La centenaire

Le dix-neuf juin mille huit cent soixante-seize, Roux Jean Baptiste, employé d’octroi, se présentait devant Alphonse Maureau, maire, pour annoncer le décès de son arrière-grand-mère Marguerite Rolland âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans onze mois et dix jours. Elle naquit le 8 juillet 1776 à Aramon, au royaume de France, sous le règne de Louis XVI. En l’an V du calendrier républicain, elle se maria avec Pierre Antoine Bonnet cela correspondait aux années 1796-1797. L’époux comtadin avait vu le jour sous le pape Pie VI (1717-1799), sous la présidence de l’archevêque Ange-Marie Durini.
 
- Cent ans de changement politique -
 

Le 14 septembre 1791, Marguerite Bonnet va connaître le rattachement du comtat à la France, et le régime de la monarchie absolue sous le roi Louis XVI. Ensuite du 21 septembre au même mois de 1792, ce fut la monarchie constitutionnelle le roi inchangé.
 
À compter de cette date, la république de 1792 à 1795, de 1799 à 1804 le consulat Bonaparte premier consul. Puis l’empire Napoléon premier de 1804 à 1814, la Restauration de la monarchie avril 1814 à mars 1815, de nouveau l’empire avec Napoléon mars 1815 à juillet. Puis de nouveau la monarchie 1815 à 1830, avec Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe.
 
Après un mouvement populaire contre le roi, la deuxième république s’installa de 1849 à 1852. De 1852 à septembre 1870, la France fut de nouveau sous un régime autoritaire , le Second Empire.
 
Le 4 septembre 1870, ce fut le début de la troisième République. Marguerite Bonnet aura vu défiler quatorze régimes politiques différents.
 
De son mariage avec Pierre Antoine Bonnet naquit sept enfants. Son mari décéda le 20 février 1833 (59 ans) quarante-trois ans plus tôt. Pour la revue Population, année 1969, en 1876, l’espérance de vie pour les hommes ne dépassait pas 41,61 et pour les femmes 44,05.
 
Au cours de son existence elle se trouva confrontée aux épidémies de choléra, de la variole (ou petite vérole), de la typhoïde, de la rougeole et de la diphtérie.
L’annonce de son décès dû provoquer un énorme écho dans le département. Aucun Sorguais n’a pu rester indifférent à cet événement ressassé sans fin le long des veillées.
La municipalité lui construisit un tombeau que l’on peut encore voir, avec un marbre sur lequel est gravé « benedico te diebus plena deus au tem exaudiaie te benedicat benedictione perpetua ». (Que Dieu vous bénisse à plein temps pour vous entendre bénir l’éternel)
 
Nous remercions Paul Establet qui s’est chargé de trouver les actes d’état civil et Christine Unia pour la partie photo.