recourir au marché noir. Des chèvres, animaux rustiques, furent également élevées pour leur lait, la crème recueillie servait de complément alimentaire dans la cuisine. (44)

Au mois d'août mil neuf cent quarante-trois, Adrien Cayuela et Galas son beau-père, tous deux poussés par la faim, s'entendirent pour pêcher des anguilles à la main, dans l'Ouvèze, la nuit après le couvre-feu. Leur entreprise tourna court, ils se heurtèrent à une petite section de militaires allemands qui patrouillaient le long des berges de la rivière. Ils purent échapper aux griffes de l'occupant grâce à leur connaissance des lieux. (45)

Maraudage

Les enlèvements furtifs de récoltes dans les jardins et les champs contraignirent l'échevinage de nommer, le six avril mil neuf cent quarante et un, six gardes champêtres bénévoles en renfort des agents municipaux titulaires débordés par le nombre de vols. Le vingt juin mil neuf cent quarante-deux, l'effectif de gardes champêtres s'accrut de neuf bénévoles nommés jusqu'au trente et un décembre. Nos concitoyens eurent également affaire à d'hypocrites gendarmes qui, comme des guerriers embusqués sur le bord des chemins, détroussaient de leurs légumes les salariés agricoles revenant de leur gagne-pain. C'est notamment la mauvaise fortune qui arriva à Georgette Marie épouse Sicard. Au printemps 1941, en compagnie de sa soeur, elles travaillaient dans les champs à Althen les Paluds où elles ramassaient des plantes potagères. À l'heure du retour, en poche la maigre solde de la journée, les sacoches de leurs vélos garnies chacune d'un kilo de haricots, à l'entrée d'Entraigues, elles furent contrôlées par la gendarmerie locale qui, sans hésitation leur confisqua ou plutôt leur vola leurs légumes. (46) Cette cruelle mésaventure se produisit à plusieurs reprises à Sorgues, à la montée Saint-Martin.


Récupérer

Dès 1941, Vichy lança une campagne d'information basée sur la récupération d'objets usuels usagés. Récupérer impliquait l'obligation d'apporter aux commerçants en échange d'articles nouveaux, tous emballages : boîtes métalliques de formes variées, ampoules électriques, piles de lampes de poche, tubes de crème à raser ou dentifrice, boîtes de sucre, etc.

Il faudrait des pages entières pour tout citer. Une ordonnance de 1941 interdisait de « brûler, jeter ou détruire les cheveux provenant de la coupe », car ces débris capillaires servaient à la fabrication d'un épais tissu.

Vichy régissait par l'intermédiaire du Journal officiel le moindre détail, les achats et les tractations des Français. Que l'on juge:

Un décret du 23 janvier interdisait de «jeter, brûler, détruire, sauf les cas de nécessité pour raison de salubrité ou d'intérêt public, les déchets et vieilles matières tels que chiffons, ferrailles et vieux métaux, vieux papiers, caoutchouc, os, peaux et cuirs, crins, poils et soie animale, verre ».

Un autre, du 27 mars 1941, organisait la récupération des « cornes, ongles et sabots au profit des entreprises procédant à l'extraction de l'huile de pied ».

L'automobile

Pour l'automobile, l'année 1941 fut caractérisée par l'établissement d'une réglementation à double aspect. D'une part, il fallait un permis pour faire circuler un véhicule automobile (vélomoteur ou camion de 10 tonnes), des tickets pour obtenir du carburant. D'autre part, une deuxième espèce de réglementation vit le jour, c'était la feuille adjointe au permis de conduire pour permettre l'inscription des « contraventions ».

Se déplacer quand même

Pour satisfaire les propriétaires de véhicules à moteur, notamment les automobiles et les camions, les techniciens eurent recours au gazogène à bois. Cet appareil permettait de produire du gaz combustible à partir de matières solides et consumables, telles que le bois, ou le charbon de bois, permettant d'alimenter des moteurs à explosion classiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il tint une place de premier plan. Lors de la foire de Paris on pouvait lire « 80 000 gazogènes construits en moins d'un an par l'industrie française ont sauvé le pays de la disette et du chômage, conséquences inévitables de la paralysie des transports. » (47). Dans son atelier, avenue Cessac, Régis Héraud fabriquait du matériel sanitaire, mais il s'adapta à la situation économique nouvelle en fabriquant des gazogènes. (48).

Voici comment Georges Duhamel dans « Chroniques des Saisons Amères » expliquait les difficultés de son ami « Sigismond », important avocat, avant les hostilités, propriétaire d'une « Trilby 8 cylindres » « ... Quand le problème de l'essence a commencé de se poser sérieusement, Sigismond a pris une détermination radicale : il a fait équiper sa voiture pour y brûler de l'alcool. À peine cet équipement à l'essai, l'alcool est devenu tout aussi rare que l'essence. Sigismond, aussitôt, s'est réfugié dans le gazogène, si j'ose ainsi m'exprimer.

C'était un refuge précaire. Pendant quelques mois, Sigismond a roulé tant bien que mal en traînant derrière soi une petite usine. Alors le charbon de bois est devenu tout aussi rare que l'alcool ou que l'essence. Sigismond fit des pieds et des mains pour échanger sa Trilby contre une petite voiture électrique. L'intermédiaire consulté lui demandait de patienter un an et demi et de fournir au préalable une centaine de kilos de cuivre et deux cents kilos de plomb. Sigismond allait se mettre en campagne pour trouver ces choses précieuses quand son permis de circulation lui a été soudainement retiré, ce qui du moins simplifiait le problème. Sigismond, que ses affaires obligeaient à de pénibles déplacements, a tiré des plans pour se procurer, au moins deux fois la semaine, un cheval cagneux, un cocher et une sorte de fiacre... » (49)

Les distractions

Les rassemblements étaient interdits, la jeunesse allait dans un bal clandestin situé, quartier Saint-Martin, dans une champignonnière désaffectée.

La fréquentation aux cinémas Tivoli et Moderne était en augmentation. Le cinéma Moderne, qui avait été un moment fermé par manque de clientèle, avait rouvert. « La Fille du puisatier », avec en vedettes Fernandel et Raimu, dut être projeté pendant plusieurs semaines. À Paris, ce film avait tenu l'exclusivité pendant vingt semaines. La production cinématographique, soumise aux lois nazies, ne pouvait évoquer aucun sujet d'actualité. Goebbels l'explicitait ainsi : «Je veux qu'on ne tourne actuellement pour les Français que des films légers, superficiels, divertissants, mais stupides... Le peuple français s'en contentera sûrement ! » (50) Mais certains scénarios étaient capables, même furtivement, d'être allusifs à la situation politique d'alors. On applaudissait « Pontcarral, colonel d'Empire », le film de Jean Delannoy, surtout dans la réplique où il était rappelé que Louis XVIII était rentré en France dans un fourgon de l'étranger, ou bien celle où Pierre Blanchard — Pontcarral — riposta au juge d'instruction : « La place des honnêtes gens est aujourd'hui en prison, monsieur » (51)

La défense passive

La défense passive consistait à la protection des populations en cas de guerre. Elle était composée de volontaires, artisans, commerçants ou simples citoyens sans formation spécifique. Vichy pensait que des mesures rigoureuses adaptées au danger qui pouvait se produire n'étaient point indispensables. Sorgues, dès le début du conflit, fut classée ville de première urgence en raison de la proximité de la Poudrerie Nationale. Cette organisation, sous la direction de Louis Marie Demaille qui assurait la permanence de ce service en mairie (52), prit part à l'édification d'abris publics bétonnés, l'un place de la gare, l'autre place Saint-Pierre, protégeant 160 personnes et d'un poste de secours pour 50 personnes à l'hospice Saint-Hubert. Une cave aménagée au sous-sol de la mairie, refuge pour 60 personnes, était également le poste de commandement de la « défense passive » (53). Cette unité de protection participa à la construction de trente-quatre abris antiaériens déclarés, destinés à la défense des familles, répartis sur tout le territoire communal. C'étaient des refuges enterrés de formes trapézoïdales isocèles inversées, d'une profondeur de 1 mètre 30, d'une largeur au sommet de 75 centimètres et au fond de 60 centimètres. Ils étaient coiffés d'une épaisse couche de terre, on comptait soixante-dix centimètres de longueur par habitant. La grandeur et la profondeur de chacun correspondaient aux besoins des personnes vivant sous un même toit. (54). Ils se trouvaient dans les jardins des titulaires, Baudière rue Ferraille (devenue rue Saint-Hubert), Camel avenue Gentilly, Bouscarle Jean quartier Badaffier, etc... (55)

En cas d'attaque aérienne, ces brigades non aguerries renforçaient l'action de pompiers. Le 27 mai 1944, lors du bombardement d'Avignon par l'aviation américaine, on vit ces hommes, au milieu des flammes allumées par les engins explosifs largués par les forteresses volantes américaines, tués par leur inexpérience. (56)

En 1943, avec l'arrivée des Allemands, la place de la Mairie, dans son ensemble, ressemblait à une vaste taupinière. Ils avaient creusé des abris antiaériens et adapté une excavation à ciel ouvert pour loger des camions.

La correspondance

Le secret de la correspondance n'existait plus. Vichy mit en place une masse énorme de censeurs. La commission qui exerçait à Sorgues contrôla, pour l'année 1940, 806 lettres expédiées, dont 520, furent lues. (57) . Le 22 juin 1940, l'Armistice signé avec l'Allemagne nazie eut pour conséquence de modifier la géographie de la France en deux zones, celle du Nord dite occupée, libre au Sud. Ce découpage fut immédiatement violé par l'occupant qui partagea la zone Nord en trois territoires -, mais ce n'est pas l'objet du texte -. Conséquence postale de ces découpages, les échanges de courrier entre les régions furent suspendus le ler août 1940. Ils se firent sous forme de cartes postales prétimbrées, avec l'allégorie d'Isis (58), le recto divisé en deux parties l'une indiquant le nom et l'adresse de l'expéditeur, l'autre le nom et l'adresse du destinataire, au verso quatre lignes de recommandations suivies de phrases à compléter. (59) La censure se montrait impitoyable, toute carte non réglementaire était retournée à l'envoyeur.




Contestation de l'hégémonie du dollar

À l'approche du débarquement du juin 1944 sur les côtes françaises, l'autorité américaine, qui refusait de reconnaître le Comité français de Libération Nationale présidé par le général de Gaulle comme le gouvernement français, décida d'émettre des billets de banque pour remplacer ceux mis en circulation durant l'occupation.

L'argent liquide français était échangé contre des billets Drapeau imprimés aux États-Unis. Cette opération devait permettre d'éliminer les papiers-monnaies accumulés en quantité par les trafiquants du marché noir. Mais il accompagnait un projet politique des Étatsuniens qui était l'instauration militaire de la France libérée, avec l'intention d'en faire un protectorat. Cette volonté était prônée par Roosevelt qui détestait de Gaulle.


 

Le 27 juin 1944, le général de Gaulle, sourcilleux lorsqu'il s'agissait de l'indépendance nationale, décida l'interdiction de la circulation des billets Drapeau qu'il qualifia de fausse monnaie. Il évoquait dans ses Mémoires de guerre : « Les troupes et les services qui s'apprêtent à débarquer sont munis d'une monnaie soi-disant française, fabriquée à l'étranger, que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas ».

Raymond CHABERT

Extrait de la 27ème édition des Etudes Sorguaises
"Moments difficiles et aussi instants de joie avec le chant et la culture" 2016

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(1) Histoire de la France contemporaine-tome VI, page 27, année1980, ouvrage coordonné par Jean Elleinstein.

(2) L'Illustration -année 1940, édition sélectionnée par le Livre de Paris page 248, édition année 1988.

(3) L'Illustration -année 1940, édition sélectionnée par le Livre de Paris page 248, édition année 1988.

(4) Terme violemment raciste pour désigner un juif.

(5) La Waffen-SS (littéralement (‹ armée de l'escadron de protection ») était la branche militaire de la Schutzstaffel (SS), dont elle constitua l'une des composantes. Liste - Schutzstaffel - Discussion:Waffen-SS. Source Wiképédia.

(6) Archives communales 2 D 12.

(7) Témoignage de Jeannine XXX, collection de mémoires, « Les histoires et souvenirs du foyer logement Le Ronquet »

(8) La Résistance en Vaucluse documents et témoignages, service éducatif des archives départementales de Vaucluse, recueil numéro 8 année 1980.

(9) Doryphores : parasites des plants de pommes de terre

(10) Georges Suarez (1890-1944) était un écrivain, essayiste et journaliste juif français, collaborationniste. Il fut éditeur du journal sous contrôle Allemand « Aujourd'hui ». Il fut le premier journaliste condamné à mort lors de l'épuration.

(11) Mon Journal pendant l'Occupation, par Jean Galtier-Boissière, édition La Jeune Parque, page 41, année 1945.

(12) Les GMR, abrégé de Groupes mobiles de réserve, étaient des unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy.

(13) Témoignage de Lucien Carail recueilli le 18 octobre 2015.

(14) Renseignements pris sur le site Internet http:/www.nithart.com/fr39-45

(15) Chronique des saisons amères 1940-1943, par Georges Duhamel, Paul Hartmann éditeur, page 202.

(16) Cette expression a été employée par Henri Amouroux dans son livre « La grande histoire des Français sous l'occupation » tome2 ; lui-même l'avait reprise dans le livre de Georges Duhamel « Chronique des saisons amères 1940-1943.

(17) Archives communales 2 D 12. 18 Archives communales 2 D 12. (18)

(19) Les implications politiques du ravitaillement en France sous l'Occupation. Cairn.info-Fabrice Grenard , publié dans Vingtième Siècle, revue d'Histoire.

(20) Noël Lacombe, Villeneuve lez Avignon, notes historiques, mairie de Villeneuve lez Avignon, année 1990, pagel 75.

(21) Fritz Reinhardt naquit le 27 septembre 1898 à Cassel , il mourut le 30 septembre 1965. C'était un fonctionnaire SS Allemand. Il fit une formation d'agronome. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Reinhardt fut convoqué en tant que chef de file spéciale de l'armée et réaffecté à l'intendance générale. Après l'occupation allemande de la France pendant l'été 1940, il fut nommé chef adjoint de l'administration militaire à la tête du service "de l'agriculture et de l'alimentation" au sein du commandement militaire en France jusqu'en automne 1944.Source Wiképédia.

(22) Mon journal pendant l'occupation, par Jean- Galtier-Boissière, éditions « La Jeune Parque » année 1945, page 184

(23) Témoignage de Maurice XXX, collection de mémoires, « Les histoires et souvenirs du foyer logement Le Ronquet » .

(24) Chronique des saisons amères 1940-1943, par Georges Duhamel, Paul Hartmann éditeur, page 209.

(25) Arrêté municipal du 11 février 1942 26 Témoignage de monsieur Paul GUICHARD fourni le 5 octobre 2015. 27 Témoignage de Maurice XXX, collection de mémoires, « Les histoires et souvenirs du foyer logement Le Ronquet ».

(28) Enquête du 23 septembre 2015 au Pontet, chez Gérard Dieterich.

(29) Chronique des saisons amères 1940-1943, par Georges Duhamel, Paul Hartmann éditeur, page 214.

(30) Mon journal pendant l'occupation, ouvrage déjà cité, page 207.

(31) Témoignage de Denis Soulier recueilli le 7 novembre 2015.

(32) L'illustration, année 1941, page 261, le Livre de Paris, page 195. Ouvrage réalisé à partir des numéros originaux de I 'ILLUSTRATION.

(33) Chronique des saisons amères 1940-1943, par Georges Duhamel, Paul Hartmann éditeur, page 184.

(34) Henry du Moulin de Labarthète, directeur du cabinet civil de Pétain, Les implications politiques du ravitaillement en France sous l'Occupation. Cairn.info-Fabrice Grenard , publié dans Vingtième Siècle, revue d'Histoire. Henry du Moulin de Labarthète- 1900-1948

(35) Chronique des saisons amères 1940-1943, par Georges Duhamel, Paul Hartmann éditeur, page 182.

(36) Noël Lacombe, Villeneuve lez Avignon, notes historiques, mairie de Villeneuve lez Avignon, année 1990, pagel 76.

(37) Réflexions et témoignages, http://anidom.blog.lemonde.fr

(38) Article de René Naegelen dans le journal « La Marseillaise » du 21 septembre 1944, numéro 41. René Naegelen naquit le 27 août 1894 à Belfort et mourut le 5 juillet 1976 à La Villeneuve (Creuse), c'était un homme politique français, dirigeant de la SFIO dans le Territoire de Belfort. En 1948, Léon Blum en fit l'administrateur du journal Le Populaire ; il le resta jusqu'en 1963.


(39) Fabrice Grenard, article publié dans le VINGTIÉME SIÉCLE, revue d'histoire, éditeur Presses de. Sciences Po, année 2007. .

(40) Archives départementales de Vaucluse, 6 F 1

(41) Témoignage de Denis Soulier, recueilli le 8 novembre 2015.

(42) Article de René Naegelen dans le journal « La Marseillaise » du 21 septembre 1944, numéro 41. René Naegelen naquit le 27 août 1894 à Belfort et mourut le 5 juillet 1976 à La Villeneuve (Creuse), c'était un homme politique français, dirigeant de la SFIO dans le Territoire de Belfort. En 1948, Léon Blum en fit l'administrateur du journal Le Populaire ; il le resta jusqu'en 1963.

(43) Mon journal pendant l'occupation, par Jean- Galtier-Boissière, éditions « La Jeune Parque » , année 1945, page 39.


(44) Enquête du 23 septembre 2015 au Pontet, chez Gérard Dieterich.

(45) Témoignage de madame de Courten du 18 octobre 2015.

(46) Souvenirs de madame Georgette SICARD qui demeurait avenue Floret à Sorgues.

(47) L'illustration, année 1941, page 263, le Livre de Paris. Ouvrage réalisé à partir des numéros originaux de l'ILLUSTRATION.

(48) Témoignage de monsieur et madame Robert DEYMIER.

(49) Chronique des saisons amères, page 191.

(50) Ces lignes étaient de Joseph Goebbels, diplômé de philosophie et de psychologie, et chef de la propagande nazie durant la Seconde Guerre Mondiale. Il naquit le 29 octobre 1897 à Rheydt et il mourut par suicide à Berlin le 1 er mai 1945.

(51) Souvenirs personnels. Mes parents m'avaient emmené, à Avignon, au cinéma le Club, du quartier à Saint-Ruf. On projetait « Pontcarral », au cours de la séance un ou plusieurs spectateurs lancèrent des propos hostiles à Pétain. La projection fut interrompue, la salle éclairée et, vraisemblablement, un policier en civil, peut-être plusieurs, essaya d'identifier le ou les patriotes. Je ne me souviens pas de la suite qui fut donnée.

(52) Archives communales, nomination de Damaille, expéditionnaire au secrétariat de mairie, du 21 décembre 1942.

(53) Mémoire de David Sourimant écrit sous la direction de Robert Mencherini, année universitaire 1994-1995-, Histoire de Sorgues pendant la Seconde Guerre mondiale, page six .

(54) Archives départementales

(55) Archives départementales

(56) Témoignage d'Eliane Toutain recueilli à la maison du Ronquet le 4 octobre 2015.

(57) Etudes Sorguaises numéro 23, page 109.

(58) Isis est une reine mythique et une déesse funéraire de l'Égypte antique.

(59) L'écho de la timbrologie juillet-août 1990, article signé par Gérard Fabrègue, document fourni obligeamment par Charles Silvestre de Vedène.
 

 

 

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