Auguste Bédoin

Maire de Sorgues de 1899 à novembre 1919

Propriétaire de l'usine Montfort

Auguste Bédoin, né à Sorgues le 23 mars 1857, décédé à Lyon le 22 janvier 1922, fut industriel, propriétaire de la fabrique des pierres du levant. C'était un notable local, maire de la commune de 1899 à 1919, suppléant du juge de Paix du canton de Bédarrides, délégué cantonal, officier d'Académie, chevalier du mérite agricole, commandeur de l'Osmanie, officier du Medjidié.

 

L'industrie de la pierre du levant (Turkcystone —pierre turque) a été importée en France, en 1846, par Joseph Hippolyte Bédoin, son père ( né à Sorgues le 16 septembre 1814, décédé le 26 décembre 1873). C'était lui qui avait proclamé la République en 1870, étant maire de la commune et ancien conseiller d'arrondissement. Cette pierre turque, d'un gris bleuâtre, est d'origine volcanique. Elle arrivait à l'usine de Sorgues en blocs informes qu'il s'agissait de tailler et découper en morceaux de différentes formes selon les besoins auxquels ils répondaient. Ce travail présentait des difficultés inouïes en raison de la qualité même de la pierre ; en effet, sa dureté est telle que, comme l'acier le mieux trempé, comme le diamant, elle ne peut être taillée que par le frottement.

Plus que la précédente, une autre pierre travaillée à l'usine de Bédoin était la pierre blanche de l'Arkansas d'une limpidité presque transparente. Monsieur Bédoin était arrivé à perfectionner cette industrie au point que les Américains eux-mêmes, qui étaient les seuls autrefois à travailler cette pierre, venaient s'approvisionner chez lui.

Ces pierres naturelles du Levant et d'Amérique rendaient d'énormes services à l'industrie de l'horlogerie, la bijouterie, la gravure sur métaux, la serrurerie, la mécanique etc...

Monsieur Bédoin avait de plus trouvé le moyen d'utiliser les déchets et poussières provenant de ces pierres artificielles dont la dureté ne cédait en rien aux pierres naturelles et dont, même sur celles-ci, elles avaient l'avantage d'une homogénéité absolue.

La fabrique de monsieur Bédoin comprenait, au début du vingtième siècle, trois usines : celle du pont (usine primitive), celle de Guérin et celle de Montfort. Toutes trois employaient comme force motrice les cours d'eau de la Sorgue et de l'Ouvèze, complétée par des machines à vapeur de quatre-vingts chevaux. Monsieur Bédoin vendait sa production dans le territoire national, en Europe et aux États-Unis.

Il obtint les plus hautes récompenses aux expositions universelles de 1889 et 1900. (Dictionnaire biographique de Vaucluse année 1904).

Deux fortes personnalités furent notamment comptables et directrices de l'usine Montfort au cours de la première moitié du vingtième siècle : François Perrin qui fut aussi pendant plus de vingt-cinq ans président de la Société littéraire, et Benoît Durand.

Extrait de la 15ème édition des Etudes Sorguaises "Sorgues : images du passé" 2004