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Achille Moreau (1860-1921)

L'avenue qui prend naissance à l'angle nord-est de la place de la mairie à Sorgues et se prolonge jusqu'au pont de chemin de fer porte depuis longtemps le nom d'Achille MAUREAU. Beaucoup de Sorguais, dans une ville ayant plus que quadruplé sa population depuis soixante-dix ans, doivent certainement aujourd'hui s'interroger sur le personnage qui bénéficie d'un tel honneur. Ces quelques lignes, écrites à la demande de Monsieur Raymond Chabert, l'animateur dévoué de la revue Etudes Sorguaises, répondront, je l'espère, à leur attente.


Achille Antoine MAUREAU vit le jour à Sorgues, le 23 septembre 1860, dans une famille de condition aisée, qui, avait su, depuis deux générations, tirer bénéfice de l'expansion économique que connut le Vaucluse au XIXe siècle. Son grand-père Antoine (1802-1863) s'intéresse très tôt à la garance et à sa trituration dans ces moulins devenus vides de véritables usines qui s'égrènent nombreux, le long des bras de la Sorgue, dès les débuts de la monarchie de juillet. D'abord directeur de la fabrique de Villards, située presque au débouché du canal Crillon dans le Rhône, il travaille ensuite pour son propre compte au quartier des Faysses, utilisant les eaux de l'Ouvèze pour ses meules. Sa situation lui permet d'envoyer comme pensionnaire au lycée d'Avignon son seul fils, Alphonse(1832-1897), qui, si j'en crois la lecture de quelques palmarès, s'y montre bon élève. Il a en outre trois filles arrivées à l'âge adulte : l'une épousera le notaire de Sorgues, Léon Brunel, l'autre s'unira à François Chambon, la dernière mourra supérieure de la communauté des religieuses de Saint-Joseph à l'Isle. Leur frère ne semble pas vouloir suivre la voie paternelle et, dès son retour à Sorgues, savant du village, il occupe quelque temps la place de secrétaire de la mairie. Mais cet emploi de bureaucrate ne le satisfait guère. Intelligent et observateur,il s'aperçoit de l'avenir que recèle le charbon, non comme moyen de chauffage, mais comme source d'énergie pour l'industrie qui se mécanise. Il se rend donc à La Grand-Combe et propose à cette compagnie de devenir leur agent général pour tout le Vaucluse et la Drôme.


Ce fut le début d'une longue collaboration qui, renforcée encore par des participations dans d'autres mines du Gard, fournit à son fils l'indépendance financière, condition indispensable à cette époque pour se consacrer à la politique.
Dès les débuts de son négoce, Alphonse MAUREAU recevait le charbon par la voie d'eau à la Traille et le stockait dans de vastes entrepôts au quartier de la Peyrarde. L'ouverture de la ligne de chemin de fer Avignon-Lyon donne une nouvelle impulsion à ses affaires. Il achète le château de Gentilly,pas encore enlaidi par des constructions industrielles parasites, et y vit en bourgeois enrichi, poussé sous les arbres du parc dans une petite voiture car la goutte lui a complètement paralysé les jambes.
Vers 1885, il installa dans cette demeure l'électricité qu'il fabriquait grâce à sa chute d'eau. Mon oncle, enfant, se souvenait du regard émerveillé des personnes admises à contempler le spectacle des lampes qui s'allumaient soudain à la nuit tombée, illuminant les grandes pièces de Gentilly, dont on lui disait, pour lui faire peur, qu'elles étaient hantées par les moines Célestins enterrés sous les dalles (Sorgues ne sera électrifié qu'en 1908).
Mais il faut savoir aussi que ces deux ascendants d'Achille MAUREAU ont déjà joué un petit rôle politique à l'échelon local.
Antoine, successivement, conseiller municipal, premier adjoint, devient maire de Sorgues en 1845. Le régime de Louis-Philippe, du moins à ses débuts, semble avoir convenu à ses aspirations. Le préfet le note comme "adhérent au système du Gouvernement", mais il est vite gagné aux idées républicaines.
Cette évolution dans ses opinions explique le long conflit avec ses deux adjoints, auxquels il dénie toute ingérence dans les affaires communales, et le procès, poussé jusqu'à la cour d'appel, motivé par sa radiation de la liste des électeurs censitaires par un préfet qui désire écarter du scrutin un édile qui "vote mal". Ce dossier prend d'ailleurs des proportions importantes et, curieusement, le journal royaliste, la Gazette du Vaucluse, prend le parti d'Antoine MAUREAU au nom de l'équité. En réalité, cette feuille saisit l'occasion pour saper l'autorité du préfet à poigne Pascal et tenter d'annuler l'élection du conseiller général de Bédarrides, acquise à une seule voix de majorité.
Fin 1846, le maire donne sa démission dans une lettre très déférente au préfet, prétextant un long voyage qui l'éloigne de sa commune. La Révolution de 1848 place Antoine MAUREAU sur le devant de la scène puisqu'il proclame la République à Sorgues au lendemain des journées de février et fait partie, avec Joseph Floret, André Villion, Joseph Chabert, Pierre Féren, ancien soldat de Napoléon, du Comité provisoire qui se saisit du pouvoir municipal. Le nouveau régime, cependant, dès mars 1849, avec le coup de barre à droite du Prince-Président et l'arrivée dans le département du préfet Debry chargé de corriger les excès du montagnard Poupart, le tient en suspicion. Des rapports de police le signalent comme "un des chefs démagogues de l'endroit". En septembre 1850, avec son cousin Brossety que le pouvoir a suspendu de ses fonctions de maire, il reçoit Agricol Perdiguier, alors représentant du peuple et agent de la "Solidarité Républicaine", association chargée d'évangéliser les populations provinciales pour les gagner à la République. On l'accuse encore d'avoir conservé un fusil de garde national. Il ne détient plus aucun mandat public,mais cette position affirmée d'opposant au régime de Napoléon III vaut à son fils le brevet, si convoité dans les débuts de la 3e République, d'avoir appartenu à une famille qui a souffert sous l'Empire .
En effet, Alphonse marche sur les traces paternelles. Lui aussi, au 4 septembre, publie à son tour l'avènement de la République. Il accède au fauteuil de maire de Sorgues à trois reprises. En 1876 d'abord, mais il est révoqué le 15 aout 1877, par un décret du Maréchal Mac-Mahon dont le Gouvernement, présidé par le Duc de Broglie, prépare, après dissolution de la Chambre, de nouvelles élections législatives et entend s'appuyer sur des édiles sûrs, en particulier dans les villages où ils se trouvent à portée d'orienter les suffrages.
D'après une tradition souvent répétée dans la famille, mon arrière-grand-père, convoqué en Avignon par le préfet Ducrest de Villeneuve, se voit mettre le marché en main par ce haut fonctionnaire qui lui réclame un concours non équivoque. Mais, soit naïveté, soit calcul politique, il lui répond qu'il s'agit là d'une affaire de conscience pour chaque électeur, qu'il n'est pas en mesure d'assurer à Sorgues, comme le préfet le lui demande, une majorité aux candidats du maréchal. La sanction tombait donc, irrémédiable. On sait cependant que, le 14 octobre suivant, les républicains revenaient à l'assemblée au nombre de 323 avec, pour conséquence, l'obligation pour le président, selon le mot de Gambetta, de "se soumettre" . Le 16 mai devint dès lors, aux yeux des radicaux, synonyme. de coup d'Etat, alors que la dissolution de la Chambre relevait d'une prérogative constitutionnelle indéniable du Président de la République, si bien que jamais plus l'occupant de l'Elysée ne se risqua, jusqu'à la chute du régime en 1940, à prendre une semblable décision.
L'échec de l'initiative du maréchal se répercutait jusque dans les communes. En décembre, la commission spéciale, chargée d'administrer Sorgues, était chassée de la mairie. Alphonse MAUREAU reprenait sa place de maire et la conservait jusqu'en 1880 avec, désormais, l'auréole de "victime du 16 mai". Il ceindra une dernière fois l'écharpe entre 1882 et 1886, renonçant alors à la fonction pour des raisons de santé bien réelles.
On conviendra aisément que cet environnement de luttes politiques devait exercer une forte influence sur Achille MAUREAU, comme le marquèrent aussi durablement les tristes évènements de 1870, qu'il avait vécus enfant. Il racontait volontiers que, dès les premières défaites, on lui avait confectionné un uniforme complet de garde mobile et qu' il manoeuvrait avec un fusil de bois sur la place de l'hôtel de ville, au milieu des volontaires s'exerçant au maniement des armes. Ce tableau guerrier démontre bien les illusions des républicains qui se croyaient revenus au temps de la levée en masse de 1792 à l'appel de la patrie en danger. De même, il évoquait la consternation de la population sorguaise lorsqu'elle apprit, un dimanche, la désastreuse capitulation de Metz.
A l'issue de ses études au lycée et d'un an de "volontariat", service militaire court réservé aux jeunes gens justifiant d'un certain niveau d'instruction , d'où il sort sous-lieutenant de réserve de ca-valerie, Achille MAUREAU entre dans les affaires paternelles. Autour des années 1890, après son mariage avec une demoiselle Dumas, d'une famille de riches minotiers de l'Isle et de Mousquety, il se fixe en Avignon, mais continue à séjourner l'été et l'automne à Sorgues,dans la propriété de sa femme , les Bécassières, site aujourd'hui complètement dénaturé,mais jadis agréable demeure ombragée d'épaisses frondaisons, au milieu des prés qu'arrose le canal Crillon. Le lien avec son village natal n'est donc pas rompu pour des raisons évidentes d' implantation politique, mais aussi parce qu'il se trouve ainsi à deux pas des îles d'Oiselet et de la Piboulette où il assouvit sa passion pour la chasse.
Sa carrière élective commence en 1892 à la Chambre de Commerce, alors citadelle du radicalisme, qu'il ne quittera qu'à la veille de sa mort. Le choix n'est pas innocent car cette fonction, face à des compétiteurs, avocats et membres de professions libérales qui forment alors les gros bataillons de la représentation parlementaire, lui apporte une assise solide dans les milieux économiques qu'il renforce encore avec la présidence de l'Association Régionale pour la Défense du Commerce et de l'Industrie. En 1901, les habitants du canton de Bédarrides le désignent comme Conseiller Général; élection difficile puisqu'il se présente contre le maire de Sorgues, Auguste Bédoin, et ne le distance au premier tour que de quelques voix. Par la suite, ce mandat ne lui fut guère disputé et il le conserva à des majorités écrasantes. Ses rapports avec Bédoin, avec lequel il avait failli aller sur le pré, demeurèrent souvent tendus, ce qui ne l'empêcha pas, quelques années plus tard, de se joindre aux parlementaires vauclusiens venus en délégation auprès de Clémenceau, alors Ministre de l'Intérieur, lui rappeler sa promesse d'accorder la Légion d'Honneur au maire de Sorgues. Devant cet aréopage solennel et gourmé, en habit et haut-de-forme, conduit par un ancien garde des Sceaux, Eugène Guérin, le Tigre joua une plaisante comédie. Se frappant la tête, il s'exclama en substance: " Depuis des mois, quelque chose m'inquiétait, me tracassait même, mais je n'arrivais pas à me souvenir de son objet. Maintenant je sais, c'est la décoration de Monsieur Bédoin !"

 

S'ouvre alors une période d'une vingtaine d'années, où son action politique s'inscrit certes dans un cadre national,celui dù parti radical, créé officiellement en 1901,mais se trouve soumise aussi à des contingences locales moins simples. Dans le Vaucluse, comme ailleurs, les formations ne possèdent pas de bases fortes et d'appareils structurés. Au gré des consultations se constituent des groupes provisoires, des mouvances diverses, patronnés par des cercles,des clubs,des associations, voire des loges, combinaisons qui laissent le champ libre aux luttes de personnes. Celles-ci prennent un tour d'une violence inouïe, alimentée au jour le jour par des folliculaires à la solde des candidats.
Un exemple frappant de ce système est celui des élections municipales de mai 1904 en Avignon. L'éviction de Pourquery de Boisserin de la mairie en 1902, et sa défaite à la Chambre la même année devant Coulondre laissent le champ libre à une compétition entre toutes les nuances républicaines éclatées en trois listes, auxquelles s'ajoutent des socialistes et des pseudo-conservateurs. Achille MAUREAU conduit la liste du Bloc restée seule au second tour contre celle de l'Union Républicaine anti-municipale qui passe tout entière.
Moins d'un an après cet échec honorable,la mort subite du sénateur Béraud laissait à la Chambre haute un fauteuil disponible. Un congrès se tint en Avignon, composé de tous les délégués républicains du département, et choisit comme candidat le conseiller général de Bédarrides devant Pourquery de Boisserin et Abel Bernard, ses deux sérieux compétiteurs, mais aussi l'ancien député Saint-Martin, jadis égaré dans le boulangisme, et le poète chevelu Clovis Hugues, premier député se réclamant du Parti Ouvrier à entrer à la Chambre en 1881 comme élu de la Belle-de-Mai à Marseille,ainsi que quelques autres de moindre importance.
Malgré le reproche que certains lui adressèrent d'avoir été antidreyfusard - l'appui de Pourquery au général Mercier fut soulevé de la même manière - les congressistes, bien disposés à son égard par une campagne habile et sympathique, axée sur des thèmes économiques, se rallièrent à son programme radical-socialiste. L'élection elle-même, le 9 janvier 1905, n'était alors plus qu'une formalité. Il s'inscrivit au Sénat dans le groupe de la Gauche Démocratique.
Ce mandat qui lui fut renouvelé en 1909, sans trop de difficultés, affermit son autorité dans le département. Devenu le chef incontesté du Bloc des Gauches, il acquit la haute main sur la vie politique locale. Le préfet Belleudy, avec lequel il entretint toujours d'excellentes relations, a révélé avec esprit quelques anecdotes sur son côté autoritaire, sous des dehors bonhommes, et sur sa propension à prendre sous son aile de jeunes personnalités qu'il jugeait d'avenir. Il chercha, en effet, sans succès, lors des législatives de 1902 et 1906, à trouver un siège à Carpentras à un brillant avocat parisien, ancien chef de cabinet de Lockroy, Edouard Ignace, qui se vengea plus tard de l'indifférence des Vauclusiens en prenant le portefeuille de sous-secrétaire d'Etat à la justice militaire dans le cabinet de M. Clémenceau de 1917, poste dans lequel il conduisit un combat impitoyable contre les espions, Bolo pacha, Mata Hari... En 1910, MAUREAU souhaite un profond renouvellement du personnel politique en écartant les hommes mêlés aux vieilles luttes, notamment Pourquery et Coulondre. Il fait agréer dans l'arrondissement d'Avignon la candidature de Jacques Stem, banquier parisien, directeur de journaux, secrétaire de Léon Bourgeois, amphitryon fastueux dans son hôtel particulier du 24, avenue Gabriel à Paris. Malgré sa valeur - il devint après la guerre député de Castellane, classique bourg pourri , et secrétaire d'Etat - l'intéressé, à qui il manque "deux ou trois travers de doigts de hauteur", accusé par l'avocat Dabry d'être allemand, ne passe pas la difficile épreuve de la réunion publique contradictoire dans l'arrière-salle enfumée des cafés et abandonne après le premier tour.

A la suite de ce scrutin, la représentation parlementaire vauclusienne se scinda en deux clans ennemis. D'un côté les sénateurs Guérin et Maureau avec le député de Carpentras Guichard; de l'autre les trois députés, Lacour, d'Orange, et les deux "revenants" Pourquery et Laguerre. S'ensuivit une virulente campagne de banquets, à la fin desquels, dans leur chaleur communicative, des discours vengeurs avivaient encore ces querelles personnelles. Le sénateur MAUREAU avait beau jeu de rappeler le temps, vieux de vingt-cinq ans, où le jeune Laguerre lançait, aux côtés du général Boulanger, la campagne révisionniste grâce aux subsides de la duchesse d'Uzès. Guérin renchérissait, en citant la célèbre phrase : "France, méfie-toi des individus" .
L'élection à la présidence du Conseil Général en 1912, charge qu'il détint jusqu'à son décès, constituait pour Achille MAUREAU une belle revanche en même temps qu'une reconnaissance éclatante de sa notoriété dans le Vaucluse.
Au Sénat, il se manifeste surtout par le dépôt de pétitions, prend part à la discussion du budget de 1906, est délégué en 1913 à la conférence de Berne. Mais il s'attache en priorité à soutenir avec succès les intérêts Vauclusiens auprès des Pouvoirs Publics et des Administrations,comme le rappelait à ses obsèques le président de la Chambre de Commerce, son ami Geoffroy.
Très intégré au groupe "clémenciste", lors des élections pour la présidence de la République, il accorde ses suffrages à Pams, partageant ainsi l'aversion de beaucoup de radicaux à l'égard de Poincaré accusé de diviser les républicains. En ce temps que certains, parmi les plus jeunes, ont peine à concevoir, sans radio, ni télévision, avec un téléphone dans l'enfance, il informe les Avignonnais des résultats au fur et à mesure du déroulement des trois tours de scrutin en envoyant du bureau de poste provisoire du château de Versailles des télégrammes à ... la Rich Tavern, la célèbre brasserie de la rue Viala. On imagine le cercle des curieux,massés autour de cet établissement, attendant avec impatience le porteur de ces dépêches que je possède toujours. Il soutient également , au début de 1918, l'offensive de Clémenceau contre Malvy, condamné pour forfaiture par le Sénat transformé en Haute-Cour à une peine d'exil, sanction jugée bien indulgente par les soldats du front.
Elisabeth de Réau, dans son livre tout récent, Edouard Daladier 1884-1970, publie une partie de lettre adressée par le Sénateur MAUREAU au sous-lieutenant Daladier qui lui demandait d'intervenir pour qu'il regagnât au plus tôt son unité combattante, sa blessure étant guérie. Cette correspondance est datée du 11 juin 1918, le jour de l'avance extrême des armées allemandes dans la région de Compiègne et de Villers-Cotterêts. Intéressantes,ces lignes traduisent justement l'inquiétude de l'homme public, renseigné sur le fléchissement du moral des civils: "Mon cher Daladier, je vous remercie de votre aimable lettre ... J'ai bien apprécié vos idées. Je voudrais que tous les poilus puissent entendre un langage aussi élevé, ceux de l'arrière en auraient souvent besoin. Votre jugement est celui d'un vrai patriote qui a conscience de ce que nous deviendrions si nous étions obligés de céder, car la situation actuelle ne me laisse pas sans angoisse.."
Au renouvellement sénatorial de 1920, il n'est pas réélu. Les causes de revers s'expliquent par une certaine usure du pouvoir.A l'issue du terrible conflit, en effet, on aspire à un changement du personnel politique. Aux élections législatives de 1919, le scrutin de liste a laissé deux députés radicaux-socialistes élus en 1914 sur le carreau. Ce sont autant de compétiteurs qui cherchent une place au Sénat. Durant la guerre, l'attitude très roide d'Achille MAUREAU manifestée aux solliciteurs d'affectations loin du front lui attire l'animosité de maints grands électeurs, comme encore une résidence presque permanente à Paris, à l'exception du temps consacré aux sessions du Consei Général. Pour sauver son siège, il eût fallu qu'il consentît à se désolidariser d'Eugène Guérin, ce qu'il refusa par loyauté vis-à-vis de son collègue de toujours.
Le temps, d'ailleurs, était compté, puisqu'il s'éteignit à Courtenay, dans le Loiret, le 3 septembre 1921. Il est enterré au cimetière de Sorgues dans le tombeau de sa famille.


Alain MAUREAU.
Docteur en Droit. Secrétaire Général Adjoint de la Chambre de Commerce de Vaucluse.
Auteur de : Notables du Premier Empire - CNRS.1978. . Histoires de Vaucluse. . Chapitre D'une République à l'Autre - Editions Barthélémy 1993.

Extrait de la 7ème édition des Etudes Sorguaises
"Des figures et une histoire derrière le nom de nos rues" 1994