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Hommage à Olivier de Villèle par Pierre Pasquini

Par Pierre Pasquini, lu lors de la séance du 12 janvier 2018.

C’est la première séance de philo Sorgues de l’année. C’est aussi la première séance sans Olivier de Villèle, le trésorier de l’association. C’est une grande perte, d’abord pour sa famille, à laquelle nous exprimons toute notre affection, mais aussi pour nous tous.

 

Olivier a été d’abord pour moi « Monsieur de Villèle », quelqu’un dont ma mère parlait avec estime et respect. Avec la mise en place de philo Sorgues et l’intérêt qu’il y a porté, je l’ai mieux connu et « Monsieur de Villèle » est devenu Olivier. J’ai pu alors apprécier ses qualités.

Dans le portrait très touchant et très juste qui a été fait par sa fille lors de ses obsèques, elle a évoqué les plats savoureux préparés par son père.

C’est un qualificatif qui va bien au-delà des plats. Ses remarques, ses réflexions, ses histoires étaient savoureuses, données avec élégance, sans que l’érudition et la culture qui les sous-tendaient soient mises en avant. Et puis il y avait ce sourire complice et malicieux, qui créait l’entente sans que l’on ait besoin d’ajouter quoi que ce soit.

Lors des séances de philo Sorgues, Olivier était à sa table pour préparer le compte-rendu. Ce n’était jamais un résumé, ni un commentaire. C’était une expression personnelle qui montrait une grande écoute. C’était une poursuite de la réflexion, une belle continuation de ce qui avait été dit et échangé. Cette table était la table d’Olivier et je n’ai pas compris, au début, pourquoi elle m’a fait penser, quand j’ai appris sa disparition, à un passage de René char sur les repas qu’il prenait avec ses compagnons maquisards.

« Le texte de René Char (feuillets d'Hypnos , 131): A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'assoir. La table reste vide mais le couvert reste mis. »

J’ai réalisé pourquoi maintenant, et je voudrais le dire à Olivier s’il m’entend quelque part, bien qu’il continue, par modestie, à avoir son fameux sourire en entendant ce qu’on dit de lui.

Je voudrais lui dire que nous aimerions encore l’inviter à s’assoir. La place demeurera vide, nous le savons, mais sa mémoire et tout ce qu’il nous a apporté resteront présents.

Merci, Olivier.