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Paul Pons : 20 ans de lutte ! (12ème partie)

Pour ses débuts comme lutteur professionnel dans les arènes de Mange-Matin à Bordeaux, Paul Pons a réussi à triompher aisément d'un amateur que ses compagnons avaient surnommé le Rogneur. Il était renommé pour son mauvais caractère et ses qualités athlétiques. Aussi, Mange-Matin eut-il, dès ce jour, la plus sincère admiration pour son vigoureux et adroit pensionnaire. 


V

Robinet (Louis-Pancrace-Alexandre) tenait à Marseille, dans une ruelle qui aboutissait tout à l'extrémité du Cours Belzunce, un petit cabaret athlétique du style de ceux que j'avais connus à Bordeaux.

C'est là que nous nous rendions chaque jour, avec Apollon, de qui la grande réputation athlétique s'était déjà affirmée. Car je me trouvais échoué à Marseille.

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Paul Pons : 20 ans de lutte ! (11ème partie)

Paul Pons vient de faire ses débuts de professionnel chez Mange-Matin, dans sa baraque de la foire de Bordeaux. Le premier soir, il a fourni une lutte en se faisant passer pour l'amateur qui réclame un gant dans la foule. Naturellement se rencontrant avec un lutteur, il était entendu qu'il serait tombé, mais il fait si brillante contenance qu'il recueille les ovations de la foule et que son patron se décide à le faire débuter le lendemain. Nous allons voir Paul Pons dans son nouveau métier.


 — Il faudrait voir à te frusquer un peu proprement, me dit le soir le père Bénèze qui surveillait mon équipement. Tu montes en parade, tâche de frimer si tu veux avoir l'air de quelque chose.

La troupe de Mange-Matin s'habillait dans la baraque même. Quinze centimètres de débris de glace servaient à se mirer et l'on se repassait, de main en main, un fragment de peigne édenté qui servait à la communauté pour rappeler à l'ordre les chevelures récalcitrantes. C'était tout ce qu'on possédait dans la maison pour se faire une beauté fatale.

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Paul Pons : 20 ans de lutte ! (9ème partie)

Dans la première partie de ses mémoires, Paul Pons a raconté son enfance et ses années de prime jeunesse. Maintenant le voilà entré dans la carrière athlétique. Après avoir longuement supplié ses parents de le laisser partir, il a obtenu le consentement d'aller chercher fortune avec les deux fameux athlètes Bernard et Piétro Dalmasso. De Sorgues, il s'est rendu à Bordeaux et il est engagé dans la baraque de Mange-Matin, patron d'arènes de foire. C'est là qu'il va faire en public ses début de lutteur professionnel.


Je n'en pus saisir, tout à la fin, que cette réflexion : "Tu crois ?" émise par mon futur directeur ; elle ne m'édifiait pas le moindrement sur la nature de leur entretien secret.

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Paul Pons : 20 ans de lutte ! (10ème partie)

Pons a obtenu de sa famille le consentement d'aller chercher fortune avec les deux fameux athlètes Bernard et Piétro Dalmasso. De Sorgues, son pays natal, il est parti à Bordeaux et débute dans la baraque de Mange-Matin, patron d'arènes de foire. Le premier soir, n'ayant pas de costume de lutteur, il doit tenir le rôle de l'amateur qui, dans la foule, demande un gant.


A l'époque ou chez Mange-Matin je faisais mes débuts professionnels, il arrivait assez fréquemment qu'un des sujets de la troupe se tirât la bourre avec un amateur qui demandait un gant. Bordeaux comptait alors trois ou quatre cafés athlétiques où fréquentait une clientèle d'amateurs recrutée parmi le personnel des chais et les ouvriers du port. Le goût de la lutte était inné chez eux. Plusieurs générations s'étaient ainsi succédées qui avaient fini par créer une véritable école, avaient codifié la lutte d'après des principes demeurés d'ailleurs définitifs.

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Paul Pons : 20 ans de lutte ! (8ème partie)

„a un tournoi de lutte de village, dont il est sorti vainqueur, Paul Pons a fait la connaissance de deux spectateurs, les célèbres athlètes Bernard père et Piétro Dalmasso qui cherchent à l'embaucher. Il ne voudrait pas quitter ses parents pour lesquels il a une profonde affection, mais la forge où il travaillait ne faisant plus ses frais, il est obligé de l'abandonner. Bernard et Piétro Dalmasso revenant le chercher à Sorgues, il cherche à décider ses parents pour le laisser partir à la poursuite de la fortune.


Elle hocha la tête deux ou trois fois, doucement, très doucement, dans un mouvement de lassitude affligée et où se devinaient toutes ses pensées de douleur, de désolation. Elle releva son regard sur moi. Deux grosses larmes descendaient de ses paupières, glissant au caprice des rides que les tourments avaient creusées prématurément sur son visage fatigué avant l'heure. Elle me fixa une seconde à peine, un râle étouffé monta jusqu'à sa gorge, et plongeant sa tête dans ses mains usées de paysanne, elle s'abîma dans un sanglot.

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