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Félix Devaux, sculpteur

Dans notre vingt-troisième édition, nous avions signalé la particularité du tombeau de Léon BIARNÈS sans connaître l'artiste qui l'avait conçu. À présent c'est chose faite, il s'agit de Félix DEVAUX.

Félix Joseph DEVAUX naquit au Thor, le 10 novembre 1873, fils d'Alphonse, maçon de 29 ans et d'Ernestine LORET son épouse, sans profession, âgée de 22 ans issue d'une famille de maçons et de tailleurs de pierre.

Félix DEVAUX fit ses premiers pas dans l'atelier paternel tout en étant élève à l'école des garçons du Thor. Sa passion pour la sculpture et son intérêt notable pour les arts le conduisirent à fréquenter très tôt l'École communale professionnelle et d'architecture d'Avignon, un établissement gratuit destiné aux jeunes gens "sans fortune". Il pouvait ainsi suivre des cours de dessin linéaire, de modelage, d'arpentage, tout en travaillant auprès de son père.

En 1891, il participa pour la première fois à l'exposition des Beaux-Arts organisée dans la ville d'Avignon.

Trois ans plus tard, il était incorporé au 58e régiment d'infanterie d'Avignon, pour y effectuer son service militaire. Par la suite, le 24 septembre 1895, il reprit ses activités. Cette année-là marqua l'installation définitive de la famille DEVAUX à Avignon, d'abord rue Petite-Franche, puis au 5, rue Bon-Pasteur. Alphonse DEVAUX ouvrit son atelier, rue du cimetière.

Félix DEVAUX et son père travaillaient désormais ensemble. Le jeune sculpteur se distinguait d'ailleurs dans la réalisation du monument à Alphonse GENT, ancien député et sénateur de Vaucluse, érigé le 4 février 1897 dans le cimetière d'Avignon. Quelques mois plus tard, l'artiste exécutait les sculptures de l'Hôtel de Ville de Cavaillon.

Sa première réalisation d'envergure intervint en juin 1896, lorsqu'il reçut la commande du monument à Pierre GOUJON D'ALCANTARA destiné à orner une place publique de sa cité natale, Le Thor, inaugurée le 15 août 1896.

À 22 ans, le jeune homme fréquentait plusieurs expositions régionales (Avignon, Carpentras, Clermont-Ferrand) tout en développant son activité vers l'art funéraire, devenant ainsi tombier (1).

Quelques récompenses à certaines expositions (médaille d'or à Clermont-Ferrand en 1903) l'encouragèrent à proposer d'autres projets dans le cadre de concours organisés pour la réalisation de monuments aux morts de la guerre franco-prussienne (Bagnols-sur-Cèze, Pau).

Présent à l'exposition internationale de Bastia en 1905, il exécuta la même année une croix monumentale dans le cimetière de la commune de Méthamis (Vaucluse) et sculpta le monument aux morts de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône) en collaboration avec l'architecte Victor FAURE

Poursuivant sa formation auprès du sculpteur Victor FULCONIS (1851-1913), il exposa à nouveau à Rodez et Lyon en 1906 et Aurillac, Manosque et Nice en 1907. Cette année-là, il éleva le monument en hommage à Étienne BRUNEL à Cavillargues (Gard) ainsi que le monument au Sénateur Auguste BÉRAUD à Monteux (Vaucluse). Les sculptures de la Caisse d'Épargne d'Apt (Vaucluse) complétèrent son activité à cette période.

Lors de la Sème exposition organisée par la Société Vauclusienne des Amis des Arts en 1909, il présenta une statue de saint Crépin, patron des cordonniers et des travailleurs du cuir. Cette oeuvre exécutée en pierre prit place désormais à l'angle des rues Louis-Pasteur et Baraillerie d'Avignon.

En 1910, Félix DEVAUX érigea le monument en l'honneur de Clovis HUGUES à Ménerbes (Vaucluse), tandis qu'il élevait celui de Ferdinand ASTIER à Laudun-l'Ardoise (Gard).

En 1911, l'artiste réalisa le décor du portail monumental du cimetière de Carpentras (Vaucluse) et il exposa ses oeuvres à La Rochelle, de juillet à octobre. La même année, il fut décoré de la médaille d'Officier de l'Instruction publique.

À 39 ans, le sculpteur prit aussi le titre d'architecte expert. Il travailla désormais sur plusieurs projets de groupes scolaires (Cavillargues, Connaux, Laudun-l'Ardoise et Pujaut dans le Gard, Mornas dans le Vaucluse) : des projets suspendus durant la Première Guerre mondiale et qu'il ne put achever avant.

Au cours de la Grande Guerre, Félix DEVAUX fut réformé à la suite d'une opération chirurgicale à Avignon. Pour autant, il poursuivit une activité professionnelle, avec notamment la réédification de la statue de la Vierge de Laudun-l'Ardoise en septembre 1914.

Dès la fin du conflit, l'état de santé de l'artiste s'était dégradé. Il était atteint d'une tuberculose pulmonaire, il s'isola à son domicile avignonnais, tout en dessinant encore les plans du monument aux morts de sa commune natale, Le Thor. Probablement sa dernière oeuvre.

À 48 ans, Félix DEVAUX s'éteignit le 29 novembre 1921 dans l'indifférence de ses contemporains.

- ŒUVRES DE FÉLIX DEVAUX -


• 1895: Monument à Alphonse GENT à Avignon (cimetière Saint-Véran)

• 1896: Monument à Pierre GOUJON D'ALCANTARA au Thor (Vaucluse)

• 1904: Monument à Pierre GOUJON D'ALCANTARA à Châteauneuf-de-Gadagne (Vaucluse)

• 1904: Tombeau de la famille TACUSSEL à Laudun (Gard)

• 1905 : Croix monumentale au cimetière de Méthamis (Vaucluse)

• 1905: Sculptures du monument aux morts de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône)

• 1906: Sculptures de l'Hôtel de Ville de Graveson (Bouches-du-Rhône)

• 1907: Monument à Etienne BRUNEL à Cavillargues (Gard)

Lucie BLANC, fiancée de Léon BIARNÉS (Collection Lucien CARAIL)

INFORMATION COMPLÉMENTAIRE concernant Léon BIARNÈS

Témoignage de Lucien CARAIL

« LÉON JE T'ATTENDRAI... »

Léon Biarnès et Lucie Marie Blanc, âgés de vingt ans, se fiancèrent avant le début de la Première Guerre mondiale Léon incorporé, Lucie promit de l'attendre. Le fiancé décéda le 23 octobre 1917 « Mort pour la France» et la jolie Lucie ne brisa pas son engagement. Elle décéda le 31 mars 1981.

 Laurent TREBAHC

Extrait de la 30ème édition des Etudes Sorguaises "La trentième" 2019

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(1) « Tombier », celui qui fabrique les pierres tombales, les coffrets pour reliques, les catafalques, qui grave les lettres sur pierre et sur marbre pour les tombeaux ou les inscriptions de toute nature.